Octobre 24, 2020
Par Le Monde Libertaire
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Solidarité avec les femmes Polonaises ! Czarny Protest [note]  !

Strajk Kobiet = Grève des femmes

A l’initiative de trois associations polonaises, quelques centaines de personnes – dont beaucoup de jeunes Polonaises – ont répondu ce dimanche 25 octobre sur l’esplanade des Invalides à Paris, à l’appel en solidarité avec les femmes Polonaises qui viennent de perdre le droit à l’avortement. Ce droit avait été acquis en 1993, avec beaucoup de restrictions, car seulement trois situations permettaient d’accéder à l’avortement : en cas de viol, en cas de malformation du fœtus, en cas de danger pour la femme.

Le 22 octobre 2020 a été un jour funeste pour les femmes en Pologne. L’interdiction de l’avortement, en cas de malformation du fœtus, a été prononcée par le Tribunal constitutionnel en Pologne : cela signifie une interdiction quasi absolue de l’avortement autorisé car, en 2019, 98 % des 1 100 avortements recensés concernaient la malformation du fœtus. Depuis 2016, le Parlement n’était pas parvenu à cette décision car les Polonaises et les Polonais étaient descendu·es très nombreux·ses dans les rues de Varsovie. Mais le parti au pouvoir, PiS (Droit et Justice) a poursuivi son attaque avec le soutien des catholiques et des intégristes de tous poils. Le 20 octobre, il a été annoncé que le médiateur Adam Bodnar, un champion de longue date des droits de l’homme, allait être démis de ses fonctions en faisant appel au Tribunal constitutionnel. Le procès a finalement été annulé juste avant qu’il n’ait lieu. Deux juges de la Cour suprême – Irena Majcher et Igor Tuleya – ont également fait l’objet d’attaques cette semaine et seront peut-être dépouillés de leur immunité judiciaire et inculpés. Ces dernières mesures illustrent le programme agressif du PiS, qui se prépare à accroître sa mainmise sur les droits des femmes en pleine période de pandémie mondiale.

Après des attaques, depuis des mois, menées contre les personnes LGBT, ce sont les femmes qui font les frais des manœuvres liberticides. Faute de pouvoir passer ses ignobles lois par la voie parlementaire, l’État polonais les impose à l’aide d’une cour suprême aux mains des alliée du PiS.
Plus de 100 000 avortements clandestins sont pratiqués chaque année tant le droit était restrictif mais celui-ci n’a jamais empêché les femmes d’avorter. Ce n’est ni la morale catholique ni le Tribunal constitutionnel qui doivent décider du droit à l’avortement et des droits des femmes. Ce sont aux femmes de décider si elles veulent ou non un enfant et quand elles le veulent.

Hélène Hernandez
Groupe Pierres Besnard




Source: Monde-libertaire.fr