Décembre 28, 2021
Par Contrepoints (QC)
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Le 18 décembre dernier, une douzaine de personnes réparties en petite équipes ont pris artistiquement d’assaut les rues de Tiohtià:ke/Montréal en protestation contre l’abject projet de loi 2. Nous sommes des personnes trans, non-binaires et alliées et nous sommes déterminées à nous opposer à cette vile attaque envers nos communautés. Durant la nuit, des bannières ont été affichées un peu partout dans la ville, dont les murs sont depuis plusieurs mois déjà pleines d’affiches, de collants et de tags pour protester vigoureusement contre cette loi qui ne cesse de nous enrager.

        

Nous voyons dans ce projet de la CAQ son intention de surfer sur la vague des mesures réactionnaire anti-trans, anti-intersexe et anti-queer mises en place par les gouvernements de droite un peu partout dans  le monde (des états du sud étatsunien à la Pologne fasciste en passant par le Royaume-Uni). Nous ne sommes pas les seul·es à nous révolter: dès l’annonce du projet de loi, les communautés trans, non-binaire et intersexe se sont mobilisées de toutes les manières possibles pour s’y opposer, forçant un recul au moins partiel de la part de Simon Jolin Barette, l’infâme ministre en arrière de ce projet.

Ceci dit, force est de constater que depuis l’annonce du recul du ministre, la mobilisation s’est calmée, ce qui est inquiétant puisque rien ne nous assure que la nouvelle mouture du projet ne sera pas tout aussi abjecte. Nous considérons qu’il faut absolument continuer la lutte et empêcher le passage de cette loi ou de toute autre qui lui ressemble. Nous voulons plus que le simple retrait de la loi; avec l’appel à l’action du 18 décembre dernier circulait cette liste de revendications:

    “Plus loin que la simple modification du projet de Loi 2, face à la transphobie et l’interphobie institutionnalisée et face à une politique de reconnaissance qui ne sert que les plus privilégié·es d’entre nous, nous demandons :

    * L’abolition des marqueurs de sexe/genre,

    * L’accès simple, libre et gratuit aux changements de nom et aux soins d’affirmation de genre,

    * L’abolition de la police et des prisons, qui passe nécessairement par la décriminalisation complète du travail du sexe, de l’utilisation des drogues et du VIH,
 
    * L’ouverture des frontières qui bloquent et contrôlent notamment les corps des personnes trans et queer migrantes.”

Nous appuyons cette liste de demandes et espérons, avec nos actions, démontrer que malgré le prétendu recul du gouvernement, le temps des fêtes et l’explosion récente de la Covid, nous continuons et continuerons de lutter pour nos communautés et contre ce gouvernement qui ne cesse de nous oppresser.

L’appel du 18 décembre dernier est passé, mais voyez en ce texte un appel à continuer d’utiliser les espaces publics comme plateforme pour s’opposer aux dérives haineuses du gouvernement, à vous organisez avec celleux proches de vous (que vous soyez de nos communautés ou simplement des complices), et à être avec nous en janvier prochain quand nous ferons inévitablement face à la nouvelle version de ce projet de loi.




Source: Contrepoints.media