Septembre 28, 2019
Par Alternative Libertaire (AL)
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Suite Ă  l’incendie de l’usine Lubrizol Ă  Rouen, de nombreuses questions se posent. L’inaction et les mensonges des pouvoirs publics sont insupportables pour les populations locales, alors que le patron de l’usine s’engraisse depuis de nombreuses annĂ©es sur le dos des travailleurs et des travailleuses. Une rĂ©action Ă©cologiste et sociale d’ampleur est indispensable pour que ce genre d’accident ne soit plus jamais possible.

Le 26 septembre 2019, un incendie s’est dĂ©clarĂ© dans l’usine Lubrizol. Cette usine est classĂ©e Seveso, ce qui signifie qu’elle prĂ©sente un risque d’accident majeur. TrĂšs vite, un nuage de produits chimiques inconnus s’est formĂ© au-dessus de la rĂ©gion, et la pluie a fait son Ɠuvre pour les dĂ©poser sur les gens et les bĂątiments.

Les exploité-es, premiÚres victimes

Les travailleurs et les travailleuses sont Ă©videmment les premier-es touchĂ©-es dans ce genre de catastrophe. Car ils et elles travaillent possiblement Ă  proximitĂ© des substances chimiques dans l’usine, mais aussi car les usines classĂ©es Ă  haut risque sont en gĂ©nĂ©ral Ă©tablies dans des quartiers populaires ! C’est le cas de ce site de l’entreprise Lubrizol qui se situe dans la commune du Petit-Quevilly, dans l’agglomĂ©ration rouennaise.

Celles et ceux Ă  qui l’on demande toujours des efforts, Ă  qui l’on demande toujours de se rationner, sont en fait exposĂ©s les premier-es aux problĂšmes Ă©cologiques et sanitaires quand ils se dĂ©clarent. A quoi bon faire un effort sur sa consommation d’essence, pourtant indispensable quand on habite en territoire rural, sans transports en commun convenables, si l’on risque des maladies et des infirmitĂ©s graves suite Ă  ce type d’accident ?


Une course aux profits protégée par les gouvernants

Le propriĂ©taire de l’usine est le milliardaire amĂ©ricain Warren Buffet. Celui-lĂ  mĂȘme qui disait en 2005 Ă  la chaĂźne de tĂ©lĂ© CNN, cynique autant que sincĂšrement convaincu et fier de lui, « C’est ma classe, la classe des riches, qui mĂšne cette guerre, et qui est en train de la gagner Â». Et c’est exactement ce qui se joue ici. Assurer la sĂ©curitĂ© d’une usine, ça coĂ»te cher pour ce pauvre milliardaire. Pour augmenter les profits, quand on s’en fiche de la santĂ© et de l’écologie, on peut toujours rĂ©duire cette marge.

Et ce, sans grand risque en cas de problĂšme ! En effet, en 2013, un incident s’était dĂ©jĂ  produit dans cette mĂȘme usine, entraĂźnant un nuage de Mercaptan sur la ville. Cette situation gravissime avait abouti Ă  une amende pour Lubrizol de… 4000 euros.

Dans la situation actuelle, on voit encore que les pouvoirs en place protĂšgent le propriĂ©taire de l’usine. En ne donnant pas le nom des substances volatilisĂ©es, en minimisant la gravitĂ© du phĂ©nomĂšne, en donnant des consignes contradictoires aux habitant-es…

Reprendre la main sur nos vies en changeant la société

On voit bien que ce n’est pas en laissant le pouvoir Ă  des dirigeants qui sont tous du cĂŽtĂ©s des patrons que l’on pourra prendre soin de notre santĂ© et de notre environnement ! C’est pour ça que la question Ă©cologique est intimement liĂ©e Ă  la question sociale : dĂ©jĂ  parce que les exploitĂ©-es sont les premiĂšres victimes des dĂ©sastres Ă©cologiques, ensuite parce que le capitalisme et sa recherche effrĂ©nĂ©e des profits est incompatible avec un mode de vie qui maintient nos environnements vivables.

Pour sortir de la spirale infernale des terres polluĂ©es, de notre santĂ© en danger, du rĂ©chauffement climatique et des atteinte Ă  la biodiversitĂ©, il faut que les travailleuses et les travailleurs prennent le pouvoir. Car les capitalistes confisquent aux classes populaires les moyens de choisir comment elles consomment, comment elles produisent, comment elles se dĂ©placent, etc. Ils les contraignent donc Ă  participer Ă  la destruction de l’environnement. L’usine Lubrizol produit des lubrifiants pour voitures. Mais aurions-nous mĂȘme besoin d’autant de voitures s’il y avait des transports en commun convenables partout, un vrai service public du transport, pourtant en cours de dĂ©mantĂšlement par le gouvernement ?

A l’inverse, nous avons besoin d’une rĂ©volution des modes de production et des modes de vie, qui ne passera que par une maĂźtrise de la production par les travailleurs et les travailleuses.

Union Communiste Libertaire, le 27 septembre 2019




Source: Unioncommunistelibertaire.org