Janvier 25, 2023
Par Le Poing
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Le Haut Conseil pour l’Egalité vient de publier son rapport 2023 sur l’état du sexisme en France. Le situation, notamment en matières de violences sexistes et sexuelles, reste préoccupante. La pente serait même plutôt à une aggravation…

Le nouveau rapport 2023 du Haut Conseil pour l’Egalité est plutôt pessimiste quant à l’aggravation des violences sexistes et sexuelles en France. Alors même que, selon le rapport, 86% des françaises et français ont conscience qu’il existe une forte inégalité de traitement entre hommes et femmes, le nombre de violences sexistes et sexuelles enregistré en 2022 est plutôt à l’augmentation. Avec des indicateurs inquiétants chez les jeunes.

D’après une étude menée auprès de 2500 personnes sélectionnées pour former un panel représentatif de la société française, 37% des femmes déclarent avoir subi une situation de non consentement dans leur vie sexuelle. Là où seulement 12% des hommes avouent s’être rendus coupables de viol : un signe important du manque de sensibilisation masculine aux questions des violences de genre selon le Haut Conseil pour l’Egalité. Le ministère de l’Intérieur déclare quant à lui avoir enregistré une hausse de 20% des plaintes pour violences sexuelles entre 2021 et 2022. Un simple effet d’une libération de la parole, consécutif à la vague Me Too et aux mobilisations de rue historiques des féministes en 2019 ? Pas sûr…

Si les jeunes femmes sont, entre 18 et 25 ans, les plus atteintes par les violences sexuelles, la génération masculine des 18-35 ans semble elle particulièrement touchée par un renouveau des violences sexistes. 25% d’entre eux pensent ainsi qu’il peut être légitime d’être violent avec sa compagne pour se faire respecter. 16% pensent qu’une fille ou une femme peut être responsable de son aggression sexuelle.

Pour ce qui est de la jeunesse étudiante, le syndicat UNEF avance une grande insuffisance des budgets alloués à la lutte contre les violences sexuelles et sexistes : l’équivalent d’un euro par étudiant sur une année scolaire en France. De quoi mener des campagnes d’affichage dans les campus. Certainement pas de quoi organiser des ateliers pratiques avec les jeunes.

Un avis qui recoupe les préconisations du rapport du Haut Conseil à l’Egalité, qui insiste sur la loi sur la sécurité sexuelle et affective, adoptée mais toujours pas appliquée, sur les financements nécessaires à l’action publique en matière de violences faites aux femmes, et sur la formation des professionnels mis au contact de femmes aggressées ou confrontées à des violences conjugales (travailleurs sociaux, psychologues, policiers et gendarmes).

Sur ce dernier point, le collectif Nous Toutes avait diligenté une enquête sur la réception des plaintes de femmes pour violences de genre, achevé quelques mois après la vague de témoignages publiés sous le label «Double Peine». Laquelle faisait état, malgré quelques améliorations sensibles, d’une situation toujours aussi préoccupante pour ce qui est de l’acceuil réservé par les forces de l’ordre aux femmes victimes de violences de genre. Manque de formation ou de volonté des agents pour orienter les entretiens vers quelque chose qui donnerait suffisamment de matière pour une enquête, culpabilisations diverses et moqueries, refus insistant de prendre des plaintes au profit d’innofensives mains courantes : ce n’est pas pour rien que 10% seulement des victimes portent plainte, pour 1% de condamnations finales…

Pour lire l’intégralité du rapport du Haut Conseil à l’Egalité, c’est par là !




Source: Lepoing.net