En cette période de confinement, il convient de prendre le temps d’argumenter en faveur d’un abandon immédiat du Service National Universel (SNU). En effet, alors que des murmures annoncent un décalage du « stage de cohésion » SNU (phase 1) aux vacances de la Toussaint du fait de la crise sanitaire, nous demandons l’abandon ferme et définitif de ce dispositif coercitif et (ré)éducatif pour de nombreuses raisons.

Victoire, la Jeunesse n’en veut pas !

Malgré toutes les tentatives médiatiques de la part des membres du gouvernement, un fait s’impose à toutes et tous, la jeunesse rejette massivement ce dispositif à la coloration militaire et au patriotisme exacerbé. Après plusieurs mois d’intense propagande dans les médias, dans les établissements scolaires ou dans la presse généraliste, le gouvernement n’a dévoilé aucun chiffre officiel sur l’état du recrutement de la « promotion 2020 » du SNU. C’est tout dire.

S’il est vrai, que la période de recrutement du SNU qui devait se terminer le 04 avril a été un brin perturbée ces trois dernières semaines, il convient de s’arrêter sur le chiffre qui circule au sein de la MPSNU (la « mission nationale » en charge de cette horreur) et des couloirs de « Jeunesse et Sports ». Avant la généralisation de la propagation du coronavirus, il y avait aux alentours de 8000 inscrit.e.s pour lesquels.les, à cette heure, nous ne connaissons pas leur qualité (âge, catégorie sociale, zone géographique, etc). Ce chiffre est le révélateur du rejet de la jeunesse !

Si nous nous permettons d’affirmer cela, c’est que le nombre de 8000 personnes correspond à moins d’un tiers des effectifs visés (25 000 jeunes en 2020) et qu’il ne représente surtout que 1% du public cible de 800 000 personnes pour quand le dispositif sera soi-disant obligatoire dans 3, 4 ou 5 ans ! Nous sommes loin d’une adhésion massive aux valeurs d’endoctrinement portées par le SNU. Malgré tout cela, voilà que la lubie idéologique du candidat Macron que représente le SNU se retrouve même aujourd’hui dans le Rapport Thiriez sur la transformation de l’ENA. Dans ce rapport, il est préconisé que les « énarques en formation » devront participer à l’encadrement du SNU. Là encore, nous voyons bien à quel point cette société libérale souhaite se reposer sur une militarisation des corps et des esprits.

Ces chiffres ne font que renforcer les propos que nous tenons depuis des mois à l’encontre du SNU et de sa non-adhésion dans les rangs de la Jeunesse. Badinons-nous.

Néanmoins, alors que nous pouvions imaginer que le gouvernement se saisisse habilement de la crise sanitaire liée au coronavirus pour abandonner un projet rejeté et au coût faramineux (qui devrait vraisemblablement coûter lors de sa généralisation entre 3 et 5 milliards d’euros par an), nous découvrons qu’il fait tout l’inverse, pour le moment. Tout d’abord, « les inscriptions pour le SNU 2020 sont prolongées », mais aussi qu’en « raison de l’épidémie de COVID-19, les modalités d’exécution du service national universel en 2020 vont être amenées à évoluer pour permettre à chaque jeune de s’engager au service de la collectivité, notamment en vue de la sortie de crise ». Nous revenons donc aux propos évoqués dans l’introduction énonçant un décalage du stage SNU aux vacances de la Toussaint et la mise en œuvre de la phase de mission d’intérêt général dès le mois de juin « en vue de la sortie de crise »… Cette crise, parlons-en.

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Article publié le 09 Avr 2020 sur Rebellyon.info