Novembre 1, 2022
Par Le Monde Libertaire
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Lundi 30 octobre, après m’être perdu je parviens enfin à trouver le chemin (carrossable) que les camarades m’avaient indiqué à Ménigoute.

Ménigoute et son festival du film animalier auquel j’assiste à nouveau. J’avais donc décidé de me rendre sur place. Le barrage des cognes est bien celui le plus proche du “camp “. Le soir tombe, et j’arrive après la bataille… On lève le camp. Il reste quelques tentes, quelques camping-cars.

Les camarades me disent qu’il est inutile de revenir le lendemain (le gendarme m’avait déjà dit qu’il n’y avait plus rien…). Il reste encore une construction en bois assez imposante qui me rappelle les châteaux-forts de mon enfance.

Il est magnifique ce château et dans la plaine, il dit fièrement que les “éco-terroristes” ont bien l’intention de poursuivre.

Après un demi-tour devant un barrage de gendarme (merci, ça m’a permis de savoir que j’étais enfin arrivé), une déambulation sur une « piste » et… ce nouveau barrage ; « Votre permis de conduire ! ». “Pourquoi ?”, dis-je à l’agent ? “Parce que vous êtes au volant d’un véhicule… Vous allez où ?” “Bah, au camp !” Et pour quoi faire ? “Bah, pour signer toutes les pétitions !” Consultation des fichiers… Hélico qui passe au-dessus… “Où suis- autorisé à aller ?” demand’-j. “Mais vous pouvez aller où vous voulez” me dit le gendarme ! “Je suis bien content d’entendre cela”, lui dis-je. Échange goguenard de part et d’autre. Je ne me sens à aucun moment menacé. Un peu interloqué comme chaque fois que je contemple le déploiement incroyable de moyens pour défendre l’État et le Capital. Riez pas, c’est avec nos sous !

Un immense réservoir d’eau est en construction, avec des moyens publics pour desservir onze agriculteurs « chimistes ». 720.000 mètres cubes !! (une bâche en plastique de 16 hectares !!) avec une infrastructure de 18 km de canalisations pour approvisionner ces heureux élus ! Le paysan qui accueille le camp, au grand dam de la sous-préfète, ne semble pas faire partie des « abreuvés » …
On manque d’air. Certains pompent de l’air pour respirer et tant pis si cela étouffe les autres. Euh, pardon, il s’agit d’eau ! Moins vitale sûrement. Et il y a des mécontents !!! « Éco-terroristes, va » !

Mercredi, il y aura quelque chose, me dit-on, mais chut ! Je ne suis pas un flic mais je comprends les camarades qui ne me connaissent pas et dont beaucoup ont été gazé.e.s, embastill.é.es samedi. Mieux vaut ne rien laisser passer. Je repars donc, déçu d’avoir raté la manif de samedi mais content de voir que les empêcheurs de capitaliser et polluer en rond n’ont pas l’intention d’en rester là.

J’ai tout de même précisé que, membre du groupe Gaston Couté de la Fédération Anarchiste, je m’efforcerai de placer un petit mot dans notre canard.

Fraternellement,

Christian Chandellier, groupe Gaston Couté




Source: Monde-libertaire.fr