Septembre 21, 2022
Par Demain Le Grand Soir
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Rien ne va dans cette affaire Quatennens, rien. Alors reprenons dans l’ordre chronologique, j’ai bien dit chronologique !

La premiĂšre des fautes vient de la divulgation de la main courante ! Le but d’une main-courante est de laisser une trace pour venir alourdir le cas Ă©chĂ©ant une plainte future. Cela n’a donc pas d’effet dissuasif, c’est laisser une trace. Ce qui est inouĂŻ dans cette affaire c’est que la VICTIME demande expressĂ©ment que cette main-courante ne soit pas divulguĂ©e.

Et que font les forces de l’ordre, elles divulguent…. Alors tous ceux qui maintenant viennent soi-disant dĂ©fendre la cause des femmes, mais fermez-la ! Qui s’est souciĂ© que cette information pouvait mettre cette femme en danger ? Qui a prĂ©servĂ© et respectĂ© la volontĂ© de la victime ?

Personne. Il valait mieux faire un bon coup politique avec cette affaire. Parce qu’encore une fois, que personne, oui personne ne dise que c’est la cause des femmes qui a portĂ© leurs voix, c’est juste l’impact politique de cette affaire qui les a fait rĂ©agir aussi vivement. Quand se sont-ils souciĂ© de la femme, de sa volontĂ©, de l’impact de tout ça sur sa personne ?

La deuxiĂšme des fautes est du cĂŽtĂ© de MĂ©lenchon et de tous ceux qui ont parlĂ© d’honneur pour caractĂ©riser la dĂ©cision du dĂ©putĂ©. Du moment qu’on lĂšve la main sur une femme, la notion mĂȘme d’honneur n’a plus sa place dans le dĂ©bat. Il est disqualifiĂ© par ce qu’il a fait.

D’autant plus quand on lĂ©gitime cela par la sacro-sainte « intimitĂ© des couples Â», puis la passion, puis l’amour. Non, une gifle n’est jamais l’expression d’un amour trop consĂ©quent, mal contrĂŽlĂ©, d’une situation qui dĂ©rape. Si on acceptait de penser la violence ainsi, cela signifierait qu’il pourrait ĂȘtre tolĂ©rable que n’importe quel conflit se rĂšgle Ă  coup de coups !

La troisiĂšme des fautes qui synthĂ©tise les deux autres est de considĂ©rer, pour Ă©vacuer le sujet, qu’il s’agit d’une affaire privĂ©e. Si les fĂ©minicides n’étaient pas en constante augmentation, tout comme les violences conjugales, alors cela pourrait rester une affaire privĂ©e. Sauf que tout son dĂ©roulement est un archĂ©type du traitement de ce sujet par notre sociĂ©tĂ© : non respect et de protection de la victime, minoration du geste, instrumentalisation du sujet (ici Ă  des fins politiques, ailleurs pour par exemple dire que la femme se sert de cela dans un conflit pour la garde des enfants ou que sais-je !). Et en plus ici, positionnement de l’homme comme celui par qui/grĂące Ă  qui vient la solution voire l’apaisement.

Avec cette affaire, la cause des femmes est encore une fois instrumentalisĂ©e en en faisant un enjeu bassement politique, c’est ainsi la question du dĂ©putĂ© qui devient centrale ! A la fin on en oubliera mĂȘme pourquoi on demande sa tĂȘte !

Laure PagĂšs




Source: Demainlegrandsoir.org