Décembre 3, 2020
Par Fédération Anarchiste Belgique
172 visites


Sécurité globale : au-delà de l’article 24 – Ici et maintenant

Sécurité globale : au-delà de l’article 24



Rédigé par ici et maintenant

03 décembre 2020

Aucun commentaire


Par solidarité avec nos compagnons et compagnonnes de France, mobilisées contre la Loi Sécurité Globale, le groupe Ici & Maintenant relaye le dernier communiqué des Relations extérieures de la Fédération Anarchiste. Ne nous y trompons pas. Ce qui se passe en France est aussi notre lutte, car des enjeux similaires se jouent sur le territoire de la Belgique. Nous aussi, nous affirmons : c’est tout le climat sécuritaire et policier qui se met en place qu’il faut abattre !

[Communiqué
des Relations extérieures de la Fédération
anarchiste]

Les
mobilisations contre la « loi de sécurité globale
» montent en puissance et nous ne pouvons que nous en réjouir.
Néanmoins, se focaliser sur le seul article 24, le fameux qui
tend à rendre plus difficile la diffusion d’images
d’exactions policières, ne suffit pas.

C’est
l’ensemble de la loi qu’il faut abroger !

Celle-ci
permet d’entériner des moyens au départ «
exceptionnels » pour les faire devenir « courants ».
Comme d’autres lois, celle-ci veut faire de l’état
« d’exception » une « exception permanente ».

En
offrant encore plus de moyens techniques et technologiques de
coercition, la « loi sécurité globale »
facilite surtout la voie à un État toujours plus
répressif, où les habitants sont considérés
comme des êtres irresponsables qu’il faut fliquer sans
limite. Un rapport parlementaire de 2010 annonçait déjà
les « solutions innovantes » dont la police doit se doter
: « mini-drones d’observation, vidéoprotection
intelligente, fouille des données sur internet, reconnaissance
faciale, nouvelles technologies de biométrie… ».

Cette
loi ouvre de nouvelles prérogatives aux polices municipales,
démultipliant les possibilités d’arrestations et
d’amendes. Elle permet la création d’une police
municipale à Paris. Elle renforce encore le poids des
entreprises privées de sécurité, privatisant
encore plus certaines actions de police. Elle offre la possibilité
d’utiliser des drones au détriment de la vie privée.

Cette
loi permet l’utilisation en direct des images filmées par les
policiers, notamment lors de manifestations, et d’utiliser la
reconnaissance faciale pour comparaison avec les huit millions de «
personnes surveillées » dont la photo figure dans le
fichier Traitement des Antécédents Judiciaires (TAJ),
criminalisant tout mouvement social.

Cette
loi supprime la possibilité de réductions de peine si
le délit constaté est fait à l’encontre
d’élus, de militaires, d’agents des forces de
l’ordre. C’est la création de facto de «
citoyens au-dessus des autres citoyens ». Policiers et
gendarmes se voient autorisés à porter leurs armes dans
n’importe quel lieu, même hors de leurs heures de service
! C’est un permis de tuer permanent !

Preuve
d’une militarisation de l’espace public, cette loi permet
aux militaires de l’opération « Sentinelle »
de pouvoir tirer à vue pour « mettre fin à un
parcours criminel », c’est-à-dire dans les mêmes
dispositions que pour la police. Les affaires récentes et
passées de crimes perpétrés par les forces de
l’ordre démontrent déjà qu’elles
usent et abusent du droit de tirer. Les voilà maintenant
épaulées par les militaires.

C’est
tout l’esprit nauséabond de cette loi qu’il faut
combattre.

C’est
tout le climat sécuritaire et policier qui se met en place
qu’il faut abattre.

Contre
cette loi, contre l’État !

Relations
Extérieures de la Fédération Anarchiste

Le
02 Décembre 2020

Écrire un commentaire

Fil RSS des commentaires de cet article




Source: Ici-et-maintenant.group