Juillet 12, 2021
Par Le Monde Libertaire
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Alors que le 1er Mai on célèbre les travailleurs et leurs combats, les robots bossent sans combattre ; remplacent les travailleurs. On s’intéresse ici aux robots industriels, à leur croissance rapide et silencieuse ; à l’émergence aussi d’une sorte de famille.

« Nous pouvons maintenant affirmer clairement que la pandémie a accéléré l’adoption de l’automatisation. On constate notamment une poussée vers la robotisation dans des secteurs au-delà de l’automobile, [..] Les avancées technologiques, par exemple en matière de détection et d’IA, accompagnées de nouveaux progrès en matière d’utilisabilité et d’écosystèmes, réduisent les obstacles et stimuleront le déploiement de solutions robotiques, faisant de la robotique une technologie courante. » Milton Guerry, Président, International Federation of Robotics, le 17 mars 2021.

Les robots se nourrissent de nos crises. La contraction qui survient dans un premier temps est suivie d’un vigoureux essor qui accélère le Grand Remplacement. Milton Guerry annonce donc clairement la banalisation : toujours plus de robots et dans toujours plus d’activités. Mais où en sommes nous ? Au mitan des années 2000, chaque année voyait l’embauche de 100 000 nouveaux robots industriels, la crise de 2008 a ensuite cassé le rythme pour le propulser vers les 400 000 nouveaux robots-travailleurs par an alors qu’on en dénombre près de trois millions. Essentiellement dédiés à la fabrication de voitures (un million) et de matériel électronique (un million), deux sur trois se répartissent Chine, au Japon, États-Unis, Corée du sud et en Allemagne.

« Un robot pour dix travailleurs »

Mais les grands nombres sont trop abstraits ! La robot density– densité de robotisation – qui décompte le nombre de robots pour 10 000 travailleurs indique le niveau de robotisation de l’industrie d’un pays ; elle est plus apte à figurer ce qui advient. En 2021 Singapour est en tête, suivi de la Corée du sud, puis du Japon à égalité avec l’Allemagne. La Chine n’arrive que quinzième et la moyenne est de 113, mais la minuscule cité-État en tête du classement nous révèle la tendance, la densité de robots y est de 918, soit presque un robot pour dix travailleurs. La logique est implacable : les robots produisent mieux, plus et pour moins cher, donc on robotise.

On notera qu’au Japon où est produite la moitié des robots, c’est devenu une affaire de famille : les robots s’entre-fabriquent, se re.produisent.

Hépha Istos




Source: Monde-libertaire.fr