Contextualisation

À la différence d’autres textes qui traitent de contextes de confrontation avec la police (manifestations, arrestations, expulsions, etc.), 12 choses à faire… insiste sur des moments ordinaires de nos vies : une panne de voiture, une soirée, quelqu’un qui pète un cable, etc. Ici pas d’arguments budgétaires ou gestionnaires pour réduire ou couper les budgets de la police (#Defundhepolice), comme dans pas mal de textes états-uniens récents, mais une volonté de saper le besoin du recours aux forces de l’ordre. Ce texte part de ce que chacun-e, en tant qu’il est lié à des communautés (bande d’ami-es, voisinnage, etc.), peut faire quand il est confronté à une situation inhabituelle ou que quelque chose dérape.

On mesure alors l’ampleur des transformations nécessaires pour se passer de la police : si l’on ne veut plus se décharger de nos soucis dans les mains d’une milice capitaliste et raciste, cela suppose un surcroit d’existence politique, une plus grande implication, individuelle et collective, au sein de ce qui se passe autour de nous. Nos efforts ne se dirigent plus seulement contre les forces répressives (dénoncer leurs abus, leur racisme, leur répression…), mais également pour prendre en charge les problèmes et les conflits présents dans notre voisinage, notre entourage et nos communautés.

D’autres traductions, plus situées et moins liées au contexte américain, feront suite à celle-ci. Aussi, un autre type de traduction est déjà en cours : transposer ces « choses à faire » dans notre contexte français, afin de développer nos propres « pratiques abolitionnistes ». Alors les spécificités de la société états-unienne n’apparaîtront plus comme d’étranges bizarreries, mais comme des points de comparaison à partir desquels préciser nos points d’attaques en France.

Le collectif de traduction

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Si tu vois quelque chose, fais quelque chose ! 12 choses à faire plutôt que d’appeler la police

Appeler la police, souvent, aggrave la situation, fait courir des risques et provoque de la violence. Chaque fois qu’on demande de l’aide à la police, on l’invite dans son entourage, ce qui met en danger des personnes qui peuvent déjà être dans des situations à risque. Parfois, les gens pensent qu’appeler la police est la seule manière de régler des problèmes. Mais l’on peut construire des réseaux d’entraide et de confiance, qui permettent de mieux prendre en main des conflits nous-mêmes et d’aller vers des formes de justice transformatrice, tout en gardant la police hors de nos quartiers.

1. Ne te sens pas obligé⋅e de défendre la propriété – surtout la propriété « privée » des grandes entreprises. Avant d’accuser quelqu’un⋅e ou de contacter la police, demande-toi si quelqu’un⋅e est mise à mal par le « vol » ou le dommage d’une propriété. Si la réponse est « non », alors laisse faire.

2. Si quelque chose qui t’appartient est volé et que tu as besoin de déposer une main courante pour toucher l’assurance ou pour une autre raison, vois si tu peux aller au commissariat de police plutôt que de faire venir les flics au sein de ton entourage. Sans t’en rendre compte, tu pourrais faire courir un risque à quelqu’un⋅e de ton voisinage.

3. Si tu rencontres quelqu’un⋅e présentant un comportement qui paraît « étrange » à tes yeux, ille peut être sous l’emprise de produits, sous le coup d’une lésion cérébrale ou bien en plein délire. Demande-lui si ça va, s’ille est dans un état de santé particulier et s’ille à besoin d’aide.

4. Garder une liste de numéros de ressources communautaires, comme une ligne d’écoute en cas de situations compliquées (tentative de suicide, mise en danger d’autrui, etc.). Quand la police est contactée pour « gérer » des situations comme celle-là, les personnes qui ont des troubles mentaux ont 16 fois plus de risque d’être tuées par les flics que celles sans difficultés de santé mentale.

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Article publié le 31 Août 2020 sur Lepressoir-info.org