Juillet 29, 2016
Par Paris Luttes
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L’opération Phoenix contre les anarchistes

Avril 2015, l’État de la République tchèque lance une campagne répressive sous le nom d’“opération Phoenix” visant le mouvement anarchiste actif dans ce pays : raids dans les maisons des activistes, arrestations, biens personnels confisqués, harcèlement des entourages des inculpés et accusations montées dans les commissariats.

Le résultat de cette opération : onze personnes arrêtées dont quatre restées en prison en République Tchèque tandis que les autres ont été libérées sous caution. Tout cela fut relayé par les médias comme un effort commun pour démanteler les “réseaux terroristes” tels que le réseau des cellules révolutionnaires (SRB) qui a revendiqué une douzaine d’attaques incendiaires sur des cibles d’État et capitalistes. De plus, un des camarades est accusé d’avoir participé à une autre attaque qui, selon les médias, a utilisé des cocktails molotovs contre la maison du Ministre de la Défense.

L’arrestation de Martin Ignaĉák

Martin Ignaĉák est accusé d’avoir attaqué en bande organisée un train qui transportait des équipements militaires. Il a en fait été piégé par des agents du gouvernement qui ont infiltré des cercles anarchistes et ont indiqué la cible à Martin ainsi que le plan complet pour procéder à une telle attaque.

La tactique répressive est une stratégie de la doctrine américaine à propos de la lutte contre le terrorisme. Bien connue pour être le ligne directrice des formations des répressions politiques en général.

Les services secrets prennent le rôle des polices de la pensée, pénètrent dans les mouvements subversifs, sélectionnent les camarades qui sont pour l’action directe, leurs suggèrent des cibles et des plans pour attaquer, juste pour les capturer après, sans aucune action venant de leur part. Aux Etats-Unis il y a beaucoup d’exemples de ce genre, procès et arrestations pour le vaste mouvement radical (allant des anarchistes aux activistes d’ALF ou ELF).

L’opération Phoenix, impulsée par l’État tchèque, est une première tentative pour appliquer la doctrine spécifique répressive dans le but de paralyser la lutte anarchiste actuelle, qui s’est développée en République Tchèque ces dernières années.

Martin est enfermé en prison depuis déjà près de 14 mois, attendant son procès. Néanmoins, le caractère vindicatif utilisé par l’appareil d’État contre les camarades continue, avec entre autres, harcèlement permanent de leurs proches, demandes refusées de remplacer la détention provisoire par une libération sous caution, conditions de détention débilitantes.

Pour résister, Martin a commencé une grève de la faim depuis le 9 juin 2016, utilisant son corps comme barricade contre le statut d’exception dont il est victime.

Actions de solidarité

De notre côté, nous sommes debout à ses côtés, pour surmonter la polarité entre innocence et culpabilité et pour exiger la satisfaction de ses demandes.

La solidarité internationale fait partie intégrale de notre fonctionnement car elle brise les frontières qui nous séparent et envoie un appel de rébellion et de défi partout dans le monde, diffusant ainsi les failles dans l’édifice autoritaire.

Le vendredi 24 juin 2016, Anarchist Black Cross a mené une action de solidarité devant l’ambassade de la République Tchèque à Palaio Psychiko (une des banlieues les plus riches d’Athènes). Nous avons accroché une banderole, taggué des slogans à la bombe à l’entrée et jeté des flyers pour mettre en évidence le fait que nous savons qui sera responsable si l’état de santé de notre camarade se détériore.

Le même jour, sur l’île de Lesbos, une banderole a été suspendue dans la ville de Mytilene comme un affichage minimum de solidarité avec le camarade Martin Ignaĉák.

À Athènes, après avoir quitté l’ambassade Tchèque, les flics à moto ont suivi le bus dans lequel étaient les personnes ayant participé à l’action. Ils ont arrêté et pris d’assaut le bus sur l’avenue Kifissias, fait descendre les gens de force et les ont embarqués au commissariat GADA. Au bout de deux heures, tous ont été libérés sauf un qui est sorti plus tard.

La solidarité ne va pas devenir un processus autocentré, nos actions ne seront pas contraintes par la répression.

La répression ne nous retient pas.

SOLIDARITÉ AVEC LA GRÈVE DE LA FAIM DE L’ANARCHISTE MARTIN IGNAČÁK

SATISFACTION IMMÉDIATE DE SES REVENDICATIONS

Anarchist Black Cross – Cellule Solidarité Anarchiste




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