Janvier 30, 2022
Par Extinction Rebellion France
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devant la cathédrale d'Amiens - crédit photo @clementphoque

devant la cathédrale d’Amiens – crédit photo @clementphoque

Sommet des ministres européens de l’environnement et de l’énergie à Amiens

Du 20 au 22 janvier 2022, dans le cadre de la présidence française de l’Union Européenne, les ministres européens de l’environnement et de l’énergie étaient réunis par Barbara Pompili à Amiens, ville d’origine d’Emmanuel Macron où elle fut parachutée députée.

Le groupe local Extinction Rebellion Amiens, en partenariat avec Alternatiba Amiens et Citoyen.ne.s uni.e.s pour le climat, a tenu à interpeler les députés quotidiennement.

Jeudi 20 janvier 2022, parvis de la cathédrale

Devant l’endroit le plus connu d’Amiens au plan international, sa cathédrale gothique classée au patrimoine de l’Unesco, visitée par les ministres dans l’après-midi, nous avons déployé un portrait présidentiel géant d’Emmanuel Macron sur fond de flammes, disant que les accords de Paris sont en flammes et qu’il regarde ailleurs. Une banderole ajoutait la question « ministres, serez-vous complices ? »

Extrait de notre communiqué de presse :

« Le gouvernement français a été reconnu coupable d’inaction climatique au mois d’octobre 2021 par le tribunal administratif de Paris.

Au niveau Européen, la France est l’un des pays les plus en retard sur son objectif de production en énergie renouvelable (hydraulique, éolien, solaire, biomasse,…). Et elle fait maintenant partie des pays européens qui défendent le leurre du nucléaire et du gaz comme “énergies vertes” auprès de la Commission Européenne.

Comment est-il possible de considérer le gaz, et le nucléaire comme l’avenir de la stratégie climatique de l’Union Européenne?!

Pour ce qui est du nucléaire, l’aspect décarboné de ces centrales ne doit pas faire oublier la réserve non renouvelable de combustible radioactif (l’uranium), ni les incertitudes concernant la gestion des déchets, pas plus que  les risques inhérents au nucléaire (et donc d’inévitables surcoûts), qui pourraient être renforcés, à l’avenir, par les dérèglements climatiques. Souvenons-nous, par exemple, des centrales nucléaires arrosées au jet d’eau lors de la canicule de 20035…

Quant au gaz naturel, c’est-à-dire majoritairement du méthane – CH4, qui contribue de manière écrasante au réchauffement climatique rapide, ça n’est qu’à une transition énergétique de façade qu’il pourrait contribuer, dédouanant ainsi les dirigeants d’agir efficacement pour promouvoir et développer les énergies renouvelables.

Les ministres en déplacement à Amiens seront-ils complices de l’inaction climatique et du greenwashing ou bien des acteurs courageux du changement nécessaire pour garder une planète viable ?

Vendredi 21 janvier 2022, permanence de Barbara Pompili

Discours devant la ministre de l'écologie - crédit photo @clementphoque

Discours devant la ministre de l’écologie – crédit photo @clementphoque

Devant la permanence de Cécile Delpirou, suppléante de Barbara Pompili à l’Assemblée Nationale, nous avons déversé quelques betteraves à sucre et fait témoigner un apiculteur, Bernard Lamidel, président de l’association Les Abeilles de la Somme, dans sa tenue de travail, sur la réintroduction des néonicotinoïdes par la ministre de la transition écologique et la destruction de la biodiversité.

Nous avons cité sa déclaration de 2016 :

« Il est indéniable que les néonicotinoïdes sont extrêmement dangereux pour les abeilles mais bien au-delà. Ils sont dangereux pour notre santé, notre environnement. Ils contaminent les cours d’eau, la flore. Ils restent dans les sols très longtemps. […] Si on fait des dérogations et on les laisse courir dans le temps, on sait très bien que c’est la porte ouverte à ce que certains néonicotinoïdes ne soient jamais interdits »

Et dénoncé ses multiples reniements (non interdiction du glyphosate, exception pour les entrepôts de e-commerce sur le moratoire voulu par la Convention Citoyenne pour le climat, abandon de l’amendement conditionnant les aides de relance à la réduction des émissions de gaz à effet de serre).

Quoique modeste, cette action symbolique a mobilisé une dizaine de policiers s’évertuant à cacher la façade de la permanence pour éviter les images gênantes…

Samedi 22 janvier, marche pour le climat

Die in

Die in – crédit photo @clementphoque

Nous avons réuni environ 500 personnes, dont des camarades d’Extinction Rebellion Lille et Valenciennes, à une marche pour le climat que vous avons refermée par un die in dénonçant le jour du dépassement dans l’Union Européenne, ainsi que la 6e extinction de masse (vidéo ici (lien Facebook)).

Nous avons rappelé les chiffres suivants :

En 1h30 de marche, 200 m² ont été bétonnés à Amiens (en moyenne 2 à 3 m² à la minute) ; 108000 m² en France (10 ha ; 20 m² / s en France). On a perdu l’équivalent de 3600 terrains de foot de forêt sur la planète (- 10 terrains toutes les 15 secondes).

Le 10 mai, l’Union Européenne consomme plus de ressources que la Terre ne peut le supporter. Il faudrait 2,9 planètes pour vivre comme on le fait en Europe.

Nous avons conclu en disant que notre combat de s’arrêterait pas tant qu’il n’y aura plus de jour du dépassement sur la planète.

Toutes ces actions de sensibilisation ont été relayées par les medias locaux (Courrier Picard, France Bleue Picardie, France 3 Picardie, Weo Hauts de France). Ainsi, malgré leur caractère modeste, dû à une équipe d’organisation restreinte, nous aurons au moins contribué à dire la vérité et à faire entendre nos revendications.




Source: Extinctionrebellion.fr