Février 26, 2021
Par Union Syndicale Solidaires
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Frédérique Vidal a annoncé, mardi 23 février, la mise en place de points de distributions de protections périodiques gratuites pour les étudiant-e-s dans les services de santé et les résidences universitaires. Cette mesure, que nous revendiquons depuis longtemps et qui fait partie de notre cahier de revendications contre la précarité (disponible sur ce lien) vient soutenir les étudiant-e-s qui souffrent de la précarité menstruelle. En 2019, un sondage indiquait que la précarité menstruelle touchait 1,7 millions de françaises. La crise sanitaire et les difficultés financières des étudiant-e-s ont certainement aggravé cette situation. Ainsi, les annonces du gouvernement viennent réduire l’impact financier mais aussi social du manque de protections périodiques.

Avec cette mesure, le gouvernement emboîte le pas de l’Écosse, de l’Angleterre ou encore des villes comme Séoul et New York, et généralise la mise à disposition de protections hygiéniques qui étaient jusque-là mise en place que dans une poignée d’universités et de CROUS. Ces derniers, à l’image de Montpellier ou encore de Sciences Po Paris où les mobilisations étudiantes ont permis d’obtenir ces mesures qui luttent contre la précarité menstruelle. La lutte syndicale paie !

Toutefois, au vu de l’inaction du gouvernement dans la lutte contre la précarité, nous restons vigilant-e-s aux effets d’annonces et veillerons à ce que cette mesure soit appliquée. De plus, cette victoire syndicaleen appelle d’autres puisqu’aucune précision n’est faite à propos des protections périodiques pour les personnes trans ni sur une véritable politique de prise en charge par la sécurité sociale des produits hygiéniques qui représentent, en France, un coût de 3 200 € sur une vie. Ces dépenses sont inacceptables alors que la précarité touche toujours plus de personnes, et pas seulement les étudiant-e-s !

Ainsi, nous revendiquons :

  • La distribution systématique des protections périodiques dans les sanitaires de tous les lieux d’études sans distinction de genre pour ne pas exclure les personnes trans.
  • La prise en charge des produits d’hygiène par la sécurité sociale.

Mais aussi des mesures concrètes pour l’amélioration de nos conditions d’études :

  • La mise à disposition gratuite de gel et de masques selon les normes recommandées par le Haut Conseil de Santé Publique à destination des étudiant-e-s ainsi que du personnel. Les lieux d’études doivent pouvoir accueillir des centres de dépistage.
  • Le recrutement de personnels de santé en nombre pour répondre à la détresse psychologique ainsi qu’aux problèmes de santé physique qui touchent les étudiant-e-s.
  • La réquisition de locaux non utilisés par les municipalités, départements, régions et l’État, ainsi que la réhabilitation et la construction de locaux pour les universités et les résidences étudiantes.
  • La hausse immédiate de l’ensemble des bourses en termes de nombre et de montant, l’abandon de la préférence nationale et la simplification des démarches ainsi que l’accélération de la procédure.
  • La reconnaissance de notre statut de travailleur-euse-s en période de formation et donc la mise en place d’un salaire étudiant.
  • Le retrait des réformes de libéralisation de l’enseignement supérieur et de la recherche ainsi qu’un investissement massif dans l’ESR.

Pour obtenir de nouvelles victoires, organisons-nous collectivement et donnons-nous rendez-vous les 7 et 8 mars (en fonction de votre ville) pour la journée internationale de lutte pour les droits des femmes et des minorités de genre. Ainsi que le 16 mars pour une mobilisation nationale contre la précarité étudiante et pour l’amélioration de nos conditions matérielles d’études. Imposons un autre avenir !




Source: Solidaires.org