Octobre 21, 2020
Par Union Syndicale Solidaires
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Si l’on ne peut que saluer l’investissement des pouvoirs publics dans la tentative de sauvetage de l’usine Bridgestone de Béthune, il n’en reste pas moins que l’on doit rester vigilant sur les solutions à apporter.

La situation est simple : les 850 salariés du fabricant de pneus n’ont pas demandé à perdre leur emploi, ils ne sont en rien responsables de la grossière manoeuvre de l’industriel qui a organisé sciemment le déficit de son site de Béthune ; ils doivent donc conserver leur boulot !

Las, les premières propositions des pouvoirs publics, de l’Etat en particulier, c’est de proposer une production alternative de pneus de gamme différente MAIS avec injection massive d’argent public, MAIS avec suppression au final de la moitié des postes (au nom de la sacro-sainte compétitivité). Quelle belle opération pour Bridgestone ! N’importe quel industriel n’a alors qu’à faire de même : organiser artificiellement le déficit d’un site, annoncer sa fermeture et attendre sagement que les pouvoirs publics viennent à la rescousse avec des montagnes d’argent public et surtout un plan de restructuration (puisque les emplois ne seront pas tous sauvés) que l’industriel lui-même n’aura pas à organiser ! Cet exemple est à peine caricatural !

Les experts du CSE et de l’Etat ont mis en évidence les possibilités de fabrications alternatives aux pneus.

Nous savons pour notre part que le site de Béthune peut fabriquer, pourquoi pas, de la bâche isolante pour les bâtiments. Voilà de quoi utiliser à bon escient l’argent public du plan de relance : sauver des emplois et participer à l’immense effort de rénovation thermique des bâtiments ! Pour SUD Chimie, cet argent, par nature socialisé, ne doit pas générer d’immenses profits privés mais doit rester socialisé.

Et rappelons enfin que ce sont bien les politiques en faveur de la (grande) entreprise menées depuis plus de 30 ans par tous les gouvernements successifs (depuis l’abrogation de l’interdiction administrative de licenciements) qui sont en partie responsables des restructurations industrielles massives de ces dernières années.


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Article publié le 21 octobre 2020




Source: Solidaires.org