Pourquoi une semaine antifasciste à Nanterre ?

Voter Macron pour faire barrage à l’extrême droite a été le credo de la campagne présidentielle de 2017. Pourtant sur les universités comme dans la société, nous assistons à une explosion des discours racistes et xénophobes. La seule solution du système Macron suite à la crise des Gilets jaunes est de relancer un débat sur l’immigration, sur lequel tous les médias semblent consensuels sur l’ennemi intérieur : l’immigré, le clandestin, l’intégriste, qui profiterait des aides ou volerait nos emplois. Non contents de laisser un faux débat s’installer, ceux-ci vont même jusqu’à inviter Éric Zemmour et le laissent cracher des propos à rendre jalouse la France de 1941.

L’université n’est pas un îlot isolé de la société, des échos nauséabonds se font entendre dans nos lieux d’études. À Nanterre le 16 octobre, La Cocarde agresse un militant de l’UNEF. Le 17 octobre, 40 militants de La Cocarde viennent à l’université armés avec des bombes lacrymogènes et des matraques. De nombreux étudiants et professeurs parviennent à les empêcher de rentrer, les fascistes doivent se cacher derrière les CRS, mais deux professeurs de sociologie sont frappés, un personnel administratif a le nez cassé et de nombreux étudiants sont blessés. Le soir du 4 novembre pour la rentrée, un groupe — Les Zouaves Paris — lynche un étudiant en se revendiquant « contre le gauchisme culturel ». Les faits parlent, l’extrême droite malgré son discours lisse et ses vidéos proprettes frappe et mène une campagne d’intimidation contre ses opposants.

Avoir des outils intellectuels pour lutter

Après de nombreuses victoires dans la rue, nous souhaitons continuer la lutte sur le terrain des idées. La semaine antifasciste a pour but de donner des outils intellectuels et des pistes de réflexion permettant de répondre aux idées reçues qui polluent l’ensemble du discours médiatique. Il est aujourd’hui fondamental de savoir d’où proviennent ces idées et qui s’oppose réellement à elles. Nous le réaffirmons, l’islamophobie et la xénophobie sont autant de voiles qui servent à masquer la misère sociale grandissante. Ce ne sont pas les Maghrébins qui sont responsables des crises économiques et du chômage ; la fierté d’être blanc ou la préservation de « la pureté » de la culture franco-européenne largement fantasmée ne rempliront pas nos assiettes.

Cinq thématiques pluridisciplinaires alliées avec une pratique de terrain

Lundi – Antifascisme

17h projection de Nous vengerons nos pères de Florence Joshua

+Conférence-débat menée par l’Action antifasciste Paris-banlieue

Mardi – Extrême droite

17h30 Décryptage du site de La Cocarde

+ projection du documentaire Generation Hate avec le collectif La Horde

Mercredi – Racisme/police

12h30 : « La Démographie contre l’obscurantisme », Julie Pannetier

17h30 : collectif des jeunes Mantois, collectif des Mères solidaires

Jeudi – Intersectionnalité

17h30 : Conférence « Intersectionnalité et antifascisme », Alexandra Oeser

+ intervention sur les intersections d’oppression, Venus Liuzzo

+ Conférence sur le fémo-nationalisme par le COFIN

Vendredi – Islamophobie

12h30 : Conférence par Ugo Palheta la possibilité du fascisme

17h30 : Conférence du collectif NTA Rajel


Article publié le 15 Nov 2019 sur Paris-luttes.info