En 1927, les immigrants italiens Nicola Sacco et Bartolomeo Vanzetti ont été condamnés à mort, puis exécutés au Massachusetts, à l’issue de deux procès biaisés. Ils avaient été accusés du meurtre de deux hommes lors de braquages. Le professeur d’histoire Pierre L’Heureux raconte comment ces deux militants anarchistes, politisés en réaction à une société américaine xénophobe, ont été vus comme des coupables idéaux.

En 1920, la police arrête Nicola Sacco et Bartolomeo Vanzetti à la suite de vols commis à Bridgewater et à South Braintree, au Massachusetts. Les deux militants anarchistes se connaissent depuis une dizaine d’années. Ils ont déjà participé à des actes de terrorisme.

Jugé coupable en 1920 lors du procès sur le vol de Bridgewater, Bartolomeo Vanzetti est accusé avec Nicola Sacco pour le braquage de South Braintree. Webster Thayer, un juge conservateur reconnu pour son manque de stature, préside ce second procès.

Un procès au retentissement international

Sacco et Vazzenti plaident leur innocence. Leur sort a bientôt des échos sur la scène nationale, puis internationale. L’avocat de la défense attire l’attention de groupes de défense des droits et libertés aux États-Unis. Des intellectuels de gauche s’unissent pour appuyer les accusés.

En 1926, alors que Sacco et Vazzenti sont en prison depuis cinq ans, un autre immigrant, Celestino Mederos, confesse être responsable du braquage de South Braintree. Le juge Tayor ne déroge pas et maintient un verdict de culpabilité à l’égard des deux Italiens.

Après de nombreux appels refusés par le juge Thayer, des groupes de gauche et des intellectuels européens débattent publiquement la cause. Ils voient l’affaire Sacco et Vazzenti comme le récit d’une Amérique dominante qui condamne injustement deux pauvres ouvriers.

Deux martyrs de la gauche

À la suite de l’échec de la défense à renverser sa décision, le juge Thayer condamne à mort Sacco et Vazzenti. Malgré un mouvement d’opposition planétaire, leur exécution a lieu en août 1927.

L’injustice dont Sacco et Vazzenti sont victimes fera d’eux des représentants des sans-voix. Leur récit sera transposé au cinéma, en littérature, ainsi qu’en chanson.


Article publié le 22 Fév 2020 sur Demainlegrandsoir.org