Mai 20, 2019
Par Le Monde Libertaire
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Salut Nilda
Merde, le cƓur que tu avais si grand a fini par lĂącher. Et tu nous laisses lĂ , sans ta voix et ta sensibilitĂ©, un peu seuls malgrĂ© tout, malgrĂ© toi.
Toi l’homme de l’art, de la chanson, du texte, de la musique. Toi l’indomptĂ©, qui appelait il y a dĂ©jĂ  des annĂ©es, bien avant d’autres, les artistes Ă  se passer des maisons de disques et autres programmateurs pour ĂȘtre, vivre et offrir. L’autoproduction comme continuitĂ© de la libertĂ© de ton art, de ta vie.
Je n’oublie pas ta reprise de ce titre qui, quoiqu’on en dise, nous met le frisson, “Les anarchistes” de LĂ©o FerrĂ©. J’ai toujours vu en cette reprise une sorte d’affirmation de ce que tu Ă©tais, plus que de ce que nous sommes. Mais au-delĂ  de ça, ta carriĂšre Ă©tait singuliĂšre, entre Lyon et Barcelone, entre la Russie et les Etats-Unis, comme tu l’as si bien chantĂ©. Tu ouvrais Ă  ceux qui le souhaitait ton univers, flot d’émotions et d’intensitĂ©.
Oui, on ne se connaissait pas vraiment, mais tu Ă©tais de ces gens qui sont “de la famille qu’on se choisit”, mĂȘme une sorte de cousin lointain que l’on admire.
Et je vois lĂ , dans les mĂ©dias “de masse”, aucun hommage Ă  la hauteur de ce que tu Ă©tais. Toi qui avais mĂȘme mis en scĂšne Carmen Ă  l’OpĂ©ra, tout en faisant des tournĂ©es en roulotte. C’est sans doute pour ça qu’ils ne savent pas quoi dire, Ă  part repasser un de tes anciens titres : s’ils savaient parler de la libertĂ©, cela se saurait.
Alors, Nilda, encore une fois, salut. Merci pour tout.

Si l’homme meurt, sa musique reste. J’espĂšre que ceux qui te rangeaient dans la catĂ©gorie “ringard des annĂ©es 80”, sauront avoir la curiositĂ© de te dĂ©couvrir, trop tard malheureusement.




Source: Monde-libertaire.fr