Ceci est un communiquĂ© des WS :

Sexistes, hors de nos vies, hors de nos luttes !

L’Union Antifasciste Toulousaine (UAT), organisation locale dĂ©sormais peu visible, s’arroge la lĂ©gitimitĂ© d’organiser l’hommage Ă  notre camarade ClĂ©ment MĂ©ric, assassinĂ© il y a 6 ans par des fascistes dans le 9Ăšme arrondissement de Paris.

Or l’UAT, composĂ©e majoritairement d’hommes hĂ©tĂ©ros cis blancs, a choisi de mĂ©priser notre action militante, se comportant ainsi en bon dominant, dĂ©niant tout simplement notre existence, et ayant dĂ©cidĂ© de ne pas nous convier, alors qu’une vingtaine d’orgas ont Ă©tĂ© contactĂ© par email le 28 mars (dont la CGT par exemple), Ă  l’organisation de cet Ă©vĂ©nement, nous en excluant de fait, alors qu’iels ont osĂ© le dĂ©finir comme “unitaire et visant Ă  rassembler trĂšs largement”.

Nous prĂ©cisons ici qu’iels sont parfaitement informĂ©.e.s de notre existence, certain.e.s de leurs membres ayant Ă©tĂ© prĂ©sent.e.s lors de notre dernier Ă©vĂ©nement, un concert punk rock fĂ©ministe qui eut lieu au mois de mars et qui rĂ©unit plus de 300 personnes dont un trĂšs grand nombre de militant.e.s locaux.ales (merci encore Ă  elles.eux).

D’autres, absent.e.s ce soir lĂ , savent tout aussi bien quel groupe politique nous sommes, connaissent nos membres, pour certain.e.s mĂȘme notre lieu de rĂ©union, identifient nos logos, connaissent bien Ă©videmment nos engagements et disposent de nos contacts (tĂ©lĂ©phoniques, facebook, mail…).

Ce dédain, cette provocation, cette insulte sexiste ne pouvait demeurer sans réponse de notre part.

Or en mĂ©moire de notre camarade ClĂ©ment et par respect envers sa famille, il Ă©tait bien sĂ»r inconcevable d’agir sur le terrain contre cet Ă©vĂ©nement. Nous ne pouvions donc qu’écrire ce communiquĂ© afin de dĂ©noncer l’intolĂ©rable sexisme dont les organisat.eur.rice.s ont fait preuve Ă  cette occasion.

D’autre part, iels ont en parallĂšle fait le choix d’inviter certaines organisations composĂ©es d’agresseur.euse.s transphobes et putophobes, pourtant dĂ©jĂ  exclu.e.s par le passĂ©. Pour info, ces faits remontent Ă  la Pride de Nuit 2017 (mais ça ne se pardonne pas plus que ça ne s’oublie ! ).

Pourtant, l’UAT savait qu’en invitant ces agresseur.euse.s Ă  cet Ă©vĂ©nement en la mĂ©moire de notre camarade, elle en excluait par la mĂȘme les victimes de ces agressions, interdites de fait de participer Ă  cette manifestation, les contraignant en cas de prĂ©sence Ă  faire face Ă  ces violent.e.s transphobes et putophobes.

Instrumentaliser la mort d’un camarade, en rĂ©cupĂ©rant l’hommage annuel qui lui est fait, manipulant ainsi le milieu militant local de sorte Ă  le diviser, en ostracisant volontairement une organisation fĂ©ministe antifasciste radicale et intersectionnelle, est proprement scandaleux et pour le moins honteux !

Ce comportement minable et sexiste n’est en aucun cas digne de notre mouvement.

Nous, Wonder Sisters, dĂ©nonçons cette tentative d’éviction injustifiĂ©e, usant de ce stratagĂšme mĂ©prisant de façon Ă  nous exclure et comme toujours Ă  nous invisibiliser.

Or c’est pour lutter face Ă  ce genre d’attitude, encore prĂ©sente dans le milieu militant et antifasciste, que notre organisation a vu le jour et prĂ©voit de continuer Ă  combattre. En consĂ©quence nous refusons, aujourd’hui comme demain, d’ĂȘtre associĂ©es Ă  d’autres groupes ou orgas qui accepteraient des comportements que nous n’excusons pas et que nous ne tolĂ©rerons jamais.

Aux responsables : plutĂŽt que d’user de stratĂ©gies de communication afin de se justifier Ă  la maniĂšre d’un.e vieux.elles politicien.ne.s pris.e.s la main dans le sac, commencez par vous remettre en question, faites votre auto-critique, ainsi vous montreriez un peu de considĂ©ration envers celles victimes de votre sexisme ! C’est quand on pense avoir tout dĂ©construit qu’il est grand temps de commencer…

Pour que ces comportements cessent et ne soient plus jamais banalisĂ©s ici comme ailleurs, soyons solidaires !

FiĂšres, vĂ©nĂšres, pas prĂȘtes Ă  se taire !

Les W.S. en colĂšre.




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