1 – La remarque de la directrice déléguée du pôle femmes-mère-couple sur le mal être d’une aide soignante : « Si cette aide-soignante n’est pas capable de gérer son stress, elle n’a qu’à partir faire caissière à Casino. » est d’une grande brutalité, amplifiée par l’écho médiatique.

Cela doit exister plus souvent qu’on ne le pense, entre autre parce que les cadres intermédiaires, comme cette personne ont totalement assimilé ce management brutal. Est-ce que les cadres responsables de services sont « dressés » pour presser, sélectionner faire partie le cas échéant des personnes qui ne participent pas à la rentabilité de l’hôpital ?

C’est effectivement d’une grande brutalité, de l’ordre de la violence de classe… Pour répondre à ta question : Aujourd’hui, le CHU embauche des anciens cadres de Danone, Carrefour, etc… la violence managériale est assumée et poussée depuis des années, les cadres qui ne veulent pas l’appliquer se retrouvent en grande difficulté. Par exemple, le CHU de Toulouse se lance, dans le cadre du plan A.V.E.N.I.R., dans des privatisations de fonctions « support » (brancardage, bionettoyage, stérilisation, blanchisserie, etc…) dans les secteurs qui sont en projet de privatisation totale nous voyons des agents venir se plaindre de « harcèlement », ce n’est pas réellement des harcèlements dans le sens classique (agissement de pervers narcissique par exemple) mais des directions qui veulent faire fuir les fonctionnaires pour laisser place nette pour le privé. On se retrouve dans une configuration proche de France Télécom et nous sommes très inquiets. Il faut savoir que les directions hospitalières ne sont pas soumises au délit d’entrave au CHSCT alors, ils n’accomplissent pas leur obligation de sécurité sur la santé des agents, ils ont un boulevard pour broyer du fonctionnaire, la situation est très grave. Il y a tous les jours plus de 1000 agents en maladie au CHU de Toulouse 99,99% sont justifiés médicalement et une grande majorité sont liés aux conditions de travail. Le fait de dénigrer le stress au travail par cette directrice est révélateur de ce que pense l’institution. Nous avons envahi en intersyndicale deux conférences managériales au CHU de Toulouse : une qui s’intitulait « du lean management au lean hospital, le bienfait du management industriel dans les hôpitaux » (voir http://cgtchutoulouse.fr/2013/04/07/conference-sur-le-lean-a-lhopital-cest-du-domaine-de-lhorreur/) et une sur la « communication » faite par un conseillé en com’ de Orange et Renault… Il s’agit d’une politique cohérente. Comme nous, fonctionnaires hospitaliers, avons un salaire à vie, ils nous poussent dehors par tous les moyens, même les plus inhumains.

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