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Retour en douce du service militaire et du contrôle de la jeunesse, le Service national universel est le nouveau moyen d’embrigadement qu’à trouvé l’État. Entre fausses promesses et vrai gâchis, les jeunes n’ont pas besoin de cette mascarade pour s’engager dans la société.

Une nouvelle expérimentation du Service national universel (SNU) voulu par le gouvernement Macron a eu lieu cet été. Elle s’inscrit dans l’objectif de le généraliser et de le rendre obligatoire d’ici 2026, ce qui concernerait 800 000 jeunes. Mais le SNU, c’est quoi  ?

C’est le retour du service militaire  ! Un service militaire déguisé, déguisé en un « séjour de cohésion », une « mission d’intérêt général » et un « engagement volontaire ».

Rayane, jeune syndicaliste lycéen de la Marne ayant effectué son séjour de cohésion de deux semaines à l’été 2021, témoigne que les activités étaient exclusivement en rapport avec l’armée ou les services en uniforme. Il déplore peu de cohésion durant ce séjour et évoque le racisme primaire dont il a été victime.

Rayane appuie particulièrement sur le côté « bourrage de crâne ». La mission d’intérêt général, elle, est un service civique qui ne porte pas son nom et sans indemnité. Encore la casse du code du travail. Les jeunes doivent bosser dans des structures associatives, collectivités… sur des postes parfois équivalents à un emploi réel et avec des horaires dépassant sans souci les 35h, et ce quasi sans suivi de la part des encadrants du SNU.

Parlons-en des encadrants du SNU  ; majoritairement issus du corps enseignant, ils dénoncent un manque de formation et leur rémunération est variable d’une région à l’autre. Encore mieux, beaucoup d’entre eux dénoncent des retards concernant leur rémunération et ils évoquent une « compensation symbolique ».

Qu’en est-il de l’émancipation des jeunes tant prônée par ce gouvernement dans sa propagande démagogique au travers de vidéos YouTube avec tout type d’influenceurs  ?


Derrière les promesses d’émancipation, les jeunes n’ont accès, lors du SNU, à aucune autre vision que celle de l’armée et de l’engagement au sein des dispositifs étatiques.

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Il n’en est rien, car les jeunes n’ont aucune autre vision que celle de l’armée et de l’engagement au sein des dispositifs étatiques lors du SNU. Pourtant la jeunesse a démontré ces dernières années sa capacité à s’engager par elle-même, sa capacité à prendre conscience de ses intérêts et de sa capacité à s’organiser collectivement pour les défendre.

Les six milliards d’euros investis chaque année dans le SNU pourraient permettre la création de postes de profs, la rénovation de nombreux bâtiments ou encore l’achat de matériel de base.

Le SNU vient pointer les défaillances de l’école en matière de mixité sociale et d’inclusion. Ces défaillances sont le résultat d’une casse méthodique du service public de l’éducation nationale par les gouvernements libéraux successifs.

Le SNU apparaît comme seule solution avec un programme de contrôle et d’encadrement de la jeunesse qui tend uniquement à banaliser l’armée et qui ne propose en réalité qu’un stage d’observation aux métiers de la guerre.

Nous n’avons pas besoin de l’État pour nous engager. Nous le faisons déjà  : pour la protection de la planète, le partage des richesses, le droit d’étudier, d’avoir un logement décent mais aussi contre le racisme, le sexisme et toutes formes de discriminations.

Au contraire, le gouvernement nous réprime et tente d’écarter nos revendications qui le dérangent en nous imposant un engagement nationaliste et dépolitisé qui sert les intérêts de la classe dirigeante.

Continuons de nous engager, pour une société plus juste et contre le SNU  ! Pour cela, investissons la campagne unitaire contre le SNU, impulsons des collectifs locaux de luttes, mobilisons-nous largement via nos syndicats lycéens, étudiants et construisons la convergence avec les organisations de parents d’élèves, de personnels de l’éducation, de la jeunesse et des sports.

Nathan, syndicaliste lycéen au MNL & la commission jeunesse de l’UCL.




Source: Unioncommunistelibertaire.org