Bloquons tout !

La Dépêche kiffe le mouvement anti loi travail ! Sous la plume de leurs journaleux, la mobilisation de jeudi 24 témoigne que “La dynamique de mobilisation ne s’essouffle pas, avant la grande manifestation du 31 mars.” Avant de rapporter les chiffres… “20 000 manifestants le 9 mars, 10 000 le 17 mars, et 6 000 hier sur les boulevards toulousains.” Voir aussi ici.

Mais c’est la pause pipi qui est le grand enjeu du mouvement social en cours à Toulouse selon les journalistes, aussi bien pour les salarié.e.s du centre d’appel téléperformance à Blagnac que pour les étudiant-e-s de la fac du capitole. Les salarié.e.s ont finalement gagné sur ce point après un buzz médiatique. Comme quoi les luttes peuvent avoir du bon au moins pour la vessie.

Pendant ce temps à Blagnac, une “grille de fermeture d’une gaine d’aération déposée” + “colis abandonné” = l’aéroport évacué. Dans ces moments de parano sécuritaire, il en faut pas beaucoup pour tout bloquer… Voir aussi ici et .

Société du spectacle zombifiante

Vendredi c’était la journée mondiale contre la pub, et il y a eu quelques actions de sensibilisation.

Un effort pédagogique louable et dont les journalistes du “Monde” auraient bien besoin, pour ne pas prendre un air outré comme si iels avaient l’air de découvrir les mensonges du marketing dans un article sur les fermes fictives des supermarchés Tesco. Ah mais merde “Bonne Maman” n’existe pas non plus vraiment, ni même le “Père Dodu” ou “Justin Bridou” ! Ils nous ont menti pendant toutes ces années !!!

Et sinon, les spécialistes de la finance qui ont lancé en 2015 à Toulouse la 9ème place financière d’hexagonie se motivent grave en ce moment autour des “fintech”. C’est des startups qui manigancent des opérations financières de haut vol pour se faire des thu… non pardon, créer des emplois.

Heureusement que dans le Tarn il y a quelques résistant.e.s qui continuent à pratiquer des métiers totalement improductifs, et aussi qu’on peut encore pirater le système pour jouer gratos à de jeux vidéos !

L’urbanisme c’est la guerre

Plus d’infos commencent à sortir sur le nouveau quartier fomenté par Toulouse Nécropole entre Jolimont et Roseraie, et aussi le réamégalochement vers Montaudran. En tout c’est 33 « cœurs de quartiers » qu’ils veulent “relooker” d’ici 2020, avec au passage plein de nouvelles caméra et autres merdes socialement détestables en tout genre, comme par exemple les empêcheurs de s’asseoir en rond installés récemment sur les plots de la place Arnaud-Bernard.

Tout ca avec en arrière-plan le projet de LGV (ligne de train à grande vitesse) en région midi-py, et le projet d’aménagement “Smart city” … La nouvelle étape ces temps-ci côté ferroviaire c’est un simulacre de consultation publique qui ose s’appeler “états généraux”. À Toulouse RDV pour une réunion publique le 19 mai (pas moyen de trouver le lieu pour le moment). Un autre point vue ici.

Violence masculine

Les sages-femmes des Hautes-Pyrénées ont mené une enquête (apparemment à l’initiative d’un ministère… mais bon) auprès de 259 patientes enceintes ou venant d’accoucher, sur les violences éventuellement subies. 11 d’entre-elles déclarent avoir subi au moins une forme de violences au cours de la grossesse. Il s’agit de violences graves exprimées par « menacée physiquement, insultée, humiliée, crachée dessus… » pour 7 cas, et de violences physiques décrites comme « bousculée physiquement, frappée, giflée, brûlée ». Dans 6 cas sur 11, la répondante déclare plusieurs formes de violences et des actes « s’inscrivant dans un cycle de violences ».

Une autre enquête s’intéresse à la répartition entre milieu urbain et milieu rural en ce qui concerne les violences commises par un conjoint.

Validisme et psychiatrisation

Le CHU de Toulouse lance un institut pour les handicaps “invisibles” (soit “neurologiques, psychiatriques et sensoriels”). Nouvelle tour de garde du système médico-carcéral qui met à la fois tout le monde dans le même sac du handicap à enferme chacun.e dans la toute petite case individualisante de son “cas” clinique (et le pire c’est qu’ils y arrivent). Sur le logo on remarque une magnifique coquille saint-jacques, qui est en fait le logo du CHU de Toulouse, en référence à la glorieuse époque du pèlerinage vers saint-jacques de compostelle. Mais il n’y a plus besoin d’y aller puisqu’on peut expier nos pêchés en prenant en charge tous les pauvres handicapés.

Au passage la dépêche nous gratifie d’un titre factuellement faux puisqu’il ne parle que de “handicaps cérébraux”. On retiendra que, comme dab, il n’y a aucune mention des opinions ou souhaits des personnes premières concernéEs (si ce n’est le vague rêve digne d’un slogan de supermarché “d’améliorer leur qualité de vie”).

Et pendant ce temps là dans les Hautes-Pyrénées… on assiste à un début de prise de conscience de parent.e.s d’enfant.e.s diagnostiquéEs autistes, ou bien est-ce que c’est un ramassis de mépris envers des personnes qu’on traite de malades et dont à aucun moment on ne relaie les envies ? À vous de juger.

Violences d’état à toutes les échelles

Pas trop eu le temps de chercher mais cet article quand même sur l’état islamique un peu intéressant, et aussi des conséquences plus anecdotiques sur la présence policière locale dans un contexte d’état d’urgence banalisé…

Dans le dossier Rémi Fraisse, un autre article toujours sur Médiapart reprend les détails de la nuit du 25 au 26 octobre 2015, suite aux premiers témoignages sortis lors de l’enquête judiciaire.