Mai 25, 2022
Par Indymedia Lille
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Encore un assassinat de la BAC !

√Ä Sevran, ce 26 mars 2022, un jeune p√®re de 32 ans, Jean Paul, a √©t√© tu√© par balle, par un agent de la BAC. √Ä un feu rouge, Jean-Paul est alors contr√īl√© par l‚Äôun des agents de la BAC qui descend du v√©hicule pour l‚Äôappr√©hender. L‚Äôagent de la BAC fait usage de son arme et l‚Äôutilitaire de la victime percute des v√©hicules gar√©s dans la rue. L‚Äôhomme de 32 ans succombera √† ses blessures apr√®s avoir √©t√© transport√© √† l‚Äôh√īpital.

Pr√©sent√© par les m√©dias aux ordres des services de police comme ¬ę connu des services de police ¬Ľ, interpell√© ¬ę apr√®s le vol d‚Äôune camionnette ¬Ľ, les faits se r√©v√®lent pourtant bien diff√©rents d‚Äôapr√®s les t√©moignages des habitant-e-s :

  • le p√®re de famille aurait/avait d√©cid√© de ne pas remettre √† son employeur la camionnette de livraison, avec laquelle il travaillait chaque jour, en raison du non-versement de son salaire. Ce n‚Äô√©tait donc pas un vol, mais l‚Äôaction de r√©sistance d‚Äôun travailleur qui veut r√©cup√©rer son du l√©gitime.

Le fonctionnaire policier qui a tu√© Jean-Paul a √©t√© plac√© en garde √† vue, il serait poursuivi du chef d‚Äôinculpation de violences volontaires ayant entra√ģn√© la mort sans intention de la donner, avec circonstance aggravante de sa qualit√© d‚Äôagent d√©positaire de l‚Äôautorit√© publique avec une arme. Mais, tout peut changer, on est dans une p√©riode √©lectorale, il ne faudrait pas que les banlieues s‚Äôembrasent. M√™me si le parquet de Bobigny poursuit, il faut rappeler que celui-ci d√©pend hi√©rarchiquement du Minist√®re de la justice et en cas de chantage des syndicats policiers qui pourraient manifester sir√®ne hurlante pour contester cette mise en examen, on pourrait conna√ģtre un revirement de situation.

Cette affaire se r√©p√®te depuis des d√©cennies dans les banlieues ! Les policier-e-s sortent de plus en plus leurs armes et tuent. Cinq nuits de r√©voltes dans le quartier des Beaudottes s‚Äôen sont suivies. Car l‚Äôhistoire est t√™tue et nous ne savons que trop comment les crimes policiers sont absous. Les m√©dias salissent, la justice couvre. Derri√®re les images de voitures brul√©es, c‚Äôest tout un quartier qui pleure la mort d‚Äôun proche, et qui doit faire face aux m√™me r√©cup√©rations politiciennes en pleine campagne √©lectorale.

√Čvidemment, les m√©dias passeront plus de temps √† √©voquer des d√©gradations d‚Äôordre mat√©riel qu‚Äô√† se pencher sur les causes des r√©voltes : des quartiers abandonn√©s ; des √©coles, des transports, des services de sant√© d√©grad√©s, des logements chers et mal entretenus par les bailleurs, du travail rare et surexploit√© et pour couronner le tout des brigades polici√®res sp√©ciales sur-arm√©es violentes et haineuses.

M√™me si le v√©hicule avait √©t√© vol√©, ce qui n‚Äôest pas le cas, en l‚Äô√©tat il s‚Äôagit davantage d‚Äôune r√©quisition, est-ce un motif pour abattre quelqu‚Äôun ?

La peine de mort est théoriquement abolie en France, mais elle est rétablie sommairement par les flics en toute impunité.

C’est pour ces raisons que les habitants du quartier évoquent, à juste titre, un assassinat.

La loi du 28 février 2017, relative à la sécurité publique, votée sous le gouvernement de François Hollande et de son ministre Manuel Valls, est venue aggraver l’usage par les forces de l’ordre de leurs armes à feu. Le refus d’obtempérer peut se solder par la mort. C’est un véritable permis de tuer qui a été légalisé et qui endeuille aujourd’hui la ville de Sevran et tant d’autres avant elle.

Depuis 2017, il y a une nette augmentation de l’usage des armes à feu par les policier-e-s dans les cas de refus d’obtempérer, dans la majorité des cas, il s’agit de personnes qui ne se sont pas arrêtées soit pour un défaut de permis ou par peur de la police.

A suivre !





Source: Lille.indymedia.org