Il faut que tout change pour que rien ne change ! ” 
-Le guépard ,de Giuseppe Tomasi di Lampedusa

      Jean Tremblay a quitté la mairie de Saguenay en octobre 2017. Si l’ancien magistrat n’a pas réussi à installer son dauphin à la mairie, ce dernier n’a  pas pour autant renoncé à influencer la destinée du “royaume”. L’ancien maire de Saguenay et partisan libéral reconnu annonçait récemment son implication à titre de bénévole auprès d’une autre équipe/parti. À l’instar du neveu de ce vieil aristocrate italien qui, dans l’œuvre de  Giuseppe Tomasi di Lampedusa, décide de s’engager dans les troupes du républicain Garibaldi pour influencer ce dernier; Jean Tremblay a choisi de se ranger derrière une formation qui, pour être originale, se réclame aussi du changement; c’est-à-dire la  Coalition avenir Québec (CAQ).


L’ex-maire de Saguenay s’est donc mis au service de cette coalition formée d’ancien.nes libéraux et péquistes opportunistes  afin de trouver un ou une candidate pour ravir le siège de la député péquiste Mireille Jean (depuis 2016).
Pour la petite histoire, Mireille Jean est l’ancienne rivale de Jean Tremblay à la mairie de Saguenay lors de l’élection de 2005. En 2016, lors  de l’élection partielle  dans le comté Chicoutimi, c’est Francyne T. Gobeil, qui a œuvré pendant une douzaine d’années au cabinet du maire Tremblay, qui a été envoyé dans la mêlé pour défendre les couleurs du Parti Libéral du Québec (PLQ). Plus d’un.es verront dans ce bénévolat de Jean Tremblay une manière de terminer la lutte à la fois contre  son ancienne rivale de 2005 et le PLQ. Évidemment, selon le principal intéressé ce changement d’allégeance est d’aucune façon motivé par le fait que les libéraux de Philippe Couillard l’ont laissé tomber lors de son dernier mandat en envoyant l’unité permanente anticorruption (l’UPAC) dans les bureaux de  Promotion Saguenay…
 Un renouveau démocratique, vraiment ?
Après le passage du très conservateur Jean Tremblay à la tête de Saguenay n’importe quelle autre administration aurait apparu comme progressiste. Mais ne nous leurrons pas ! Depuis l’élection de novembre 2017, le seul renouveau autour de la table du conseil municipal c’est les visages. Car, moins d’un an après être entré en fonction, Josée Néron de l’équipe du renouveau démocratique (ERD) a fait plus d’une fois la démonstration que sur le fond rien n’a vraiment changé à Saguenay. Évidemment, son arrivée a entraîné le départ de quelques fonctionnaires proches de l’ancienne administration dont  l’ancien et tout-puissant directeur général de Promotion Saguenay, Ghislain Harvey et l’ancienne  chef de cabinet de Jean Tremblay, Francyne Gobeil. Celle-ci a quitté ses fonctions d’administratrice du Programme de Dons et de Subvention.  Mais comme on dit: plus ça change, plus c’est pareil.  
La candidate de l’ERD vs la mairesse
 Aussitôt arrivée, elle a fait sienne le nouveau branding de quartier des affaires lancé par son prédécesseur pour le centre- ville de Chicoutimi en inaugurant une pléthore de nouveaux stationnements. Et, comme l’a démonter l’inaction de la mairie dans le dossier de l’ancien taudis situé au 734 rue Racine Est, elle est tout aussi sensible que l’ancien régime à la réalité des gens qui habitent  le centre-ville.
Lorsqu’elle était candidate de l’ERD à la mairie, Josée Néron prônait un développement durable.
 Une fois élue, elle et son administration ont facilité le développement de projets extractivistes (GNL Saguenay, BlackRock et Arianne Phosphate ) en injectant des fonds publics dans des études et des installations qui serviront et profiteront au privé.  
 Lorsqu’elle était candidate de l’ERD à la mairie Josée Néron prônait une démocratie participative.
Dernièrement, appelée à commenter un sondage démontrant que la moitié des personnes interrogées aimeraient que le bâtiment sportif (centre George Vézina) demeure sur le site actuel tandis que 13,3% souhaiteraient voir le bâtiment au centre-ville de Chicoutimi, la nouvelle  mairesse de Saguenay déclarait avant même que l’étude soit déposée:
      « Le monde attire le monde. Le fait d’établir une infrastructure comme le nouvel amphithéâtre au centre-ville facilitera l’interaction de la population avant ou après un événement. Les gens veulent pouvoir aller manger, faire des commissions ou encore prendre un verre avant d’aller voir un spectacle et c’est ce qu’on veut leur proposer. »
Et pendant  qu’elle essaie  de nous convaincre  du bien-fondé de l’emplacement d’un centre sportif au centre-ville, les proprios de taudis prospèrent et rien n’est fait pour contrer le manque de logements de qualité et abordable dans ce quartier. À ce qui attrait au dossier du transport, l’offre de service de transport en commun demeure encore insuffisante, mais il ne manquera pas de stationnement  gratuit  au centre-ville. Et pendant qu’à la mairie  on se préoccupe des futurs client.es des restaurants branchés de la rue Racine, le centre-ville demeure toujours un désert alimentaire. Eh non, on ne peut pas considérer Dollorama comme une épicerie.
Il n’aura fallu que quelques mois pour que le mince vernis progressiste craque de partout. Comme l’administration Tremblay avant elle, l’administration Néron est toujours plus disposée à écouter et à servir les intérêts des milieux des affaires qu’à répondre aux préoccupations des habitant.es de cette ville. 
 À Saguenay comme ailleurs, le renouveau démocratique  reste toujours à faire!

Prochainement à Saguenay…


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Source: http://ucl-saguenay.blogspot.com/2018/07/saguenay-pour-qui-travaille-josee-neron.html -