Septembre 19, 2021
Par Le Monde Libertaire
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Non Ă  la retraite Ă  64 ans !

Emmanuel Macron n’a toujours pas renoncĂ© Ă  la « rĂ©forme » des retraites.
Tout incite pourtant Ă  ne pas reculer encore une fois l’ñge de dĂ©part en retraite : le fait incontestable que la moitiĂ© des personnes partant en retraite ne sont dĂ©jĂ  plus au travail, le chĂŽmage important qui ne pourrait qu’augmenter, les jeunes en galĂšre qui attendent le dĂ©part d’un ancien, l’augmentation des arrĂȘts maladie des salariĂ©s les plus ĂągĂ©s, les dispositions dans les entreprises pour faire partir les plus ĂągĂ©s 

Les personnes interrogĂ©es par un sondage publiĂ© le 1er juillet 2021 par l’assurance AVIVA « estiment que l’ñge moyen idĂ©al pour partir Ă  la retraite est de 58 ans ».
Les discours développés par tous les gouvernements depuis plus de vingt ans selon lesquels « on vit plus longtemps, on doit donc travailler plus longtemps », ceci étant présenté comme une évidence, visent en réalité à maintenir un niveau élevé du chÎmage. De tout temps, sous tous les cieux, un nombre élevé de chÎmeurs et chÎmeuses renforce le rapport de forces en faveur des employeurs et des détenteurs de capitaux au détriment des salariés.
C’est donc un outil qui favorise nettement la classe possĂ©dante pour ce qui est d’un partage des richesses.

Une retraite minimum Ă  1000 euros ?

La pension minimum Ă  1000 euros (85 % du Smic, lĂ©gĂšrement infĂ©rieur au seuil de pauvretĂ©) est inscrite dans la loi depuis 2003 et fait partie des promesses prĂ©sidentielles d’Emmanuel Macron, rĂ©affirmĂ©es lors de son allocution du 12 juillet dernier ; encore une qui ne sera pas tenue sous son quinquennat, tout comme celle de la prĂ©servation du pouvoir d’achat des retraitĂ©s. La pension brute infĂ©rieure Ă  1000 euros ne concerne pourtant qu’une minoritĂ© : 5,7 millions de retraitĂ©s, soit 37 % d’entre eux parmi les 15,5 millions, et seulement 3,4 millions (22%) en prenant en compte les pensions de rĂ©version et les carriĂšres Ă  l’étranger. PrĂšs des trois quarts (74%) des personnes concernĂ©es sont des femmes (longues pĂ©riodes « d’inactivitĂ© » pour garder et Ă©lever les enfants, temps partiels prolongĂ©s …)
Un tiers des petites pensions concerne 1,8 million de retraitĂ©s qui ont pourtant une carriĂšre complĂšte ou quasi complĂšte (plus de trente annĂ©es de cotisation). C’est-Ă -dire que 12 % de l’ensemble des retraitĂ©s touchent entre 700 et 800 euros, pension infĂ©rieure Ă  l’allocation de solidaritĂ© aux personnes ĂągĂ©es (ASPA) !
Ces chiffres et statistiques sont extraits du rapport Turquois-Causse remis au gouvernement le 10 mai dernier. Il s’appuie sur une Ă©tude de la CNAV et ne prend donc pas en compte les fonctionnaires. Le rapport chiffre aussi l’attribution de 1000 euros uniquement aux nouveaux retraitĂ©s, soit 51 700 personnes (8 % de nouveaux retraitĂ©s) qui auraient un gain mensuel de 46 euros, ce qui reprĂ©sente pour l’État un coĂ»t de 54 millions en 2025.

Pensions et retraites en Europe.
Retraités serbes : 250 euros pour vivre.
Selon la caisse de retraite et d’assurance invaliditĂ© de Serbie, plus d’un million de retraitĂ©s, soit 62 % de tous les retraitĂ©s touchent moins de 250 euros de pension mensuelle, soit deux fois moins que le salaire moyen (550 euros). Et plus de 300 000 d’entre eux vivent avec 125 euros par mois. Ceux qui n’ont pas le droit Ă  la retraite (plus de 100 000 personnes ĂągĂ©es) doivent se dĂ©brouiller sans rien : le minimum retraite n’existe pas.
En mai 2021, le ministre de la RuralitĂ© a promis l’instauration d’une pension minimum de 100 euros pour les plus de 65 ans n’ayant pas encore cotisĂ©. Courage et solidaritĂ© aux retraitĂ©s serbes dans leurs luttes pour leurs droits !

Retraites espagnoles attaquées.
Les retraitĂ©s de la CGT espagnole (anarcho-syndicaliste) informent dans un communiquĂ© leur camarades europĂ©ens du RĂ©seau Syndical International des SolidaritĂ©s et des Luttes, des consĂ©quences du « Pacte de TolĂšde » qui a sĂ©parĂ© les sources de financement des pensions (les cotisations) de celles des autres dĂ©penses (Budget gĂ©nĂ©ral de l’État). Ce simple artifice comptable dans un contexte de chĂŽmage, de faibles salaires, de baisses des cotisations des entreprises, gĂ©nĂšre un dĂ©ficit de la SĂ©curitĂ© sociale et crĂ©e les conditions politiques et juridiques d’accĂšs Ă  la retraite, de baisse des pensions, de remise en cause du systĂšme public par rĂ©partition pour en privatiser une partie. La « dette comptable » de la SĂ©curitĂ© sociale de 1974 Ă  2017 s’élĂšve Ă  800 milliards d’euros.
La CGT espagnole argumente : « la dette ou le dĂ©ficit est un mensonge, car les impĂŽts, tous les impĂŽts, ont l’obligation politique et lĂ©gale de payer les pensions. Il est anti-social de prĂ©tendre qu’il incombe aux seuls travailleurs de maintenir le systĂšme public de retraite, en particulier lorsque l’on constate une dĂ©tĂ©rioration croissante du travail et des salaires ».
La Coordination des retraitĂ©s de la CGT espagnole dĂ©fend une retraite solidaire par rĂ©partition car les ressources et les richesses peuvent payer les retraites, celles d’aujourd’hui et celles des gĂ©nĂ©rations futures.

Les retraitĂ©s espagnols dans l’action.
Les retraitĂ©s d’Espagne invitent les organisations europĂ©ennes du RĂ©seau Syndical International des SolidaritĂ©s et Luttes Ă  participer aux mobilisations prĂ©vues par la COESPE (Coordination nationale pour la dĂ©fense du systĂšme public des retraites). Une caravane de 160 personnes dans 40 vĂ©hicules partira du Pays Basque et fera escale Ă  Paris le 27 septembre dans l’aprĂšs-midi.
En lien avec les camarades belges, elle se rendra à Bruxelles le 28 septembre pour présenter les revendications au Parlement européen. Toutes les organisations européennes du réseau syndical sont invitées à se mobiliser.

Et en France ?

Mobilisation des retraités le 1er octobre 2021.
Le 14 dĂ©cembre 1990, l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations-Unies a votĂ© la crĂ©ation de la journĂ©e internationale des personnes ĂągĂ©es chaque 1er octobre. Cette journĂ©e ne doit pas se rĂ©sumer Ă  porter un meilleur regard sur ces personnes. Aussi les organisations syndicales se mobilisent pour :
le pouvoir d’achat, le droit Ă  la santĂ©, les services publics de qualitĂ© (dont un service public Ă  l’autonomie).
Face au retour d’une rĂ©forme des retraites et Ă  la baisse des salaires, plusieurs syndicats, CGT, FO, FSU, Solidaires et organisations jeunesse FIDL,UNEF, MNL, UNL, appellent Ă  se mobiliser « pour les salaires, les emplois et les conditions de travail et d’études ».
Le 5 octobre sera Ă©galement journĂ©e de mobilisation gĂ©nĂ©rale regroupant organisations syndicales et politiques pour rĂ©affirmer les revendications du prolĂ©tariat. Gageons que contrairement aux manifestations anti-pass on ne risque pas d’y voir les partisans de l’extrĂȘme-droite ou de la droite la plus rĂ©actionnaire : les luttes sociales, c’est toujours pas leur truc. Nous anarchistes, serons Ă©videmment dans la rue pour rĂ©affirmer notre soutien Ă  toutes les luttes sociales, sans attendre quoi que ce soit de la campagne Ă©lectorale qui se dessine, et dont l’issue ne changera rien Ă  la condition des travailleurs et travailleuses. Ce n’est pas dans les urnes que ça se passe, ce doit ĂȘtre dans la rue et dans nos entreprises.
Pour nos intĂ©rĂȘts de classe,
c’est tous ensemble qu’on peut gagner !
c’est tous ensemble qu’on finira par gagner !

Jean-Jacques Chatelux et RamĂłn Pino
(Jean-Jacques Chatelux et RamĂłn Pino)




Source: Monde-libertaire.fr