Pendant plus de dix ans, le promoteur Lucien Ferrandis — dont la vie a un sens : le mauvais — a tout fait pour que voie le jour Ă  l’entrĂ©e est de Carcassonne son projet de zone commerciale, la quatriĂšme de cette petite ville : aux zones de Pont-Rouge, de Salvaza, de GĂ©ant Casino 2, va donc s’ajouter, en 2020, Rocadest. Environ 21 hectares de bĂ©ton, alors que la ville d’environ 50 000 habitants compte dĂ©jĂ , selon un article du site LibĂ©ration, “plus de 100 000 m2 dĂ©diĂ©s aux grandes surfaces”, soit “une densitĂ© commerciale environ trois fois supĂ©rieure Ă  la moyenne nationale.”

Sur cette friche agricole dotĂ©e d’un ancien corps de ferme et situĂ©e Ă  3km d’une Zone Natura 2000, vont donc s’élever, notamment, un hypermarchĂ© et une galerie marchande de 8000m2, un parking comptant 1800 places de stationnement, une enseigne de sport de 2200m2, une enseigne d’équipement de la maison de 2500m2, 4000m2 d’enseignes de prĂȘt-Ă -porter, un Ă©quipementier auto sur 1000m2, une enseigne d’ameublement de 1200m2 et une enseigne de jouets de 1000m2. — Comme le rĂ©sume bien le promoteur : “avant tout un Ă©lan durable” — Ă©lan durable de colonisation intĂ©rieure, pourrait-on prĂ©ciser au vu de l’extension toujours plus oppressante de ces infrastructures bĂ©tonnĂ©es.

Car du point de vue de ses consĂ©quences environnementales, le projet a non seulement du mettre en Ɠuvre des “compensations” (autrement dit, acheter le droit de dĂ©truire des habitats, des plantes, des animaux ou des insectes, par la mise en Ɠuvre de mesures visant au “maintien des populations locales des espĂšces protĂ©gĂ©es impactĂ©es par le projet”, par ex. en amĂ©nageant ou en restaurant d’autres lieux, appelĂ©s “zones de compensation”), mais il s’est Ă©galement vu accorder une “dĂ©rogation pour le dĂ©rangement, la destruction d’individus et d’habitats d’espĂšces protĂ©gĂ©es”, parmi lesquelles une espĂšce de lĂ©zards, deux espĂšces de chauves-souris, d’oiseaux et d’insectes.

Ainsi, selon le rapport du CNPN (Conseil National de Protection de la Nature) “Des impacts cumulĂ©s forts sont attendus sur la fonctionnalitĂ© Ă©cologique et la faune protĂ©gĂ©e, en particulier les insectes et les oiseaux du fait notamment de la prĂ©sence d’un futur projet d’extension de la ZAC Rocadest.” Selon le rapport du Commissaire EnquĂȘteur, il rĂ©sultera de la mise en Ɠuvre de ce projet “La destruction inĂ©vitable d’individus et d’habitats de lĂ©zards ocelĂ©s, espĂšce protĂ©gĂ©e.”, ainsi que “La destruction probable d’autres espĂšces d’insectes, reptiles et oiseaux protĂ©gĂ©s ou non…”.

Le 23 janvier 2019, la premiĂšre pierre de Rocadest a Ă©tĂ© posĂ©e. “Une bouffĂ©e d’oxygĂšne”, affirme cyniquement AndrĂ© Tiquet, prĂ©sident de la fĂ©dĂ©ration du BTP de l’Aude.

Ici encore leurs profits valent plus que la vie.


Article publié le 31 AoĂ»t 2019 sur Iaata.info