Septembre 13, 2020
Par La Horde
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Que faisaient les anciens chefs du GUD Paris et du Picard Crew ensemble  le week-end dernier dans la Somme à Nesle à une convention de tatouage organisée par l’un d’entre eux ? C’est la question que les journalistes de la presse locale ne se sont visiblement pas posée.

Les 5 et 6 septembre, une convention de tatouage était organisée à la Nouvelle Scène, une salle de spectacle de Nelse, une petite commune de 2500 habitants de la Somme, dans les Hautes-de-France, largement relayée par la presse locale.

Le Courrier Picard, le Bonhomme Picard, France 3 Picardie, tous y sont allés de leur petit reportage.

La parole a été pour l’occasion largement donné à l’organisateur de cette convention, Werner Riegert, dont aucun journaliste n’est venu rappeler le passé militant à l’extrême droite radicale.

Riegert, qui a ouvert des salons de tatouage à Montdidier en 2017 (Inked For Life) et à Roye, n’est en effet pas un inconnu en Picardie, puisqu’il s’agit de l’ancien chef du Picard Crew, un groupuscule néonazi qui a sévit dans la région au début des années 2010. Alors que France 3 avait fait un reportage sur le Picard Crew et que le Courrier Picard à cette époque parlait déjà de Riegert, nos journalistes semblent avoir perdu la mémoire le concernant.

En haut : à gauche, Riegert aujourd’hui, à droite, dans sa période “Picard Crew”. En dessous, lors de l’inauguration de leur local en 2012, avec Thomas Joly. En bas, le Placard Crew en déplacement à Paris en mai 2012.

Il est vrai que Riegert se fait assez discret ces derniers temps dans les rassemblements d’extrême droite, en essayant de faire tourner son business de tatoueur, faisant quand même un passage lors d’une action du Parti de la France à Moreuil en octobre 2018 pour tenir une banderole “Clandestins Dehors”.

Sur Twitter, l’AFA Paris Banlieue a d’ailleurs signalé que Werner Riegert porte un “t-shirt SS” sans que cela semble gêner le Courrier Picard… Ayant le goût du détail, précisons qu’il s’agit plus exactement d’un visuel de la marque ukrainienne de streetwear Svastone, qui reprend le blason de la division SS Das Reich, en l’inclinant légèrement. On peut préciser au passage que ce même blason avait aussi été repris par les néonazis ukrainiens de la division Azov ce qui n’a rien d’étonnant, Svastone ayant co-organisé des concert de solidarité pour elle en août 2014 et septembre 2015.

Créé en 2010 à Kiev, Svastone est spécialisé dans les vêtements pour le MMA, reprenant des visuels de la mythologie slave, mais aussi des symboles nazis (stylisant la svastika dans son logo) et fascistes : Mussolini présenté comme un “real hero”, illustration du slogan “Misanthropie” avec l’entrée du camp d’Auschwitz, appel à garder une “Europe blanche”… Un choix vestimentaire particulièrement orienté politiquement de la part de Riegert !

Le logo de la marque est “explicité” par Svastone sur Pinterest (A), tandis que les t-shirts parlent d’eux-mêmes : Benito Mussolini (B), le sinistre portail d’Auschwitz (C), un appel à “dépolluer” l’Europe pour qu’elle reste blanche…

Enfin, que faisait, dans le jury de cette convention, Logan Djian, ex-chef du GUD Paris, exilé à Lyon où il est devenu une figure de l’extrême droite radicale ?

Logan Djian dans le jury de la convention de tatouage à Nesle en septembre 2020.

En effet, sur plusieurs photos du jury de cette convention, on le reconnaît sans peine malgré le masque, grâce à son tatouage sur le bras gauche, qui ne passe pas inaperçu. Il représente en effet le blason de la division Charlemagne, division SS principalement constitué de volontaires français.

Logan Djian : à gauche lors de la convention de tatouage de la semaine passée.

Logan Djian, lui aussi, se faisait discret ces derniers temps, mais on sait qu’il partage la même passion que l’ancien chef du Picard Crew pour les tatouages. Après s’être mis au vert à Lyon en 2016, suite à son interdiction de séjour en Ile de France après une sordide histoire, il s’installe à Lyon, où il fréquente un salon de tatouage et la boutique de l’ancien chef du Bastion Social, Steven Bissuel.

Pour conclure, on ne peut que regretter qu’une presse paresseuse puisse mettre en vedette des individus comme Werner Riegert mais aussi que les tatoueurs eux-mêmes ne soient pas plus vigilant·e·s quant aux personnalités qui organisent les événements, alors même que ces militants d’extrême droite affichent sans complexe leurs couleurs…

La Horde 




Source: Lahorde.samizdat.net