Mai 6, 2016
Par Indymedia Lille
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Solidarité avec les lycéen-es et étudiant-es arrêtés à boulogne-sur-mer par la police et poursuivis par la justice.

Solidarité avec les Lycéen-es et étudiant-es arrêtés à
Boulogne-sur-mer par la police et poursuivis par la justice.

“La jeunesse emmerde le Parti Socialiste !” * Dans tous les sens du terme et il l’aura cherché.

Comptant sur le pourrissement du conflit mené contre leur loi “ Travaille !”, Valls, Gattaz et toute la clique pensaient que quelques coups de menton et un rien d’aménagement suffiraient à en terminer avant la discussion du texte par les parlementaires, lesquels d’ailleurs, d’où qu’ils viennent, ne savent pas sur quel pied danser.

A Boulogne-sur-mer, Frédéric Cuvilliers sait parfaitement où il va et quels intérêts il sert. Ce premier mai, il participait aux côté des jaunes de la CFDT à une réunion durant laquelle il a défendu le projet présenté par madame el Khomri. Un projet selon lui “adapté au monde économique actuel, au travers de cette grande avancée qu’est le compte personnel d’activité” dans lequel il entrevoit la manière “de faire progresser les droits de salariés”. Il est vrai que comme nombre de ses homologues, monsieur Frederic Cuvilliers a une longue expérience du monde du travail en général et de la condition de salarié en particulier …

Depuis Sivens et la mort de Rémi Fraisse, les pratiques assumées du Parti Socialiste en matière de répression des mouvements sociaux ne laissent planer aucun doute sur ce qu’on est en mesure de redouter de sa part(1). Incontestablement, le déchaînement de violence policière auquel on assiste depuis plus de deux mois partout sur le territoire, que ce soit en métropole ou comme dernièrement à Mayotte relève d’un choix stratégique qui repose sur la tension. Ce choix, politique, tente à la fois d’étouffer une contestation qui peine à trouver les conditions de son extension tout en l’entraînant sur le terrain de l’affrontement militarisé où l’Etat se sait en position de force. Un jeu dangereux qui pourrait peut-être finir par produire l’effet contraire de celui escompté …

L’action à la Société Générale

Il y a quelques semaines, les lycéens et étudiants s’étaient fait sortir par la police d’une des salles de la mairie qu’ils avaient joyeusement investi pour y tenir une réunion/discussion collective. Le vendredi 29 avril, un petit groupe de jeunes a de nouveau été pris à parti par des policiers lors d’une action qu’il menait devant la banque Société Générale directement impliquée dans l’affaire des “Panama Papers”. Sept mineurs ont été amenés au commissariat central parmi lesquels cinq d’entre eux ont été placés durant vingt heures en garde à vue. La solidarité s’est immédiatement exprimée et un rassemblement s’est tenu le soir même devant le commissariat. On a appris depuis que le procureur a engagé des poursuites pour dégradation. Lui emboîtant le pas, l’administration du lycée Cazin avait convoqué plusieurs élèves, faisant planer à leur encontre la menace de sanctions disciplinaires. Le rassemblement de plusieurs dizaines d’élèves solidaires à l’extérieur de l’enceinte et l’intervention de quelques délégués syndicaux semblent avoir ramené nos fonctionnaires à la raison.

Réponse immédiate et solidarité concrète.

Entre temps, les lycéens et étudiants se sont expliqués et ont revendiqué leur action dans un tract que nous livrons ci dessous à la lecture. La CGT, Solidaire, FO et la FSU ont à leur tour exprimé leur solidarité avec les réprimés, ce qui dans le climat actuel est bien la moindre des choses. Enfin la manifestation syndicale du 1° mai s’est terminée devant le commissariat central ou a été réclamé la levée de toutes les poursuites. Une première à Boulogne-sur-mer …

A Boulogne-sur-mer et aussi ailleurs …

Ce que subissent actuellement les lycéens boulonnais n’est évidemment pas le fruit du hasard (2). Dans le département des Hauts-de-Seine, au moins 47 lycéens ont été placés en garde à vue après leur convocation par la Sûreté Territoriale. On leur reproche leur mobilisation et les actions entreprises sur leur établissement scolaire. La même logique s’applique bien partout.

Notre solidarité se doit d’être indéfectible et le meilleur moyen d’aider concrètement les lycéens et les étudiants actuellement mobilisés est d’abord de les rejoindre et d’ engager la lutte à leur côtés. Actuellement, ils se battent, isolés, et le pouvoir le sait. Chez les travailleurs la mobilisation n’est pas à la hauteur des enjeux. Il ne tient qu’à nous de ne pas déléguer ce qui relève de notre responsabilité sur les seules épaules des plus jeunes d’entre nous.

Boulogne-sur-mer, le 2/05/2016.


La jeunesse emmerde le Parti Socialiste :

Voilà bientôt trente ans que le refrain des Béru accompagne des rassemblements “anti-fascistes” de moins en moins pourvus en nombre de participants. De son côté, la presse bourgeoise répète a qui veut l’entendre qu’aujourd’hui la jeunesse voterai d’abord pour le front national. Outre le fait que la “jeunesse” n’existe pas, quand bien même on réduirait une partie de la population à cette catégorie, elle ne vote pas plus pour Cheminade que pour Mélanchon, dans sa grande majorité, elle ne vote tout simplement pas … Et quand bien même ! Sur le marché en crise de la représentation politique bourgeoise, le fond politique du parti de Cambadelis ne diffère en rien de celui du pas de porte de la famille Lepen. Historiquement, ils partagent tous deux une même haine de la classe ouvrière et font montre de la même servilité à l’égard du capital. Ni les uns ni les autres ne font mystère de leur xénophobie et partagent de longue date le goût pour les méthodes de barbouzes et la brutalité, qu’elle soit policière, militaire ou le fait de services d’ordre privés …

http://lamouetteenragee.over-blog.c…

(1)Pour une piqûre de rappel au sujet de la Social-démocratie, de sa fonction et de son rôle, lire l’édito du numéro de la Mouette Enragée actuellement en kiosque.

(2) http://zinc.mondediplo.net/messages…





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