Mai 11, 2022
Par ACTA
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Shireen Abu Akleh, journaliste palestinienne est morte ce matin, tuĂ©e par une balle israĂ©lienne alors qu’elle s’apprĂȘtait Ă  documenter un raid de l’armĂ©e dans le quartier palestinien d’Al-Jabriyat Ă  Jenine, en Cisjordanie occupĂ©e.

Ce matin quatre journalistes Ă©quipĂ©s de casques et de vestes permettant de les identifier comme tels faisaient face Ă  des soldats armĂ©s. Sans qu’aucun tĂ©moin n’ait remarquĂ© de menace envers les soldats, un premier journaliste a pris une balle dans le dos, puis ils ont visĂ© Shireen Abu Akleh Ă  la tĂȘte et l’ont tuĂ©e.

Shireen Abu Akleh s’est consacrĂ©e de longues annĂ©es Ă  documenter la violence de l’occupant. Son visage Ă©tait connu en Palestine, dans le monde arabe et en Europe. Son travail de journaliste a permis de combattre l’idĂ©e, propagĂ©e par les sionistes et leurs alliĂ©s, qu’israĂ©liens et palestiniens se battent Ă  armes Ă©gales, ou pour les moins naĂŻfs, qu’IsraĂ«l use d’une violence disproportionnĂ©e mais de toute façon lĂ©gitime.

Au fil des ans, Shireen Abu Akleh a montrĂ© que le peuple palestinien est l’objet d’un apartheid. Que c’est son existence mĂȘme en tant que peuple qui est menacĂ©e.

Car l’enjeu est lĂ . DerriĂšre ce nouvel assassinat, et cette habitude Ă  abattre les gens comme ça, de loin, en faisant toujours moins de distinction, c’est l’Histoire racontĂ©e par l’occupant qui avance. Celle qui rĂ©pĂšte inlassablement : ils ont tirĂ© les premiers
 ils se sont tirĂ©s dessus
 nous n’étions pas là
. nous n’avons fait que nous dĂ©fendre


N’oublions pas.

Le 12 octobre 2000, cette mĂȘme armĂ©e d’occupation avait visĂ© et dĂ©truit les
locaux de la radio historique The Voice of Palestine Ă  Ramallah oĂč travaillait Shireen Abu Akleh. Aucun tĂ©moin n’avait remarquĂ© de menace envers l’armĂ©e venant du bĂątiment.

Le 30 septembre 2000, cette mĂȘme armĂ©e a tuĂ© de trois balles le jeune Mohamed Al Durah, 12 ans, et blessĂ© son pĂšre qui tentait de le protĂ©ger. Aucun tĂ©moin n’avait fait rĂ©fĂ©rence Ă  une position menaçante de leur part envers l’armĂ©e.

À l’époque comme aujourd’hui, cela n’avait pas empĂȘchĂ© l’Etat israĂ©lien et ses relais europĂ©ens de contester sa responsabilitĂ©, de salir la mĂ©moire des victimes, de jouer de toutes les confusions possibles pour, finalement, masquer la rĂ©alitĂ© du rapport de force global dans la tempĂȘte de l’évĂšnement.

Si on remonte plus loin dans la tragĂ©die, qu’ont-ils dit aprĂšs Sabra et Chatila ? Qu’ils n’étaient pas lĂ . Rappelons nous Begin Ă  la Knesset, balayant le sujet en arguant que des chrĂ©tiens et des musulmans s’étaient entretuĂ©s, et que c’était tout. Aujourd’hui, personne ne peut nier que les phalangistes ont eu la main libre parce que Tsahal l’avait dĂ©cidĂ©. Personne ne peut nier que les camps ont Ă©tĂ© rasĂ©, et avec eux des preuves prĂ©cieuses, parce que Tsahal l’avait dĂ©cidĂ©. Et pourtant, les bourreaux courent toujours.

N’oublions pas que lorsque l’Etat d’IsraĂ«l fait couler le sang, il ne s’arrĂȘte jamais lĂ . Il ne fait pas que salir la mĂ©moire, il la trouble, il l’efface. Et de toute façon, un prochain crime chassera le prĂ©cĂ©dent. Rajouter de l’horreur Ă  l’horreur, pour confondre entre elles toutes les violences commises, contre les civils ou la RĂ©sistance armĂ©e, que l’on sait bien infĂ©rieure militairement, et ainsi, se dresser contre un seul ennemi, le peuple palestinien, pour le meurtrir de tous ses cĂŽtĂ©s Ă  mesure qu’on lui vole ce qui lui reste de terre.




Source: Acta.zone