Novembre 27, 2020
Par Paris Luttes
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Ce samedi 28 novembre aura lieu une nouvelle manifestation contre cette cauchemardesque loi « Sécurité Globale », qui scellerait le basculement de notre société dans un régime purement autoritaire. Dans le silence, et comme si de rien n’était.

Samedi dernier, le 21 novembre, 10 à 15 000 personnes se sont réunies sur la place du Trocadéro. La place était noire de monde. Elle était surtout complètement nassée et cernée de barrières anti-émeutes.

Il faut regarder la vérité en face. Oui, nous étions heureux d’être aussi nombreu.x.ses Quelque chose s’est passé qui nous a sorti de la léthargie que nous connaissions depuis le confinement de mars. Quelque chose semble de nouveau possible.

Mais nous sommes aussi terriblement impuissants, et de plus en plus. Ce samedi 21 novembre, nous en étions réduits à nous regarder nous-mêmes, à mettre en scène notre révolte, chantant toujours les mêmes slogans, réduits à piétiner et faire des tours de place dans le froid. Beaucoup de manifestant.e.s sont ressortis frustrés de cette expérience.

C’est grave car notre mobilisation est inoffensive. Et nous l’acceptons, incapables de réagir. Nous aurions pu être 50 000 ou 100 000 dans cette configuration, peu importe, la loi passerait quand même comme une lettre à la poste, au prix d’une petite semaine de polémique dans les médias.

C’est grave aussi car nous ne faisons qu’acte de présence. Nous ne vivons pas un moment assez fort pour nous encourager à revenir, à lutter, et à croire qu’un changement est possible.

C’est un peu comme si nous faisions un simple baroud d’honneur, quelque chose qui nous permette de nous dire dans dix ans : « Ah au moins nous étions là, nous faisions partie des quelques-uns qui ont dit non. Cela n’a pas suffi mais nous étions là ».

A tous ceux que cette loi révolte, que ce monde révolte, il faut à tout prix en finir avec cet esprit de défaite !

Pour ce samedi 28 novembre, la coordination Stop Loi Sécurité Globale a déclaré une manifestation en mouvement de République à Bastille. Cette manifestation a été interdite par la préfecture, « pour des raisons sanitaires ». La préfecture propose en échange un rassemblement statique à République. Une vaste blague, qui montre à quel point un tel rassemblement statique arrange les pouvoirs publics. Facile à contrôler, facile à étouffer…

A quoi ressemblera le rassemblement de samedi ? C’est cousu de fil blanc. Beaucoup de monde, encore plus de police, quelques chants, un petit coup de canon à eau le soir. Et tous à la maison : ça tombe bien, ce sera l’heure de l’apéro. Il faut faire en sorte que ce scénario ne s’écrive pas !

Nous sommes nombreu.x.ses à être conscients de cela. Mais le moment venu, nous nous confrontons à notre absence d’organisation, et à l’absence d’alternative. Nous crions « manif’ sauvage » alors même qu’une armée de policiers nous enferme de tous côtés. Nous nous énervons, nous pestons, mais la vérité est que le piège s’est depuis longtemps refermé sur nous.

Pour éviter cela, nous voudrions faire quelques propositions très concrètes.

1) Refuser de rentrer dans la nasse.

Restons autour de la place de la République. N’y allons pas en métro, car à ce stade-là, il sera déjà impossible de sortir.

Puis, pendant la journée, multiplions les fronts.

2) 15h – Rdv autour des Halles, quartier très difficile à contrôler, et dans lequel il est facile de se mêler à la foule.

3) 17h – Rdv aux Champs Élysées, pour faire monter la mobilisation d’un cran.

Oui les Champs, pourquoi pas ? Qu’a-t-on à perdre à être ambitieux ? Est-ce c’est pire que de se rendre sans combattre ?

Bien sûr, il serait encore mieux de pouvoir se fixer des lieux au dernier moment. Mais l’expérience montre que c’ est très compliqué de faire circuler largement ce genre de mots d’ordre.

Bien sûr, il y a des chances pour que cette tactique ne marche pas. Mais c’est possible qu’elle fonctionne, et c’est là-dessus qu’il faut compter. Cela dépendra du monde, du niveau de détermination, de la spontanéité des gens. Quoiqu’il en soit, il faut essayer ! Au pire, la journée sera tout de même plus difficile à contrôler pour les forces de l’ordre.

Une « bonne nouvelle » : à partir de samedi, les nouvelles mesures sanitaires autorisent le déplacement pour 3 heures et à 20 kilomètres autour de son domicile. Plus besoin donc d’une attestation spéciale manifestation. Mieux vaut remplir une attestation promenade, qui permettra aux Franciliens de circuler dans tout Paris sans être directement identifiés comme manifestants.

Afin de permettre une journée combative samedi, nous demandons à tous ceux qui refusent la dérive autoritaire de relayer ces informations, de faire circuler ces pistes, d’avoir en tête ces autres lieux de rassemblement, et surtout, surtout, de refuser de rentrer dans la nasse.

A samedi ! Qui vivra verra.




Source: Paris-luttes.info