Mars 25, 2023
Par Contre Attaque
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Le gouvernement Macron est prĂȘt Ă  tuer pour un trou en terre battue recouvert de plastique, creusĂ© au milieu d’un champ. Il l’a prouvĂ© une fois de plus ce vendredi 25 mars Ă  Sainte-Soline.


D’un cĂŽtĂ©, il y a la vie. Des dizaines de milliers de personnes venues de toute la France et au-delĂ , de toutes les gĂ©nĂ©rations, de diffĂ©rentes sensibilitĂ©s, unies pour dĂ©fendre un bien commun vital : l’eau. De l’autre, il y a la mort. Une agriculture industrielle gavĂ©e de pesticides. Des bassins artificiels qui privatisent une ressource qui disparaĂźt. Des blindĂ©s. Des milliers de militaires. Des grenades explosives.

Ce samedi, nous avons vu trois cortĂšges, pluriels et intergĂ©nĂ©rationnels, 30.000 personnes de tous les Ăąges dĂ©ambuler dans les champs et les sentiers, avant d’ĂȘtre accueillies Ă  coups de grenades explosives. La gendarmerie avait organisĂ© un champ de tir : 3200 hommes armĂ©s, autour d’une bassine transformĂ©e en forteresse. Des tirs ininterrompus de milliers de munitions sur une foule, Ă©parpillĂ©e sur de vastes espaces plats, de la part gendarmes faisant feu depuis une position surĂ©levĂ©e. Un carnage.

Nous avons senti les blastes terrifiants des grenades GM2L. Des armes de guerre remplies de C4. Une fois, deux fois, puis des centaines de fois nous avons sursautĂ©, en voyant les explosions provoquer des cratĂšres dans les champs, exploser au-dessus de nos tĂȘtes ou dans les corps de nos ami-es.

Nous avons vu un champ de blĂ© transformĂ© en zone de guerre, comme une bataille napolĂ©onienne meurtriĂšre, ou des vagues de personnes tombent sous les tirs au milieu de champs. Sauf qu’ici, un seul camp Ă©tait armĂ©.

Nous avons vu les blindés du pouvoir envoyer à pleine puissance, en tir tendu, des grenades vers la foule.

Nous avons vu des militaires sur des quads, rouler Ă  pleine vitesse en tirant des lacrymogĂšnes et des balles en caoutchouc depuis leurs engins en mouvement.

Nous avons vu un homme avec un drapeau jaune de la confĂ©dĂ©ration paysanne poursuivi le long d’une route par des gendarmes, qui se sont repliĂ©s en tirant.

Nous avons vu quelques véhicules nuisibles partir en fumée, et quelques brÚches dans un dispositif militarisé. Nous avons vu le courage incroyable et beau des manifestant-es.

Nous avons vu un blessĂ© grave qui n’a pas pu ĂȘtre pris en charge pendant plus de 30 minutes car les forces de l’ordre empĂȘchaient le SAMU de passer.

Nous avons vu des corps lacĂ©rĂ©s, des corps inanimĂ©s, des personnes en sang ou traumatisĂ©es. Ce soir, Le Monde parle de «200 manifestants blessĂ©s dont 10 hospitalises et un dans le coma avec pronostic vital engagĂ© et deux personnes dont le pronostic fonctionnel est engagé». Une personne est Ă©borgnĂ©e, d’autres sont touchĂ©es aux yeux et au visage. Le bilan est malheureusement encore provisoire.

Nous avons vu un pouvoir en chute libre, autoritaire et isolĂ©, qui tente de tuer celles et ceux qui dĂ©fendent l’eau, leurs retraites, leur vie. Celles et ceux qui rĂ©sistent.

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Source: Contre-attaque.net