Mai 18, 2021
Par Le Monde Libertaire
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Pour exterminer les Juifs, il fallait les « reconnaître » ; des scientifiques nazis rédigeaient de copieux manuels.

Aujourd’hui – plus discrets, plus efficaces – des réseaux neuronaux artificiels remplacent le texte et l’image… Scientifiques et ingénieurs enseignent à leurs robots à « insister » : te photographier encore et encore jusqu’à te reconnaître ; à déterminer également ton origine ethnique, par exemple ouïghour.

Les tribunaux internationaux établiront si le crime qui se déroule au Xinjiang relève d’un génocide ou d’un ethnocide, car il est clair que les Ouïghours doivent disparaître de Chine, en tant que tels, et par tous les moyens. Et des robots montent en première ligne sur le front de l’apartheid pour déterminer à coup sûr et à coût faible si tu es ouïghour. Le Washington Post a révélé en décembre dernier le développement par Huawei et Meggvii d’un robot de classification ethnique qui identifie l’origine ouïghour d’une personne. Une start-up leader mondial des robots de reconnaissance s’allie à un géant pour déployer à grande échelle des robots de l’apartheid qui te photographient et te classent : Ouïghour / pas Ouïghour. Ouïghour et pas au bon endroit, la police arrive. AAR : en Chine, pays continent, l’État communiste déploie ses robots pour bien faire le sale boulot.

AAR : en Israël, pays confetti, l’État démocratique déploie ses robots pour bien faire le sale boulot. Adossée à son brevet « Positionnement adaptatif de Drones pour l’amélioration de la reconnaissance faciale » déposé en juillet dernier, la start up AnyVision, spécialisée dans les robots de traque – suivre une entité au cours de ses déplacements – développe des drones qui « veulent » te reconnaître. Le robot-camera prend une première photo qu’il analyse puis ne te lâche plus, volant autour de toi – plus haut, plus bas, de face, de profil, l’autre profil – jusqu’à ce qu’il t’identifie ou décide de te chercher ailleurs. Le concept cité dans le brevet est sans ambiguïté : reconnaître la « Personne Cible ». On passe ici un nouveau cap dans l’ignominie ; une personne humaine est la cible du « vouloir » d’une chose autonome qui ne la lâchera plus. Fierté nationale, AnyVision déploie ses robots à Jérusalem Est et a reçu le grand prix israélien de la défense en 2018. L’année suivante, NBCnews a révélé son rôle clef dans la campagne militaire secrète « Google Ayosh » de contrôle robotisé de la Palestine occupée.

Souriez, vous êtes traqués.

Hépha Istos




Source: Monde-libertaire.fr