Novembre 27, 2017
Par Le Pressoir
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Rodolphe Crevelle n’entend pas se faire oublier et refait parler de lui, au niveau local comme au niveau national.

Après l’épisode de l’affaire « Hugues Aufray » et de ses amitiés saint ponaises, on pensait souffler un peu localement. Oui mais voilà, Rodolphe Crevelle n’entend pas se faire oublier et il refait parler de lui, au niveau local comme au niveau national.

Pour ce qui est des Hauts Cantons de l’Hérault, où il demeure, on apprenait en juillet qu’il a rencontré, au nom du Lys Noir, son organisation « anarcho-royaliste » le Clan des Brigandes, installé à La Salvetat sur Agout. Rien d’étonnant à cela vu le nombre de thèmes qu’ils ont en commun : la fachonostalgie, l’identitaire, le grand remplacement, la haine des francs-maçons, des juifs, de l’islam, des « gauchistes », des migrants…

Au niveau national, on apprenait au mois d’août dernier qu’il sévissait aussi dans les Alpes Maritimes. Plus précisément dans la vallée de la Roya.

Cette vallée franco-italienne qui a fait la une des journaux à l’occasion des déboires judiciaires de Cédric Herrou, un agriculteur installé au nord de Nice à la frontière italienne qui a accueilli sur ses terres, avec l’association Défense des migrants Roya citoyenne, des réfugiés arrivés en Europe, via l’Italie. Cédric Herrou a été condamné pour cela, le 8 août dernier, en appel, par la Cour d’Aix-en-Provence à quatre mois de prison avec sursis. Entre-temps, il a de nouveau été mis en examen le 26 juillet.

Face à cette mobilisation, une association, Défense de la Roya, a été créée, en juin, par Olivier Bettati, un élu FN. Son but premier est de faire dissoudre l’association Défense des migrants Roya citoyenne. Pour cela ils ont porté plainte pour « trouble à l’ordre public ». Le 16 novembre dernier, le tribunal de Nice l’a déboutée et l’a condamné à 5000 € de dommages et intérêts et 2000 € pour les frais de procédure.

C’est dans ce climat et ce contexte que Rodolphe Crevelle a fait son apparition dans cette vallée. Le 24 juillet est apparu dans certains commerces, un nouveau journal, gratuit, tiré à 5000 exemplaires et intitulé A Vugi d’a la Roya (la voix de la Roya). Un deuxième numéro est sorti en août, un troisième en octobre. Il en est donc son rédacteur et signe pour l’occasion « Rodolpho da Borgo ».


Ce journal de circonstance, distribué selon lui « en tout par 30 commerçants et 20 artisans » s’en prend à tous ceux qui accueillent les réfugiés et tous ceux qui soutiennent l’association Défense des migrants Roya citoyenne.

Comme à son habitude, Rodolphe Crevelle ne fait pas dans la dentelle et le 4 septembre le Procureur de la République a annoncé avoir ouvert une enquête : car pour lui : « ce journal est un brûlot qui est fait dans un style excessivement polémique, avec des attaques ad hominem et des qualificatifs injurieux ». Deux procédures ont été ouvertes.

Selon le site web « Journal de la peste brune », la première devait être examinée le « vendredi 8 septembre devant le juge des référés du TGI de Nice. Elle vise à faire interdire la distribution de ce journal. Une deuxième procédure, cette fois devant le tribunal correctionnel de Nice, pour des délits allant de la diffamation publique, à l’injure en raison de l’appartenance à une race ou une religion, en passant par l’atteinte à la vie privée ou encore la diffusion de fausses nouvelles, verra sa première audience se tenir le 16 octobre. »

Le procureur de la république, le même qui avait requis contre Cédric Hérrou, est dénoncé dans la foulée par Rodolphe Crevelle, dans un communiqué du 5 septembre, comme un franc maçon inféodé aux gauchistes, « montrant en cela au grand jour la complicité objective entre les sans-frontièristes Herrou, Sorros et Macron ? » (sic)….

Bon, rien d’étonnant à retrouver Rodolphe Crevelle une fois encore directeur de publication d’un nouveau journal. Depuis trente ans il fut rédacteur ou directeur des journaux généralistes : Oise Hebdo (1999), Standaar Grand Lille (2000), le Scoop de la côte (2004), TransEurope (2006), Sud Journal(2006), Le Petit Journal Catalan (2007), Le Petit Journal de l’Aude (2007), La Semaine de l’Hérault (2007), Actu France (2009), et pour les journaux militants, Le lys noir (depuis 2011), la Revue de l’Arsena (2013), Paris Zone de Combat (PAZOC) (2013) Action Française Universitaire (2013)…. sans parler de toutes les publications éphémères et opportunistes signées de son nom ou d’une bonne demi douzaine de pseudonymes.

Par contre ce qui est très étonnant, c’est qu’il puisse encore le faire. La question se pose notamment en ce qui concerne le financement, car il ne lésine jamais sur les moyens mis en œuvre : journaux souvent distribués gratuitement, en couleur et tirés toujours à plusieurs milliers d’exemplaires par numéro. Elle se pose, même si l’on sait, qu’au moins pour une part, ce sont des hommes politiques locaux de droite qui le financent, en échanges de ses services plus ou moins occultes (campagne de dénigrement dans ses journaux, créations de partis fantoches pour nuire à un concurrent électoral).

Rodolphe Crevelle se moque bien sûr de contrevenir à la loi dans ses articles, tant par les thèmes abordés que par la façon dont il les aborde. Il a d’ailleurs été condamné plusieurs fois ces dernières années pour « incitation à la haine raciale ». Ce qui alourdit encore la facture.

Pour ses dernières condamnations :

  • 2010 : trois mois de prison ferme pour un article paru dans Sud Journal en 2006 intitulé « Mon voisin est une Mosquée » 1500 € de dommages et intérêts (pour la LDH et la LICRA)
  • 2017 : 6 mois de prison ferme et 20 000€ d’amendes pour des articles parus en 2015 dans le Petit Journal Catalan intitulé « À quoi servent les gitans » et « Les martiens veulent lui prendre son café ».

On ne peut s’empêcher de se poser quelques questions au vu de ces faits d’armes journalistiques et judiciaires. Et si l’on y rajoute son activisme militant, depuis 40 ans, dans différents groupes d’extrême droite, adeptes du coup de poing, du coup de force et du coup d’Etat on est obligé d’y voir de la part du pouvoir, et de la police notamment, une certaine… protection. On peut donc douter que cette fois encore il soit poursuivi, condamné, et, si cela était tout de même le cas, qu’il effectue sa peine.

À le voir apparaître régulièrement là où se mènent des luttes, dont certaines d’envergures, comme celle de Notre Dame des Landes (affaire Hugues Aufray) ; la Cop 21, avec son journal PAZOC et maintenant les migrants, on ne peut s’empêcher de penser que non seulement il est protégé, mais qu’il joue un certain rôle dans ces luttes. Rôle de renseignements et de déstabilisation, en s’infiltrant chez les opposants comme à Notre Dame des Landes ou en inventant une pseudo organisation d’activistes comme pour la COP21 ? Rôle de contre feu, comme dans la Roya où il fédère et radicalise les fachos locaux ?

Ce qui est sûr c’est que sa venue dans une lutte est forcément toxique. Ce qui est sûr aussi, au vu de ce qui s’est passé depuis une dizaine d’années, c’est que, qu’il se montre ou pas, qu’on le détecte ou pas, il n’est jamais bien loin et toujours actif, n’hésitant pas à comploter avec quelques militants de gauche, comme à St Pons de Thomières.

À ce jour, pas de nouvelles des procédures ouvertes contre lui en septembre. Par contre un nouveau numéro d’A Vugi d’a la Roya a été publié en octobre (?). Que les militants des associations d’aide aux migrants de la vallée de la Roya ne comptent pas trop sur l’Etat pour l’empêcher de nuire.

Los catfèrs




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