DĂ©cembre 10, 2020
Par Sans Nom
293 visites


Des policiers auraient pris l’identitĂ© d’enfants morts
Le Matin (Suisse), 7 décembre 2020

C’est un nouveau volet d’une vaste enquĂȘte sur les infiltrations sous couvertures pratiquĂ©es par des policiers britanniques durant des dĂ©cennies: cette fois, quatre familles intentent une action en justice contre la Metropolitan Police (Met) de Londres pour avoir utilisĂ© les identitĂ©s de proches dĂ©cĂ©dĂ©s. La plainte prĂ©tend que la Met «a abusĂ© d’informations personnelles et s’est immiscĂ©e dans leur deuil, leur causant de la dĂ©tresse et nuisant Ă  leur santĂ© mentale», explique le «Guardian».

Ces familles disent avoir Ă©tĂ© «dĂ©vastĂ©es» lorsqu’elles ont appris que des agents sous couverture avaient utilisĂ© le nom d’un jeune proche dĂ©cĂ©dĂ© sans les consulter ni les informer. ConcrĂštement, il s’agissait des identitĂ©s d’un bĂ©bĂ© mort Ă  la naissance, d’un enfant de 5 ans tuĂ© dans un accident d’avion [identitĂ© utilisĂ©e pour infiltrer des groupes antispĂ©cistes], d’un autre lourdement handicapĂ© dĂ©cĂ©dĂ© Ă  6 ans [identitĂ© utilisĂ©e pour infiltrer le Revolutionary Communist party et le groupe anarchiste Class War entre 1989 et 1993] et d’un adolescent qui s’était noyĂ©. Ces quatre dĂ©cĂšs ont eu lieu entre 1968 et 2001.

La tactique de l’identitĂ© «usurpĂ©e» a rĂ©guliĂšrement Ă©tĂ© utilisĂ©e durant plus de trois dĂ©cennies, explique le quotidien britannique. Au moins 42 agents ont crĂ©Ă© de faux personnages basĂ©s sur des enfants dĂ©cĂ©dĂ©s. Ils passaient des heures Ă  parcourir les certificats de dĂ©cĂšs pour dĂ©nicher les meilleurs «candidats» puis obtenaient de faux papiers comme des passeports ou permis de conduire.

Certains, pour rendre leur identitĂ© plus crĂ©dible, se rendaient dans le quartier oĂč l’enfant avait vĂ©cu pour se familiariser avec l’environnement. Ou ils faisaient des recherches sur les proches du petit dĂ©funt pour amĂ©liorer leur couverture. Ces missions sous fausse identitĂ© duraient habituellement quatre ans. Au final, ces identitĂ©s ont servi pour infiltrer des organisations d’extrĂȘme gauche, des associations de dĂ©fense des animaux ou encore des groupes anarchistes ou anticapitalistes.

ContactĂ©e par le «Guardian», la Metropolitan police a dit «enquĂȘter sur les allĂ©gations» et n’ĂȘtre «pas en mesure de commenter davantage pour le moment».

«Le Parisien» rappelle que cette plainte s’inscrit dans une vaste enquĂȘte sur les «flics espions», qui auraient infiltrĂ© plus de 1000 groupes politiques depuis 1968. MĂȘme si certains faits sont anciens, ces missions n’ont Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©es que rĂ©cemment et l’enquĂȘte a officiellement commencĂ© le mois dernier. Ses conclusions ne sont pas attendues avant 2023.

Dans un cas qui avait dĂ©frayĂ© la chronique, un certain Bob Robinson avait infiltrĂ© un groupe Ă©cologique anarchiste [entre 2000 et 2003 Ă  Londres et Nottingham, participant Ă  des contre-sommets en SuĂšde, France et Italie], s’était liĂ© avec une militante, avait eu un enfant avec elle, puis s’était volatilisĂ©. Il s’agissait d’un policier portant Ă  nouveau l’identitĂ© d’un enfant dĂ©cĂ©dĂ© qui avait filĂ© Ă  la fin de sa mission





Source: Sansnom.noblogs.org