Mardi le 2 juillet dernier, le Conseil de ville de Saguenay a voté une résolution en faveur des projets industrialo-portuaires, et ce, de manière presque unanime. Malgré que tous et toutes sont pour les projets, le conseiller Kevin Armstrong a voté contre la résolution « puisqu’elle est présentée d’une façon à inclure tous les grands projets, ce qui, selon lui, n’est pas adéquat. » [1] Mais bien évidemment il s’empresse ensuite de dire qu’il est pour tous les projets industriels. Et l’autre conseiller et non le moindre, notre Simon-Olivier Côté national, a mieux aimé ne pas se présenter que d’avoir à affronter l’humiliation. Ce dernier est pour tous les projets, mais contre le 3ème port prévu pour Arianne Phosphate. Il veut que la minière revoit ses plans et qu’elle utilise le port de Grande- Anse à la place. Il n’a pas osé affronter toutes les questions des opposant.e.s présent.e.s, ce qui aurait risqué de faire voler en éclat le vernis vert de ce conseiller opportuniste. 

Cette prise de position du Conseil de ville n’a rien d’étonnant. Depuis le début de l’annonce des différents projets industriels dans la région, l’opposition fût inexistante chez les conseillers et conseillères. C’est la suite logique des choses. Les divers paliers de gouvernement pavent la voie pour l’industrie. Le tout agrémenté de plusieurs centaines de millions de dollars en subvention [2]. Ils ouvrent grandes les portes de l’exploitation et de la destruction. Bientôt, il va falloir changer les cartes postales vendus dans les attrapes touristes. Le fjord n’aura plus la même gueule. 
La déification du travail
Quand viennent les promesses de jobs, les politiciens et une bonne partie de la population tombent en émoi. Les gens sont prêts à beaucoup de courbettes pour « des emplois dans la région ». Même si ça ne les concerne pas. Arianne Phosphate promet X emplois, ça va être bon pour la région! Nos jeunes quittent sans cesse le Saguenay! Peu importe si les chiffres restent vagues, si les emplois créés peuvent détruire le milieu de vie des habitant.e.s, tout ce qu’il faut c’est des jobs sans se poser de question.
Il est bien évident que tout cela découle du développement inégale lié au capitalisme où des régions ressources sont créées afin de soutenir le besoin en matières premières du système. Ainsi, des régions complètes dépendent de grandes industries basées ailleurs et l’inquiétude de perdre celles-ci amène les gens vivant sur ce territoire à accepter bien des sacrifices pour garder l’usine en fonction. Pour certains villages, une fermeture d’usine engendra une dévitalisation drastique de la place. Le capitalisme crée ces situations, pas les gens qui ne veulent plus du capitalisme et du désastre écologique qu’il entraîne dans son sillon. Un moment donné, il va bien falloir se poser la question : comment détruire ce lien de dépendance si profond avec le système économique? Tôt ou tard, nous devrons briser cette relation d’exploitation. Pour nous, il s’agit de mettre en place une autre société, créée d’en bas et à gauche. Au lieu d’attendre de l’État qu’il nous verse des grenailles, nous pouvons nous organiser, entre exploité-e-s, en dehors du système bourgeois et ses valeurs. Créer des zones libérées où les idées et pratiques autonomes sont mises en action. Des alternatives au système qui à terme feront office de contre-pouvoirs. Tout cela dans une perspective révolutionnaire et de défense de nos luttes face au bras armé de l’État, la Police.
Notre apport est peut-être minime, mais il sera quand même plus grand que tous les gens bien assis dans leur fauteuil qui critiquent à tour de bras ceux et celles qui essaient de construire un monde plus juste. Les guerriers du clavier et les zombifiés de la télé ne nous affectent pas. 
C’est pour cela que nous continuons à nous organiser pour un centre-ville solidaire et autonome. Le samedi 3 août prochain à partir de 11h30, nous vous invitons à venir construire le mobilier pour le Parc du 19 juillet (au coin des rues Tessier et Jacques-Cartier). Bouffe gratuite, marché gratuit, musique et encore plus! Mettons à l’épreuve Simon-Olivier Côté! Est-ce qu’il va encore une fois laisser les employés de la ville briser le matériel du Parc autogéré construit par des gens du quartier? Ou bien son côté « vert et progressiste » va ressortir et accepter de céder le terrain de façon permanente pour les usages autonomes des gens du quartier?
[2] Un quart de milliard de fond public seulement pour le projet de Métaux BlackRock! Pour financer quoi? Quelques emplois à court terme? Il serait mieux que le gouvernement donne cet argent à la population de Chibougamau pour financer des projets porteurs (et non destructeur) dans leur communauté.

Article publié le 16 Juil 2019 sur Ucl-saguenay.blogspot.com