Visage du maire de Rimouski, ex membre de la Gendarmerie royale du Canada.

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Rimouski, le 9 février 2020 – Près d’une centaine de personnes se sont réunies aujourd’hui dans les rues de Rimouski pour manifester leur soutien à la nation Wet’suwet’en, dont le territoire non-cédé est convoité par TC Énergie pour un projet de pipeline. Ces personnes ont répondu à un appel lancé deux jours plus tôt, alors que la GRC intensifiait son invasion du territoire Wet’suwet’en en évacuant de force les membres qui en défendaient l’accès. Cette attaque policière s’ajoute à une longue série de violences perpétrées à l’encontre des Premières Nations par le Canada, dans une logique d’assimilation historique.

Alors que la Cour suprême a reconnu en 1997 la souveraineté territoriale des Wet’suwet’en, les gouvernements fédéral et provincial de la soi-disant Colombie-Britannique poursuivent leurs ambitions coloniales à travers une injonction illégitime émise en faveur de TC Énergie pour la construction du pipeline Coastal GasLink. « Nous trouvons sordide et vicieux que le corps policier canadien serve à défendre les intérêts de l’industrie des hydrocarbures au détriment des populations locales et de l’environnement », a dit Steve, l’un des organisateurs du rassemblement. En réponse à l’application violente de cette injonction, un avis d’éviction a été symboliquement déposé au détachement bas-laurentien de la GRC. Les manifestantes et manifestants souhaitaient par ce geste dénoncer l’action complice des forces de l’ordre et des gouvernements au profit de l’industrie.
Si les chefs du conseil de bande ont donné leur aval au projet Coastal GasLink, les chefs héréditaires ont quant à eux exprimé à plusieurs reprises leur refus unanime de tout projet de pipeline sur leur territoire. Or, le territoire ciblé par le projet de pipeline est sous la juridiction des chefs héréditaires et non des chefs de bande. De plus, dans l’entente les liant à TC Énergie, une clause engage le conseil de bande à user de son leadership pour atténuer la dissidence et décourager les critiques publiques de leur communauté envers le projet écocidaire.
« Cette tentative insidieuse de censure est honteuse et laisse transparaître le caractère anti-démocratique inhérent à pas mal tous les projets liés aux hydrocarbures », a affirmé Agathe, une citoyenne venue manifester avec ses deux enfants. « Le capitalisme est si peu original : dès que les populations locales s’opposent à un projet, toute une machine se met en place pour les faire taire, et les médias sont complices par leur silence autour des revendications populaires. » La marche s’est déroulée pacifiquement, malgré quelques vaines provocations de la Sûreté du Québec.

Article publié le 15 Fév 2020 sur Ucl-saguenay.blogspot.com