Accusés d’avoir organisé des réseaux anarchistes avec l’intention de renverser le pouvoir, Dmitry Pchelintsev, 27 ans, Ilya Shakursky, 23 ans, Andrei Chernov, 26 ans, Maxim Ivankin et Mikhail Kulkov, 24 ans, ont été condamnés respectivement à 18, 16, 14, 13 et 10 années de prison à régime sévère. Vasily Kuksov, 31 ans et Arman Sagynbaev, 26 ans, à 9 et 6 ans de prison à régime général. Un accusé, Alexei Poltavets, vit en exil à Kiev. Il est inculpé par contumace. Ces jeunes fans de paintball vivent dans un pays qui socialise de façon sexiste et fasciste les garçons dans un environnement militarisé ou paramilitaire sont nos compagnons en révolte contre le monde tel qu’il est, tel qu’il va.

« prisonniers politiques »

Ces jeunes militants doivent être considérés comme des « prisonniers politiques » pour l’ONG Memorial.

Pour le FSB, les services secrets russes (ancêtres du KGB), Pchelintsev et Shakursky sont les créateurs de cette organisation anarchiste dite « Réseaux » ou «Le réseau».

« En mai 2015, Pchelintsev aurait décidé d’unir les anarchistes de Penza, Moscou et Saint-Pétersbourg en « groupements tactiques » pour effectuer des attaques contre le gouvernement, les forces de sécurité, les bureaux d’enrôlement militaire et les succursales du parti « Russie unie ». Ils auraient essayé de déstabiliser la situation politique du pays lors des élections présidentielles et de la Coupe du monde pour déclencher une rébellion armée. L’enquête a assuré que les anarchistes de Penza s’entraînaient dans un camp abandonné et dans la forêt, qu’ils s’étaient réparti les rôles de tacticien, d’éclaireur, de sapeur, d’officier de communication et de médecin. »

Le FSB est  soupçonné, même par les plus mous des sociaux-démocrates, d’avoir monté l’affaire de toutes pièces pour manipuler et utiliser devant l’opinion publique (via les médias) un risque sur les pouvoirs et justifier ainsi les répressions sur toute opposition.

Le verdict de cette affaire qui dure depuis trois ans a fait immédiatement réagir, les démocrates, les révolutionnaires, les progressistes, les intellectuel-le-s, l’opposition et toutes les  ONG dénonçant des injustes peines sévères et une justice factice. Les enquêteurs (militaires) ont ainsi fabriqué des preuves, et ont obtenu de fausses confessions sous la torture.

La représentante de Human Rights Watch, Tanya Lokshina, dénonce avec horreur mais impuissance les condamnations prononcées par ce tribunal militaire,  contre sept jeunes militants antifascistes d’extrême gauche :

« C’est un nouvel exemple de l’arbitraire : accusations fabriquées, preuves inventées, aveux forcés sous la violence, lourdes condamnations pour faire peur. Cette affaire doit nous ouvrir les yeux : cela peut arriver à n’importe lequel d’entre nous qui critique le système. C’est la Russie dans laquelle vivent nos jeunes. »

Réactions

Des milliers de personnes, parmi lesquels des opposant-e-s renommés comme les  MoscowAnarkis, Pussy Riot, MoscowDeath s’étaient rassemblées vendredi devant les tribunaux  pour soutenir les prévenus, mais l’énoncé des peines avait été reporté de façon autoritaire. 

Plusieurs centaines de personnes ont été interpellées  pour trouble à l’ordre public lors du rassemblement de soutien devant les tribunaux. Cependant, malgré tous les keufs et l’armée déployée,  des slogans venant de la rue :  « Liberté » , « Poutine facho, Poutine Tyran » ou « la Russie sans Poutine« , ont été audibles depuis la salle du tribunal où se déroulait la lecture du jugement de la dictature Poutine.

Le mot « réseau » apparait comme tag sur de nombreuses surfaces et sur les réseaux sociaux depuis ce jugement et fédère divers opposant-e-s.


Article publié le 13 Fév 2020 sur Nantes.indymedia.org