Salut Nilda
Merde, le cœur que tu avais si grand a fini par lâcher. Et tu nous laisses là, sans ta voix et ta sensibilité, un peu seuls malgré tout, malgré toi.
Toi l’homme de l’art, de la chanson, du texte, de la musique. Toi l’indompté, qui appelait il y a déjà des années, bien avant d’autres, les artistes à se passer des maisons de disques et autres programmateurs pour être, vivre et offrir. L’autoproduction comme continuité de la liberté de ton art, de ta vie.
Je n’oublie pas ta reprise de ce titre qui, quoiqu’on en dise, nous met le frisson, « Les anarchistes » de Léo Ferré. J’ai toujours vu en cette reprise une sorte d’affirmation de ce que tu étais, plus que de ce que nous sommes. Mais au-delà de ça, ta carrière était singulière, entre Lyon et Barcelone, entre la Russie et les Etats-Unis, comme tu l’as si bien chanté. Tu ouvrais à ceux qui le souhaitait ton univers, flot d’émotions et d’intensité.
Oui, on ne se connaissait pas vraiment, mais tu étais de ces gens qui sont « de la famille qu’on se choisit », même une sorte de cousin lointain que l’on admire.
Et je vois là, dans les médias « de masse », aucun hommage à la hauteur de ce que tu étais. Toi qui avais même mis en scène Carmen à l’Opéra, tout en faisant des tournées en roulotte. C’est sans doute pour ça qu’ils ne savent pas quoi dire, à part repasser un de tes anciens titres : s’ils savaient parler de la liberté, cela se saurait.
Alors, Nilda, encore une fois, salut. Merci pour tout.

Si l’homme meurt, sa musique reste. J’espère que ceux qui te rangeaient dans la catégorie « ringard des années 80 », sauront avoir la curiosité de te découvrir, trop tard malheureusement.


Article publié le 20 Mai 2019 sur Monde-libertaire.fr