Le patronat commence à s’inquiéter de la hausse vertigineuse des demandes de retraits et d’arrêts maladie. Même confiné·e·s ils veulent nous faire tourner la machine économique !

En quoi l’achat d’un livre, d’un DVD, d’un grille-pain, d’un nouveau téléphone portable ou d’une console de jeu est une nécessité vitale ?

Il semblerait que la liberté d’entreprendre et du commerce l’emportent sur le droit à la santé et à la sécurité des travailleurs·euses comme les caissier·e·s, les livreurs·euses…

Le 20 mars l’Assemblée nationale a voté des mesures dérogatoires au droit du travail qui permettent aux patrons d’imposer aux salarié·e·s de prendre des congés, de modifier leurs jours de récupération, de RTT…

Si les librairies – particulièrement les « librairies indépendantes » – sont des lieux essentiels pour la culture, le débat et les échanges, l’enjeu est tout autre pour le ministre et certains patrons de librairies ou de groupement de libraires et pour Amazon et les grandes surfaces culturelles type Fnac, Espace culturel Leclerc, etc. Alors que des centaines de salarié·e·s d’Amazon ont débrayé le 18 mars protestant contre leurs conditions de travail : cadences, absence de mesure d’hygiène, etc. le ministre de l’Économie tout en sermonnant Amazon a évoqué la possible réouverture des librairies puisqu’il est « attaché aux livres » et qu’il ne faudrait pas qu’Amazon récupère l’ensemble du marché.

Pour ce faire, le ministre préconise d’éviter les attroupements et que les client·e·s rentrent un par un et achètent un livre sans le toucher et donc sans le feuilleter, sans parler ou peu ni échanger un conseil avec d’autres lecteurs, lectrices, libraires. La culture selon Bruno Le Maire c’est consomme et ferme ta gueule !

Nul doute que Le Maire arrivera plus facilement à convaincre certains patrons de librairie qui sont déjà dans les starting-blocks plutôt que de contraindre Amazon à fermer ou tout le moins ralentir son activité. Activité dont la vente de livres est devenue au-delà du symbole une goutte d’eau dans son chiffre d’affaires colossal.

Il y a déjà des centaines de milliers de salarié·e·s qui travaillent dans des conditions difficiles souvent sans masque ni autre produits de protection et il faudrait rouvrir des centaines de librairies qui sont fermées depuis le 15 mars et mettre potentiellement en danger des milliers de salarié·e·s supplémentaires sans parler des client·e·s.

En attendant la réouverture dans de bonnes conditions de nos lieux de travail, de retrouver nos collègues et de pouvoir accueillir et conseiller lecteurs et lectrices fidèles ou de passage, rien n’empêche de relire nos livres préférés et/ou oubliés ou de faire des échanges avec nos voisin·e·s (en respectant les consignes bien sûr…) et de partager virtuellement nos coups de cœur ou de colère !

  • Fermeture d’Amazon et des grandes surfaces culturelles Fnac, Espace culturel Leclerc, Cultura… y compris de leurs plateformes logistiques
  • Arrêt de la chaîne du livre sauf travail administratif de suivi des demandes d’aides, d’accompagnement des salarié·e·s
  • Pas de perte de rémunération pour le personnel au chômage partiel ou contraint de garder ses enfants
  • Respect inconditionnel du droit de retrait
  • Pas d’obligation à prendre des congés quand est confiné chez soi
  • Garantie de travailler dans des conditions matérielles et sanitaires optimales pour les professions réquisitionnées ou nécessaires à la lutte contre la pandémie
  • Exigeons des moyens pour l’hôpital public, malmené depuis des années
  • Solidarité avec les personnels soignants et les salarié·e·s des commerces de première nécessité

Marseille, le 20 mars 2020


Article publié le 25 Mar 2020 sur Mars-infos.org