Septembre 12, 2021
Par Dijoncter
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La section Jeunesse et Sports de Solidaires fait son retour d’expĂ©rience aprĂšs deux mois de « sĂ©jours de cohĂ©sion Â» qui initient la mise en place du SNU.

Cela fait maintenant plus de deux mois que les sĂ©jours de cohĂ©sion sont terminĂ©s et que l’Administration reste silencieuse sur les diffĂ©rents retours d’expĂ©riences (les fameux RETEX) Ă©mis par les services. Ce long silence questionne grandement lorsque nous connaissons les multiples « couacs Â» vĂ©cus dans les sĂ©jours. On croirait que l’Administration se transforme en « Grande Muette Â», comme une dĂ©rive de la militarisation des esprits, engendrĂ©e par le Service National Universel (SNU).

Pour lutter contre ce silence, SOLIDAIRES JS a fait le choix de mener son propre retour d’expĂ©rience Ă  l’aide d’échanges nombreux avec les partenaires associatifs, les salariĂ©.e.s des sĂ©jours, les responsables de services et les collĂšgues en charge de ce dispositif. Face Ă  l’omerta et Ă  la pression mise sur les collĂšgues pour que rien ne soit divulguĂ© sur le SNU, les Ă©lĂ©ments que nous Ă©noncerons ne seront pas gĂ©ographiquement identifiables. Surtout, ce retour apparaĂźt comme primordial alors que ladite mission nationale de la SNU (MNSNU) devrait officialiser sous peu la mise en route de deux sĂ©jours de cohĂ©sion par dĂ©partement en 2022 dont un devant se tenir avant les Ă©lections prĂ©sidentielles…

« Des inscriptions sous forme de gruyĂšre, Jeunesse ComtĂ©-vous Â»

Pour rappel, cette campagne SNU de 2021 avait comme objectif initial d’attirer 30 000 jeunes mais trĂšs rapidement et en un tour de passe-passe, l’objectif est tombĂ© Ă  20 000 en quelques semaines, sans ĂȘtre jamais atteint. Dans les faits, des centaines de jeunes inscrit.e.s ne sont pas venu.e.s, d’autres encore ont dĂ©cidĂ© de quitter les sĂ©jours en cours de route et certain.e.s ont Ă©tĂ© exclu.e.s (pour des motifs divers). On estime Ă  15 000 les jeunes rĂ©ellement accueilli.e.s dans les sĂ©jours, un vĂ©ritable Ă©chec de cette lubie gouvernementale. Rappelons que la jauge devrait ĂȘtre fixĂ©e Ă  800 000 si cette folie devenait un jour obligatoire comme Ă©voquĂ© lors de la derniĂšre campagne prĂ©sidentielle.

« Une communication verrouillĂ©e au service du taisez-vous Â»

Depuis le dĂ©but, le Gouvernement fait de la communication l’alpha et l’omega de sa politique, le SNU n’y a logiquement pas Ă©chappĂ©. Cela conduit donc Ă  ce que trĂšs peu de personnes, mĂȘme au sein des services JS (SDJES ou DRAJES), ont Ă©tĂ© informĂ©es de ce qu’il se passait rĂ©ellement dans les sĂ©jours SNU, favorisant les dĂ©rives sur lesquelles nous reviendrons.

Pour assurer le verrouillage, certaines acadĂ©mies ont fourni des directives de communication aux agent.e.s (ou salariĂ©.e.s du SNU) avec des rĂ©ponses prĂ©parĂ©es, d’autres ont refusĂ© Ă  la presse l’accĂšs des centres.

Enfin, une plateforme interne a Ă©tĂ© crĂ©Ă©e pour recenser les « problĂšmes Â» au sein des sĂ©jours pour que l’État soit immĂ©diatement informĂ© et puisse en rĂ©pondre. Cette joyeuse plateforme nommĂ©e « Sphinx Â» a eu prĂšs de 1 000 signalements lors des sĂ©jours 2021. Dans les informations Ă  remplir sur « Sphinx Â», il fallait rĂ©pondre Ă  cette question : « PrĂ©sence ou risque de sortie dans la presse ou les rĂ©seaux sociaux : possible/probable/effective Â».

« Sur le papier, les sĂ©jours SNU sont des ACM, sur le papier seulement Â»

Pour rappel, les séjours SNU sont considérés comme des Accueils Collectifs de Mineurs (ACM) et répondent ainsi à une certaine réglementation.

DĂšs le mois de juin, nous alertions (tout comme le SEJSUNSA dans un communiquĂ© du 18/06/2021) sur les risques sanitaires de maintenir ces sĂ©jours dans une telle dĂ©sorganisation, avec des conditions dĂ©gradĂ©es pour accueillir les jeunes et surtout avec des Ă©quipes encadrantes trĂšs inexpĂ©rimentĂ©es et souvent non qualifiĂ©es. Cette dĂ©sorganisation est en grande partie de la responsabilitĂ© de la MNSNU qui a passĂ© son temps Ă  inventer de nouvelles consignes – souvent contradictoires – jusqu’au dĂ©but des sĂ©jours. Nous savons d’ailleurs que certains Rectorats se sont opposĂ©s Ă  la multiplication de ces consignes.

Le bilan est simple, trĂšs simple. Plusieurs centres ont Ă©tĂ© fermĂ©s pour cause de « cluster Â», imposant aux familles de venir rĂ©cupĂ©rer des enfants malades et de se mettre en danger elles-mĂȘmes. Dans plusieurs centres les auto-tests sont arrivĂ©s aprĂšs le dĂ©but des sĂ©jours : cherchez l’erreur !

Les recrutements Ă  la hĂąte d’équipes encadrantes ont eu des consĂ©quences non-nĂ©gligeables et parfois dramatiques pour les jeunes. En effet, il a Ă©tĂ© relevĂ© des propos racistes dans plusieurs centres et des comportements dĂ©placĂ©s. Ces dĂ©rives ont entrainĂ© des licenciements et en ont poussĂ© d’autres Ă  dĂ©missionner pour ne pas cautionner ces actes. Par ailleurs, nous pouvons aussi affirmer que dans plusieurs centres des personnes ont Ă©tĂ© recrutĂ©es alors qu’elles ont l’interdiction d’exercer auprĂšs des mineurs entraĂźnant de facto leur licenciement. Alors que l’Etat impose dĂ©sormais aux clubs sportifs de vĂ©rifier l’honorabilitĂ© de ses bĂ©nĂ©voles, force est de constater qu’il s’affranchit de cette obligation en tant qu’organisateur d’ACM. Nous estimons que les services ne sont pas responsables de ces dĂ©rives, car soumis aux injonctions absurdes et incessantes de la volontĂ© politique, qui n’est pas capable de mettre les moyens humains pour assurer une mise en Ɠuvre convenable d’un dispositif que nous dĂ©nonçons dans tous les cas. L’avenir du SNU est son abandon, rien de plus.




Source: Dijoncter.info