FĂ©vrier 2, 2020
Par Squat.net
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La situation du quartier de Tweebos a soudainement changé.

Il y a deux jours, l’un des squats a Ă©tĂ© illĂ©galement expulsĂ© et nous avons dĂ©couvert que Vestia, la sociĂ©tĂ© propriĂ©taire des bĂątiments que nous squattons, a illĂ©galement ajoutĂ© de nouveaux documents au procĂšs contre l’un des squats au dernier moment, de sorte que nous ne pouvons pas nous dĂ©fendre contre eux. Nous avons Ă©galement appris qu’un habitant du quartier a Ă©tĂ© attaquĂ© ce soir dans la rue avec une barre de fer parce qu’il gardait son vĂ©lo prĂšs du squat qui a Ă©tĂ© expulsĂ© il y a quelques jours. EspĂ©rons qu’il n’est pas blessĂ©. Les agresseurs courent toujours aprĂšs un seul coup. Dans le mĂȘme temps, nous sommes confrontĂ©-e-s Ă  une terrible campagne de harcĂšlement de la part de la police. Une voiture est affectĂ©e au quartier jour et nuit, et ils contrĂŽlent chacun d’entre nous chaque fois que nous nous promenons dans le quartier. Certains habitant-e-s sont presque enfermĂ©-e-s Ă  l’intĂ©rieur Ă  cause du harcĂšlement policier. Quelqu’un a mĂȘme Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© deux fois en deux jours. En plus des 19 personnes arrĂȘtĂ©es lors de l’expulsion il y a deux jours, 5 autres personnes vivant dans le quartier ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©es lors de contrĂŽles d’identitĂ© sans motif lĂ©gal dĂ©jĂ . Une autre personne est portĂ©e disparue, probablement aussi arrĂȘtĂ©e. Nous n’en sommes pas sĂ»rs car la police refuse de nous donner des informations. Trois d’entre elles ont Ă©tĂ© blessĂ©es lors de l’arrestation ou de la garde Ă  vue.

L’un d’entre eux risque d’ĂȘtre expulsĂ© dans un pays oĂč sa vie est probablement en danger, car l’État nĂ©erlandais veut annuler son visa actuel. Il est actuellement en dĂ©tention. Il a Ă©tĂ© gravement blessĂ© lors de son arrestation, et nous savons qu’il a une cĂŽte cassĂ©e. Il semblait inconscient lorsque la police l’a portĂ© Ă  sa voiture pendant l’arrestation. Nous devons prĂ©parer et assurer une dĂ©fense juridique et politique efficace, tant pour notre espace de vie que pour la libĂ©ration de cette personne. Il veut demander l’asile aux Pays-Bas pour tenter d’empĂȘcher sa propre expulsion, mais l’État ne lui permet pas de remplir une demande en raison de la procĂ©dure de Dublin.

La soudainetĂ© et la violence de la vague de rĂ©pression sont tout Ă  fait inattendues. Nous ne savons pas comment rĂ©agir. Nous ne pouvons pas laisser quelqu’un se retrouver dans une situation aussi difficile. Il est venu vivre dans le quartier parce qu’il voulait mener une vie utile. Il a aidĂ© les habitants historiques Ă  s’organiser contre les plans de dĂ©molition de Vestia jusqu’à leur rĂ©cente victoire au tribunal et il aide Ă  rĂ©parer les vĂ©los des voisins pendant son temps libre
 Il fait pleinement partie de cette communautĂ©. Son seul « crime Â» est d’avoir marchĂ© trop prĂšs d’un squat au mauvais moment. L’État tente d’annuler son visa (qui lui permet lĂ©galement de sĂ©journer aux Pays-Bas) sans aucune preuve d’infraction. Nous devons trouver des moyens de convaincre le tribunal de le libĂ©rer. S’il est forcĂ© de monter dans cet avion, il pourrait ne plus jamais voir la lumiĂšre du soleil, voire pire. Nous commençons par lancer un appel public pour nous joindre Ă  la manifestation devant le centre de dĂ©tention pour sans-papiers prĂšs de l’aĂ©roport de Rotterdam.

Notre histoire est un exemple de ce que les frontiĂšres font aux gens. Ces centres de dĂ©tention sont pleins d’humains comme lui, certains d’entre elles-eux ont des histoires similaires. Elles-ils sont privĂ©-e-s de leur droit d’y ĂȘtre pour des raisons futiles et finissent par ĂȘtre dĂ©portĂ©-e-s dans des pays oĂč elles-ils ne sont parfois jamais allĂ©-e-s ou dans des pays oĂč elles-ils sont en danger, perdant souvent littĂ©ralement tout contact avec leurs ami-e-s et leur famille d’un jour Ă  l’autre.

Nous nous sommes joints au quartier de Tweebos pour protester contre l’embourgeoisement. La gentrification est un processus capitaliste qui force les gens Ă  se dĂ©placer contre leur volontĂ©, les privant de la libertĂ© de vivre oĂč ils veulent, oĂč ils se sentent Ă  leur place. C’est ce que nous voulions combattre. Mais les frontiĂšres causent des atteintes encore plus graves Ă  la dignitĂ© humaine. Nous dĂ©fendrons Anton et tous les autres ĂȘtres humains qui doivent endurer les persĂ©cutions de cette sociĂ©tĂ© raciste et nationaliste.

Toute aide et tout soutien sont les bienvenus, nous avons besoin de personnes pour prendre position et nous aider.

Contact: squat-vestia [at] riseup [point] net
https://squ.at/r/7o21
http://tweebosbuurt.noblogs.org/
OpenPGP Signature : C3E3 8AEA FB8A 58DD 5ED8 11CF 956E ADCD 4837 E212


Des squats aux Pays-Bas: https://radar.squat.net/fr/groups/country/NL/squated/squat
Des groupes (centres sociaux, collectifs, squats) aux Pays-Bas: https://radar.squat.net/fr/groups/country/NL
Des événements aux Pays-Bas: https://radar.squat.net/fr/events/country/NL


[Publié le 26 janvier 2020 sur le blog Tweebosbuurt.]




Source: Fr.squat.net