Novembre 28, 2020
Par Solidarité Sans Frontières (QC)
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Mamadou, S. et Omar sont tous actifs et active dans la lutte pour un Statut pour tous et toutes. Ils et elle sont également sans papiers. N’ayant pas de statut, ils et elle n’ont pas de numéro d’assurance sociale valide, pas de congé de maladie, pas de soutien gouvernemental, ni de sécurité d’emploi. Ainsi, quand chacun d’entre eux a attrapé la COVID plus tôt ce mois-ci, ces trois travailleurs et travailleuse migrants ont tout simplement été renvoyé.e.s à la maison, sans salaire, sans aucun accès à du soutien gouvernemental, et maintenant sans emploi. Ils et elle ont besoin de notre soutien!

Comment donner:

Mamadou … Quand il était étudiant dans son pays d’origine, Mamadou faisait partie d’un mouvement national luttant pour des droits de scolarité abordables. Il est venu au Canada avec le rêve de poursuivre des études supérieures. Mais une fois au Canada, il n’arrivait pas à payer ses frais de scolarité. Pour un migrant comme Mamadou, les frais de scolarité donnent accès à l’éducation, mais aussi à un statut. Mamadou a perdu son statut et, avec son statut, ses rêves. Un permis de travail lui ayant été refusé, il occupe maintenant tous les types d’emplois sous la table qu’il peut trouver pour conserver un minimum de dignité et pour soutenir sa famille dans son pays d’origine: ramonage de cheminées, travail dans la construction, comme déménageur, dans un restaurant, livraisons… et plus. Début novembre, il a contracté la COVID. Il est maintenant rétabli, mais n’ayant pas travaillé depuis des semaines et n’ayant plus de travail auquel retourner, il a besoin du soutien de la communauté. Dans ce vidéo, Mamadou décrit son expérience comme migrant au Canada: https://www.facebook.com/388641067857226/videos/1182822515401259

S. est seule au Canada avec son fils de dix ans. Elle est venue en tant que réfugiée avec son mari en 2012, mais sa demande d’asile a été refusée et ils se sont vus ordonner de quitter le Canada. L’ONU est intervenue et a demandé au Canada d’arrêter l’expulsion. Chaque semaine, elle et son mari allaient signer dans les bureaux de l’ASFC. Cependant, à leur insu, leur avocat n’a pas fait de suivi auprès de l’ONU. Ainsi, lorsqu’ils sont allés signer un jour, on leur a dit que leur affaire était terminée et son mari a été arrêté. Malgré une forte mobilisation de la communauté, il est détenu et expulsé quatre jours plus tard. Au même moment, l’ASFC essayait d’obtenir des documents de voyage pour expulser le reste de la famille. Lorsqu’ils ont réussi, S. a eu peur et a cessé de se rendre aux bureaux de l’ASFC. Maintenant sans papiers, S. vit dans la peur. L’hiver passé, l’ASFC s’est présentée chez elle et à son travail, à sa recherche ; alertée par des voisin.e.s, elle a couru pour sortir son fils de l’école. Ils ont passé plusieurs heures dans la peur, réfugiées dans un abri d’autobus avant de se trouver un nouvel endroit où vivre. Pour survivre, S. est forcée de travailler et de vivre dans des conditions qui les place tous deux à risque. S. a attrapé la COVID à son boulot et a rapidement infecté son fils, ainsi que deux autres personnes dans leur logement partagé. Déjà en retard pour payer son loyer du mois passé, elle ne sera pas capable de payer son loyer pour un deuxième mois.

Omar est un graphiste qui vient du Mexique, qui a aidé à concevoir plusieurs des posters utilisés pour la campagne Un Statut pour tous et toutes. Il est venu au Canada l’an passé avec un visa de visiteur et est resté après que le visa ait expiré. En mars, la police  a arrêté la voiture dans laquelle Omar se trouvait en tant que passager. Il n’y avait aucune raison d’arrêter la voiture: c’était un cas de profilage racial. La police, une institution structurellement raciste, a demandé à tout le monde dans la voiture une pièce d’identité et a appelé l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) pour vérifier son statut. Ils ont appris que son visa était expiré et l’ont arrêté. Mais l’ASFC a suspendu la plupart des déportations à cause de la pandémie et ils ont dit à la police de libérer Omar. Ils ont conseillé à Omar de faire une demande de statut de réfugié afin de régulariser son statut. Depuis, Omar a tenté de soumettre une demande d’asile afin de régulariser son statut, mais Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada a cessé de faire des entrevues d’éligibilité à la mi-mars, laissant Omar et plusieurs autres dans l’incertitude. Cela signifie qu’il n’est pas éligible à un permis de travail ou à toute forme de support gouvernemental. Pendant la première vague de la pandémie, il a travaillé à nettoyer des commerces et des entreprises “essentielles”. Ça fait deux mois que Omar a commencé à travailler comme nettoyeur dans un foyer pour personnes âgées, puis a été affecté à l’aile des personnes atteintes de COVID-19. Il n’avait pas le choix car il n’avait pas d’autre moyen de subvenir à ses besoins. Il a lui-même obtenu un test positif à la COVID la semaine dernière.

Donnez généreusement s’il vous plaît! Tous les fonds supplémentaires qui seront récoltés seront distribués à d’autres migrant.e.s sans papiers via un fond géré par Solidarité Sans Frontières. Des dizaines de milliers de personnes ont perdu leur emploi alors que la deuxième vague de COVID-19 ravage les communautés migrantes et racisées. De plus, la plupart des emplois disponibles pour les migrant-e-s sans statut disparaissent chaque hiver. Au lieu de soutenir ces membres de nos communautés, les gouvernements fédéraux et provinciaux continuent de leur refuser l’accès aux programmes gouvernementaux et à des protections à l’emploi.

Dignité et égalité! Statut pour tou.te.s!




Source: Solidarityacrossborders.org