FĂ©vrier 6, 2020
Par La Rotative (Tours)
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Plusieurs centaines de personnels techniques et pĂ©dagogiques de la Jeunesse et des Sports (400 conseillers d’éducation populaire et de jeunesse, prĂšs de 600 conseillers d’animation sportive, mais aussi des cadres techniques sportifs), la totalitĂ© des membres de l’inspection, sont exposĂ©es Ă  ce qui s’apparente Ă  une rĂ©quisition pour mettre en Ɠuvre le service national universel (SNU).

Les personnels techniques relĂšvent tous d’un statut assimilĂ© aux enseignants. Tous sont exposĂ©s aux sanctions de tous ordres en cas de refus d’apporter leur concours Ă  un dispositif contraire Ă  leurs dĂ©marches professionnelles, Ă  leur vocation Ă©ducative, ignorant jusqu’à leurs spĂ©cificitĂ©s statutaires.

Le SNU, dĂšs sa phase d’internat, relĂšve d’un ensemble conceptuel apparentĂ© aux principes de vie et d’organisation en caserne, selon des modalitĂ©s directement hĂ©ritĂ©es de filiations au soldat.

La didactique officielle affirmĂ©e au sein du SNU est en opposition avec nos approches du sens Ă  donner Ă  l’engagement, de ce qu’est rĂ©ellement la conscience critique ; la pĂ©dagogie, observĂ©e dans certains territoires expĂ©rimentateurs est imposĂ©e en cohortes. Elle n’est pas adaptĂ©e aux jeunes, elle place les personnels Jeunesse et Sports en contradiction profonde avec leurs statuts, leurs dĂ©marches professionnelles et missions – au sens noble du terme – au sein du service public.

De nombreux collĂšgues Ă©voquent l’idĂ©e d’utiliser une clause de conscience. Des pressions et menaces s’exercent dĂ©sormais directement dans les services. Elles visent les cadres techniques et les membres de l’inspection qui ne font rien d’autre qu’affirmer la haute conscience de leurs mĂ©tiers inscrits dans une longue filiation Ă©ducative en prolongement de l’Ecole.

Si le gouvernement a vraiment pour intention d’agir pour la citoyennetĂ© il doit s’atteler Ă  dĂ©finir – dans une concertation authentique – un tout autre moment qui soit d’ouverture avec les « jeunesses Â», leur offrir d’autres expĂ©rimentations non dĂ©connectĂ©es des fondamentaux qui relĂšvent tout autant de la mission Ă©ducative formelle que de l’éducation laĂŻque proposĂ©e dans son prolongement. Si un parcours citoyen doit ĂȘtre pensĂ© pour les jeunes, sa mise en Ɠuvre doit ĂȘtre soigneusement construite et dĂ©libĂ©rĂ©e. La gĂ©nĂ©ralisation du SNU – par notre expĂ©rience de terrain – prĂ©sente des aspects prĂ©visibles contreproductifs. Nous, organisations syndicales signataires, soutiendrons nos collĂšgues qui, au nom de leur conscience professionnelle, n’ignorant en rien les droits et devoirs dans la fonction publique ne veulent pas se voir imposer leur concours Ă  un dispositif qui par ailleurs dĂ©tourne le code de la famille et de l’action sociale, s’apprĂȘte Ă  imposer une forme abusive d’internat Ă  des mineurs qui ne l’ont pas choisi.

Nous rĂ©clamons la suspension du dĂ©ploiement du SNU. Nous demandons un vĂ©ritable parcours citoyen, Ă  partir des principes de l’éducation permanente et des pĂ©dagogies actives, et afin de concevoir un moment Ă©ducatif dans le prolongement de l’Ecole, servant rĂ©ellement son ouverture, prolongeant les apprentissages et contenus, traitant autrement les thĂ©matiques choisies, dans un cadre rĂ©ellement Ă©ducatif. Tout est Ă  reprendre, en particulier dans ce qui justifie la crĂ©ation du corps des conseillers d’éducation populaire et de jeunesse et leurs mobilisations professionnelles en faveur des efforts de l’humanitĂ© pour comprendre et agir sur la mondialisation, le changement climatique et ses consĂ©quences, les rapports femmes/hommes et plus gĂ©nĂ©ralement sur ce qui relĂšve constitutionnellement des droits de l’HumanitĂ©.

L’intersyndicale EPA-FSU, SNAPS-UNSA, SEP-UNSA, SNPJS-CGT, 21 janvier 2020




Source: Larotative.info