Un nouveau chapitre répressif des Carabinieri du Ros (police politique)

en Italie contre des anarchistes, conduit à l’arrestation de sept anarchistes qui sont lié-es à diverses attaques insurrectionnelles… et en solidarité avec les personnes emprisonnées dans l’opération Panico.

A cette occasion, l’image du « triangle » anarchiste qui s’étend en Grèce, Italie et Espagne, est transformée en un pentagone en y ajoutant le Chili et l’Allemagne.

Les compagnon.ne.s arrêté-e-s sont Claudio Zaccone, 33 ans de Messine, Roberto Cropo, 34 ans de Turin (arrêté en France avec un mandat d’arrêt européen émis par le procureur de Rome), Flavia Di Giannantonio, 39 ans de Rome, Nico Aurigemma, 30 ans de Rome et Francesca Cerrone, 31 ans du Trentin (arrêtée en Espagne avec un mandat d’arrêt européen émis par le procureur de Rome), soupçonnée d’avoir formé une « cellule » anarchique de la FAIFRI, basée dans le centre social Bencivenga Occupato à Rome.

Ielles sont accusé-es d’association à des fins terroristes, de subversion de l’ordre démocratique, d’attaques contre l’État et de tout un répertoire d’actes de sabotage dans le but présumé de réorganiser le mouvement anarchiste insurrectionnel. Les arrestations ont été effectuées avec la collaboration de la police centrale française et de la police nationale espagnole.

L’enquête a été ouverte à la suite de l’attaque à l’explosif de la caserne des Carabinieri de San Giovanni à Rome en 2017, un acte revendiqué par l’FAIFRI, et auquel un des compagnons arrêtés est soupçonné d’avoir participé.

Cinq d’entre elleux sont déjà en prison. Lorsque les adresses seront rendues publiques, nous les diffuserons.

Nous rappelons qu’à Bologne, sept autres anarchistes ont été arrêtés dans le cadre de l’opération Ritrovo.

[ Publié le 12 juin 2020 sur Indymedia Barcelone ].


L’opération Bialystock, partie intégrante d’une stratégie

De nombreux médias italiens ont rapporté comme un « succès » spectaculaire de la collaboration « policière » et « antiterroriste », l’arrestation de sept « dangereux » anarchistes à Rome (Italie), Saint-Etienne (France) et Almeria (Espagne), et le raid du centre social Bencivenga Occupato à Rome, qu’ils considèrent comme le siège d’une « cellule » anarchiste présumée à laquelle les détenu-es auraient appartenu.

Lors de l’opération policière contre le centre social, leurs agresseurs n’ont rien trouvé qui puisse justifier l’agression. Lors de ces opérations, il est habituel que la police fouille d’autres habitations, mais jusqu’à présent, rien n’indique qu’elle ait trouvé quelque chose d’important dans l’une d’entre elles. Ces perquisitions sont toujours utilisées pour s’approprier divers matériaux, effets personnels et argent. Peu importe que ce qui est saisi ne serve à rien, puisque ces agressions et appropriations aveugles font partie des stratégies répressives qui visent à laisser les compagnon.ne.s sans ressources, ainsi qu’à créer dans l’opinion publique l’imaginaire d’un risque potentiel grave pour des « matières dangereuses » et, dans les collectifs et les individus d’affinité politique, d’intérioriser la menace de la solidarité révolutionnaire avec leurs compagnon.ne.s et la peur d’avoir certains matériels tels que livres, magazines, T-shirts, musique, etc. ou de gérer des publications, des sites web ou d’autres moyens de diffusion de contenus idéologiques et de slogans anti-systémiques.

Dans l’opération répressive Bialystock, on insiste sur l’idée d’un réseau international de « cellules » anarchistes à visées « terroristes », qui, selon le parquet, visait par ses actions subversives, d’une part, à déstabiliser le système démocratique et ses États, et d’autre part, à « réorganiser internationalement le mouvement anarcho-insurrectionnel ».

Les services de sécurité des pays, ont tenté à de nombreuses reprises, d’inventer des « conspirations terroristes nationales et internationales », afin de neutraliser les groupes et les individu-es de la communauté anarchiste.

L’ingénierie sociale répressive a dans la création des discours des versions officielles, une de ses principales stratégies. Dans ces rapports rédigés par la police politique et antiterroriste, la diffusion de ces discours ou les opérations répressives ne coïncident jamais par hasard mais servent plutôt à compléter les versions officielles pénalisantes sur les détenu-es et le mouvement, de sorte que si lors d’une première arrestation ielles ne sont pas emprisonné-e-s, les affaires ne sont pas closes et restent liées aux arrestations ultérieures.

Le procès Marini en Italie, au milieu des années 90, serait un exemple clair et le point de départ de cette collaboration judiciaire et policière internationale stratégique, dans laquelle les événements survenus dans un pays ont déclenché des actions policières répressives dans d’autres pays, qui ont tenté d’établir des liens ou des relations, créant ainsi ces imaginaires de réseaux et de cellules anarchistes organisés à des fins terroristes, écoterroristes et anarcho-insurrectionnelles.

Ainsi, en l’an 2000, sur le territoire de l’État espagnol et dans le cadre de la lutte contre la FIES, il y a eu plusieurs arrestations d’anarchistes qui ont tenté de se lier avec d’autres anarchistes en prison, créant ainsi l’absurde logique criminalisante qui désignait les prisonniers comme des cerveaux « d’attaque » et des « indicateurs de cibles », et les anarchistes de la rue, comme leurs exécutants, en inventant le « triangle anarchiste de la Méditerranée » qui reliait les objectifs des anarchistes insurrectionnels d’Italie, de Grèce et de l’État espagnol, et qui pouvait servir à créer toute situation d’alarme contre la paix sociale.

Ce n’est pas une coïncidence si les récentes arrestations en Italie de l’opération Bialystock sont liées à un autre prisonnier anarchiste italien, Alfredo Cospito, qui est considéré comme le « cerveau de la cellule » et aux détenus qui sont des exécutants d’attentats, anonymes ou non.

Ce n’est pas non plus un hasard si cette opération a été menée « après des années d’enquête », alors que nous sommes sur le point de réviser le procès des compagnon.ne.s accusé-e-s dans l’opération Scripta Manent, dans laquelle, parmi les prisonniers condamnés à de lourdes peines, se trouve Alfredo Cospito qui, depuis la prison, continue de dénoncer l’État criminel italien et de répandre ses idées de lutte insurrectionnelle.

Le nom de l’opération n’a pas été le fruit du hasard, mais de la perversion répressive qui, déjà avec ce nom, désigne le compagnon Alfredo Cospito comme un idéologue, puisqu’il a été extrait d’un livre préfacé par Alfredo, dans lequel était expliquée l’histoire de la lutte de certains anarchistes juifs russes à la fin du XIXe siècle dans la ville de Bialystock.

L’Italie s’est placée à l’avant-garde des politiques répressives contre les mouvements sociaux et politiques, influençant divers pays dans les démocraties européennes.

Ces stratégies de catégorisation de l’État italien et de ses corps répressifs d’anarchistes, qui différencient les multiples « modalités » de l’insurrection et séparent les « bons » anarchistes sociaux des « mauvais » anarchistes individualistes, sont expliquées avec une clarté totale par l’anarchiste Anna Beniamino, condamnée à 17 ans de prison pour l’opération Scripta Manent : « Le fait qu’il existe différentes mouvements et tendances au sein de l’anarchisme est réel, mais il est également vrai que ce type de catégorisation rigide est une caractéristique inhérente à la mentalité et aux exigences des inquisiteurs, qui se consacrent à délimiter une zone spécifique afin de faire au mieux leurs manœuvres : c’est dans cet espace que réside la prochaine opération.

Avec ces stratégies répressives, ce qui est jugé n’est pas « la censure de la liberté d’expression démocratique », ni un hypothétique « crime d’opinion », mais une guerre contre les fondements anarchistes de la propagande par l’acte, qui lie les pensées et les actions. Ces attaques contre les médias et l’information anarchistes réaffirment non seulement leur validité mais aussi leur rôle fondamental contre le silence et la domestication.

Selon les mots de la compagnonne Anna, l’État italien « a décidé de poursuivre toute une tendance anarchiste : l’anarchisme anti-organisationnel ».

À celles et eux qui tournent le dos ou qui détournent le regard face aux luttes insurrectionnelles et à la répression contre les insurgés, nous informons que nous savons avec une certitude absolue que les États et leurs forces répressives n’ont jamais envisagé de s’arrêter là.

[ Publié le 14 juin 2020 sur Indymedia Barcelone].


Rome (Italie) : à propos de l’opération Bialystock

On apprend par les journaux italiens que ce 12 juin 2020, une nouvelle

opération répressive a frappé les anarchistes, cette fois à Rome. 7 personnes (cinq hommes et deux femmes) âgées de 30 à 40 ans ont été arrêtées à Rome, dans la région de Saint-Étienne (Loire) et en Espagne.

Cinq ont été incarcérées et deux assignées à résidence. Les inculpations portent sur plusieurs attaques incendiaires et explosives, dont celle contre la caserne des Carabinieri de San Giovanni à Rome en décembre 2017, ou encore celles contre des véhicules d’autopartage de la multinationale Eni (cf. ici et là) et d’autres non mentionnées en solidarité avec les compagnon.ne.s inculpé.e.s dans le procès « Panico »… Ci-dessous le communiqué des occupant.e.s du squat Bencivenga Occupato perquisitionné à l’aube de ce 12 juin.

A propos de l’opération Bialystock

L’énième opération répressive contre les anarchistes a débuté à l’aube du 12 juin 2020 dans les territoires dominés par les États italien, français et espagnol. En grande pompe, cagoulés et armes au poing, les agents ont perquisitionné plusieurs maisons, saisi du matériel habituel et arrêté 7 personnes : 5 d’entre elles ont été incarcérées et 2 assignées à résidence.

Rien de nouveau sous le ciel étoilé.

Les accusations que l’État porte contre elles sont diverses, notamment celles d’association subversive à des fins terroristes, ainsi qu’incendie criminel, incitation à commettre des délits, etc.

Désormais, on se fout de leurs chicaneries judiciaires, mais il est nécessaire de rappeler que l’action directe, l’entraide, le refus de toute hiérarchie et de toute autorité ainsi que la pratique de la solidarité restent l’expression de notre tension anarchiste.

Entrer dans leur logique de coupables et d’innocents ne nous intéresse pas, les individus ciblés sont nos compagnon.ne.s et ils auront notre soutien, notre solidarité et notre complicité.

Ros de merde ! [Les Ros désignent une section des Carabinieri italiens]

A chacun le sien.

Des occupant.e.s du Bencivenga Occupato


Adresses des compagnon.ne.s incarcéré-e-s :

Nico Aurigemma

C. C. di Rieti

viale Maestri del Lavoro 2/C

02100 Rieti

Italie

Claudio Zaccone

C. C. di Siracusa

strada Monasteri 20/C

Contrada Cavadonna

96100 Siracusa

Italie

Flavia Digiannantonio

C. C. di Roma Rebibbia femminile

via Bartolo Longo 72

00156 Roma

Italie

Francesca Cerrone

C. P. de Almeria — El Acebuche CTRA

Cuevas-ubeda, km 2,5

04030 Almèria

Espagne

Roberto Cropo

N. d’écrou : 1010197

Centre pénitentiaire de Fresnes

1, Allée des thuyas

94261 Fresnes

France


Publié sur squat.net

Notes :

Trois nouvelles arrestations de compagnons anarchistes à Madrid et Oviedo

Les anarchistes arrivent !

Lettre de l’anarchiste Anna Beniamino sur l’opération Scripta Manent, Italie

Déclaration d’Alfredo Cospito lors du procès de l’opération Scripta Manent

Publication Anarquista Ecologista Fenrir, dans laquelle figure un

article de l’anarchiste Alfredo Cospito

La grève de la faim d’Alfredo Cospito contre la censure et le point sur

l’opération Scripta Manent, Italie.

Rapport et analyse de CrimethInc. sur la répression de l’État contre les

anarchistes et les antifascistes en Russie. Ce qui se passe, pourquoi

c’est important et comment nous pouvons aider ceux qui sont confrontés à

la brutalité de l’État.

A propos des anarchistes de Bialystok. 1903-1908

https://www.portaloaca.com/historia/historia-libertaria/13841-libro-anarquistas-de-bialystok-1903-1908.html

https://anarquia.info/historia-del-anarquismo-anarquistas-de-bialystok-contra-el-imperio-ruso/

Anarchisme en Russie


Bencivenga Occupato

Via Generale Roberto Bencivenga 15, Rome

https://squ.at/r/16i0

http://bencivenga15occupato.noblogs.org/

Des groupes à Rome : https://radar.squat.net/fr/groups/city/roma

Des squats en Italie :

https://radar.squat.net/fr/groups/country/IT/squated/squat

Des groupes (centres sociaux, collectifs, squats) en Italie :

https://radar.squat.net/fr/groups/country/IT

Des événements en Italie : https://radar.squat.net/fr/events/country/IT

L’Italie sur fr.squat.net https://fr.squat.net/tag/italie/


Article publié le 29 Juin 2020 sur Bourrasque-info.org