Janvier 11, 2021
Par Le Monde Libertaire
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copyright Rolls Royce
Le 16 septembre prochain, 400 ans après la traversée du Mayflower, le Mayflower Autonomous Ship partira de Plymouth au Royaume-Uni pour rejoindre les États-Unis. Sans équipage à bord, propulsé par le soleil et piloté par une I.A., il sera le premier navire autonome de grande taille à traverser l’Atlantique.
Véritable tapis roulant de la mondialisation, le transport maritime qui représente 90% des flux du commerce mondial est grevé par une pollution infecte et de nombreux accidents dont près des deux-tiers sont dus à la fatigue ou à des erreurs humaines. En conséquence l’Organisation maritime internationale accélère les projets de navires autonomes – des bateaux robots. Un MASS – Navire de surface autonome maritime – est « un navire qui, à un degré variable, peut fonctionner indépendamment de l’interaction humaine ». L’Europe est à l’avant-garde, avec l’Angleterre (Rolls-Royce), la Finlande (Finferries) et la Norvège (Kongsberg Maritime – à la tête de plus de 30 000 bateaux). Dès la fin 2018, on a vu la démonstration du premier ferry entièrement autonome à Turku, en Finlande et la société Kongsberg Maritime a annoncé le premier service de ferry effectué en service « normal », transportant passagers et et véhicules.

Ces robots combinent trois technologies : l’Intelligence artificielle, l’Internet des objets (les capteurs connectés) et bien sûr la 5G pour communiquer avec les autres bateaux ou avec la terre. En France, le Marseillais CMA-CGM, troisième mondial du transport maritime de containers, mène la danse avec une start-up créée à San Francisco par trois Français et dont un des messages forts est le suivant: « Nos caméras ne s’endorment pas, et n’ont jamais besoin de prendre un café »…

Les arguments de la robotisation sont sans surprise. Pollution : le transport maritime est responsable de 4 % des émissions de CO2 et de 15 % du souffre ; les bateaux autonomes seront propulsés par le vent et le soleil, comme le Yara Birkeland, le premier porte-conteneurs autonome et zéro émission au monde. Sécurité : un robot perçoit et comprend parfaitement son environnement, il calcule la meilleure route et ne connaît pas la fatigue. Remplacement des travailleurs : au Japon par exemple, plus de la moitié des 20 000 marins de la navigation intérieure sont âgés de 50 ans ou plus. On les remplacera par des robots-bateaux : ils représenteront 50 % des navires côtiers japonais en 2040.

Les bateaux propres du Capitalisme vert ? Des robots !

Hépha Istos




Source: Monde-libertaire.fr