Juillet 27, 2021
Par Marseille Infos Autonomes
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Ce que nous voulons vous faire découvrir durant cette soirée c’est un autre visage de la lutte antispéciste. À contre-courant des associations de promotion du véganisme retranchées derrière leur analyse politique d’un soi-disant « capitalisme propre », notre collectif fait office de “radicalisateur”, toujours en rupture théorique et pratique. Nous percevons l’antispécisme comme une lutte sociale et politique, solidaire des autres combats contre l’oppression et indispensable à prendre en compte dans la lutte des classes.

Notre antispécisme est radical, anarchiste et décolonial et ce que nous voulons vous faire découvrir lors de cette soirée ce sont les infinies possibilités de complicités politiques fortes et efficaces entre personnes animales et humaines : une “sympraxis”, un agir avec, pour s’opposer au système de domination !

Pour rematérialiser la politique trop souvent cantonnée à la sphère des idées, habiter et semer le trouble, nous avons créé un “territoire en lutte” en 2015 où sont réfugiés les camarades animaux libérés des abattoirs, laboratoires et élevages au cours d’actions directes menées par notre collectif partout en Europe. Ce sanctuaire se trouve aujourd’hui attaqué de toutes parts et c’est précisément pourquoi il est si important de montrer que « toute notre histoire part de là ».

Quoi de plus frêle en effet que ces assemblages de bois que nous façonnons, quoi de plus fragile qu’une poignée de révolutionnaires de “tous poils et plumes” sans fortune ni protecteurs au pouvoir : oui, ce sanctuaire est un château de cartes gonflé de vie et de rage que nous devons chaque jour défendre comme on défend notre peau.

Nul ne peut prétendre être insensible à la peur, aux doutes et à la fragilité qui nous traversent en de telles circonstances. Mais il est un moment où éclôt la certitude partagée que s’il existe la moindre chance – si infime soit-elle – de pouvoir peser sur la situation dans laquelle nous sommes pris.es, alors il faut la saisir.

C’est cette certitude qui repousse les limites face à la précarité, à la boue et aux “munitions” policières et judiciaires.

Il s’agit de relever la tête et d’accepter que résister, c’est toujours un coup de dés. Nous continuerons de défendre avec nos camarades cette « Commune » qui redonne le souffle et la vie à toutes sortes de déraciné.e.s. Une brèche qu’il faut tenir ouverte et pour cela défendre ce lieu jusqu’à « l’extrême limite » ; parce qu’il incarne une lutte antispéciste concrète et imaginative, parce qu’il est un déclencheur, une étincelle, parce qu’il nous fait éprouver nos forces collectives et mesurer nos chances de faire de notre passage ici une aventure directe, âpre et éblouissante.

L’heure n’est plus à la revendication, à la demande mains tendues, nous avons compris qu’ils ne lâcheront rien. Nous non plus.

Non, l’heure est venue de tout exiger sans rien demander, de bâtir en dur nos idées, de ne pas attendre le “Grand soir”, de forger ici et maintenant le monde que nous voulons, de se ré-approprier ce qui doit être nôtre : le choix de nos conditions d’existence et de la manière dont nous voulons la mener ; de la création d’un présent désirable et d’un avenir possible ; de la répartition de ce qui doit être commun et de la suppression de ce qui nous opprime ; de la création de communautés de résistance.

Il s’agit d’un enchantement des imaginaires et des possibles ; une utopie, concrète et absolument nécessaire.

La force d’une lutte vient de ce qu’elle parvient à construire comme alternative réelle, comme contre-monde ou nouveau monde, de sa capacité à renouveler l’action politique et interpeller l’espace des luttes, à sortir de l’abstraction du discours et de l’idéologie.

L’injustice sociale se construit aussi à travers l’espace et son usage, d’où l’importance de produire des espaces de résistance ou « contre-espaces ». C’est pourquoi notre pratique de l’action directe ne s’arrête pas aux portes des abattoirs.

Cet usage politique de la terre fabrique des attaches. Et dans ces attaches se joue une autre manière de résister, dans laquelle on ne peut plus délier ce qui nous rend capables de tenir un lieu et ce qui nous rend capables de se tenir en lui.

Le sanctuaire du collectif est essentiel pour construire quelque chose qui dure et puisse s’approfondir.

Ce que nous avons expérimenté de plus intéressant tient sans doute à cela : fuir les idéologies et leurs discours politiques, fuir les dispositifs et leurs moyens de capture, mais en même temps tenter de trouver des territoires, sillonner une géographie commune, connaître les pièges à éviter, trouver des refuges comme autant de repères sur une cartographie sauvage que nous nous sommes fabriqué.e.s.

=> Au programme de cette soirée :

★ De 19h30 à 20h30 : Discussion sur la lutte antispéciste et présentation de la stratégie du collectif (par Tiphaine & Ceylan),

★ De 19h30 à 23h : Cantine vegan salé et sucré, bar, stand de merch & illustrations, infokiosque, concert, etc.

AVERTISSEMENT : Notre lutte est viscéralement politique car toute lutte contre une oppression est une lutte engagée contre le système de domination dans sa globalité.

Nous pratiquons un activisme intersectionnel et rejetons l’apolitisme affiché du mouvement animaliste et ses complaisances franchement nauséabondes avec les idéologies fascistes ou d’extrême-droite. Notre lutte antispéciste doit prendre en compte les autres oppressions et affirmer la nécessité de combattre toutes les dominations (islamophobie, racisme, sexisme, homophobie, xénophobie, etc).

Nous rappelons donc que les comportements nocifs ne sont pas les bienvenus dans nos évènements (pas de comportements sexistes, racistes, spécistes, homophobes, transphobes etc).

On vous attend nombreux.ses !




Source: Mars-infos.org