L’arrestation à Jonquière de Luc Hamel pour meurtre à premier degré sur Sandra Fortin, son amie de coeur, a de quoi ébranler toute la communauté. L’homme de 57 ans fréquentait les milieux progressistes et alternatifs de la région et allait jusqu’à se dire proféministe. Pour ma part, je lui avais même parlé lors du récent Cabaret féministe du 8 mars, auquel il avait assisté. L’émoi suite à la nouvelle de l’homicide à amené plusieurs femmes à dénoncer sur les réseaux sociaux le harcèlement commis par l’homme au cours des dernières semaines. Je souhaite par la présente transmettre ma solidarité avec toutes les femmes touchées par cette violence et interpeller les hommes à redoubler leur engagement pour transformer en profondeur les relations en milieu militant et progressiste.
Il est normal que plein de questions surgissent face à des gestes si monstrueux. Comment aurait-on pu déceler les comportements de cet homme plus rapidement? Comment se fait-il qu’un individu aussi dérangé se permette paradoxalement de fréquenter des lieux dans lesquels on célèbre le combat contre l’oppression, qu’il véhicule lui-même avec tant de violence? L’émotion ne doit pas nous faire oublier que nous avons tous et toutes, comme militants radicaux et militantes radicales, la responsabilité de travailler à faire de nos milieux des espaces plus sécuritaires. À chaud, ces événements me font remarquer le besoin criant, dans les milieux progressistes et militants, de réseaux de vigilance et de soutien contre les abus. Encore plus, il est temps ou jamais pour les organisations militantes de réaffirmer leur engagement féministe et proféministe en mettant en place des structures de justice transformative et réparatrice pour répondre plus efficacement aux reproches qui sont adressés à des militants (ou militantes dans des cas beaucoup plus rares). L’horreur de ces événements doit nous rappeler le Poids de l’indifférence et toute la violence qu’il participe de manière très concrète à perpétuer. Jamais plus de tels événements ne doivent survenir, mais si nous ne faisons rien, nous posons un autre clou dans la tombe des belles idées restées lettres mortes.
Pete Kropo