Sommaire

social

pages 4-5 L’immigration, un thème récurrent bien pratique pour l’Etat

pages 6-7 Rubrique « sans frontières »

pages 8-9 Caen : le squat du Marais expulsé

pages 10-11 Rubrique « big brother »

pages 12 à 14 Des nouvelles du rail en déconfiture

aménagement du territoire

page 15 EuropaCity/CARMA : faut-il choisir ?

page 16 No Bassaran, dans l’Ouest, en lutte contre les projets de bassines

page 17 Rubrique « vertement écolo »

histoire sociale

pages 18-19 Pannekoek : la destruction de la nature

page 19 : Voir : l’anarchiste Fénéon à l’Orangerie 

Lire : Vous faites l’Histoire – Chazé/Simon

dossier : où va le féminisme ? (Deuxième partie)

pages 20 à 22 L’écoféminisme sur le balai des sorcières

page 23 Les « chasses aux sorcières » : une mise au pas des femmes…

page 24 Sorcières – la puissance invaincue des femmes

international

pages 25-26 Venezuela, la crise vue d’en bas

pages 27-28 Rojava, entre terreur et espoir

pages 29 à 33 Hong Kong, le port parfumé sous les gaz

pages 29 à 33 Algérie, « Aucun arbre ne fleurit sans être secoué par le vent »

Edito

Les clameurs des révoltes qui secouent actuellement le monde – en Bolivie, au Chili, en Algérie, à Hong Kong, au Liban, en Equateur, en Espagne et ailleurs – sont pourtant parfaitement audibles pour qui ne se laisse pas tromper par les médias, principaux colporteurs de « fake news » qu’ils dénoncent par ailleurs.

Le contexte de toutes ces révoltes est bien sûr très différent, d’un continent à l’autre, d’une ville à l’autre, d’une situation politique à l’autre. Mais elles ont ceci en commun qu’elles démarrent sur un prétexte – ici l’augmentation d’une taxe sur l’utilisation d’internet, là une hausse du ticket de métro, là encore une loi sur l’extradition – qui met le feu à la plaine, et que ce feu continue de se propager même si satisfaction a été obtenue. C’est que, derrière le prétexte, on trouve les mêmes protestations : un rejet profond de gouvernements jugés corrompus ; une exigence d’égalité et un refus de l’injustice ; un refus de se soumettre à l’ordre établi. Et ces révoltes des pauvres contre les riches ont aussi en commun une créativité dans la manière de lutter, qui se heurte à une répression brutale des Etats.

Gardons-nous pourtant de penser que le capitalisme est à bout de souffle. Il a plus d’un tour dans son sac, et sa fin n’est pas plus proche que celle de la planète dont on nous annonce, à coups de réchauffement climatique et d’angoisses savamment distillées, la fin programmée.

Que nous disent ces nouveaux écolos qui ont fait de Greta Thunberg leur modèle ? Que NOUS sommes tous dans la même galère et que, cette fois, nous avons tous un intérêt commun.

Du simple point de vue du réchauffement, c’est un peu vrai… mais pas tout à fait quand même : les pauvres morfleront plus que les riches, bien sûr !

Au XIXe siècle, lorsque les bourgeoisies ont découvert que les microbes et les miasmes franchissaient allègrement les frontières des centres-villes, comme un certain nuage radioactif aux portes de la France, elles ont pris des mesures draconiennes pour rendre moins insalubres les quartiers prolétaires… pas pour les beaux yeux de ces derniers, mais pour leur propre sécurité.

Les bourgeoisies du XXIe siècle se rendent compte qu’elles seront touchées par le réchauffement de la planète. Cependant, pour elles, cela ne signifie pas seulement qu’elles seront atteintes dans leur propre corps, comme les prolos : cela veut dire aussi et surtout que l’exploitation d’autres êtres humains dont elles se nourrissent deviendra sans doute beaucoup plus compliquée.

Nombre de ces nouveaux écolos récemment apparus accusent le capitalisme, sur leurs banderoles, dans leurs textes ou par leurs slogans. C’est déjà pas mal ! Cela aurait été impossible il y a vingt ou trente ans, quand l’anticapitalisme n’était plus à la mode et que le capitalisme était proclamé meilleur système économique possible. Mais le capitalisme qui est critiqué là ressemble fort à un capitalisme « pour les nuls » : on l’affuble de qualificatifs laissant à penser qu’il pourrait devenir moins méchant – et peut-être même aussi gentil que Greta Thunberg. « Outrancier », « sauvage », « prédateur » aujourd’hui, ne pourrait-il pas être modéré, civilisé, empathique demain ?

Pareilles illusions montrent que ces nouveaux écolos ne connaissent pas, ou guère, le vrai capitalisme, celui qui exploite l’être humain par le travail salarié.

Des milliers de gens meurent de nos jours dans des mouvements de révolte, ou alors de faim et de maladies qui ne doivent rien au réchauffement, et bien plutôt aux méfaits de ce capitalisme. Ceux-là ne verront pas la fin des glaciers ni la montée des eaux.

Le « tous ensemble » que nous voulons, pour notre part, ce n’est pas une association avec la bourgeoisie dans un front commun pour « sauver la planète », mais l’union entre tous les prolétaires exploités et spoliés actuellement… avant la montée des eaux !

OCL Poitou


Article publié le 01 Nov 2019 sur Oclibertaire.lautre.net