Quoi de neuf ?

Saisie du Ocean Viking – dernier navire de sauvetage civil en MĂ©diterrannĂ©e

Suite Ă  une sĂ©rie de tracasseries causĂ©es par des modifications de la lĂ©gislation et des allĂ©gations non fondĂ©es de dĂ©faillances en matiĂšre de sĂ©curitĂ©, l’ensemble de la flotte de navires civils pour le sauvetage en mer est dĂ©sormais immobilisĂ©e par les autoritĂ©s europĂ©ennes. Dans le cas du Ocean Viking, la principale raison invoquĂ©e est que le navire transportait plus de personnes que ne le permettait le certificat de sĂ©curitĂ©. Une revendication cynique, peut-on sauver trop de gens en mer ? Peut-on comparer ces bateaux de sauvetage Ă  une croisiĂšre oĂč le nombre de passagers ou passagĂšres est limitĂ© ? Quelle aurait Ă©tĂ© l’alternative – laisser une portion arbitraire ou choisie de la population se noyer parce que « le bateau est plein Â» ? Sortir les gens de la dĂ©tresse est un devoir, pas une dĂ©cision. #FreeTheShips

Lors de la rĂ©union des ministres de l’intĂ©rieur de l’UE, une volontĂ© commune de repli sur soi

Les 22 et 23 juillet a eu lieu Ă  Vienne une rencontre de certains ministres de l’intĂ©rieur de l’UE sur « la lutte contre l’immigration clandestine Â». Outre les ministres d’Allemagne, du Danemark, de la GrĂšce, de la SlovĂ©nie, de la RĂ©publique tchĂšque et de la Hongrie, des reprĂ©sentant·e·s de la Suisse, de la Commission europĂ©enne, de FRONTEX (Agence europĂ©enne des frontiĂšres et des garde-cĂŽtes) et de l’ICMPD (Centre international pour le dĂ©veloppement des politiques migratoires) ont Ă©tĂ© invité·e·s par le ministre de l’intĂ©rieur autrichien Karl Nehammer (ÖVP).

Et qu’est-ce qui est ressorti de ces deux jours d’échanges intensifs ? Tout le monde s’accorde Ă  dire que les États veulent coopĂ©rer plus Ă©troitement pour pouvoir se verrouiller plus efficacement. Lors de la confĂ©rence de presse, Nehammer a parlĂ© d’un succĂšs surprenant. Il a Ă©tĂ© impressionnĂ© par la dĂ©termination commune des acteurs et actrices participant·e·s. MĂȘme les États qui ne parviennent que rarement Ă  un accord au niveau de l’UE semblaient partager une mĂȘme attitude, celle d’un cloisonnement encore plus grand et, adoptaient, selon lui, pour une fois une stratĂ©gie axĂ©e sur des solutions.

Pour ce faire, il est prĂ©vu, premiĂšrement, de crĂ©er un nouvel office de coordination pour la gestion des migrations. DeuxiĂšmement, d’accĂ©lĂ©rer les procĂ©dures d’asile et les expulsions. Et, troisiĂšmement, de promouvoir le dĂ©veloppement de la protection des frontiĂšres. Le changement le plus important, cela dit, concerne probablement ces nouveaux centres de coordination. Ceux-ci visent Ă  renforcer la coopĂ©ration entre les diffĂ©rentes institutions et agences de l’UE existantes (telles que Frontex) et les États concernĂ©s en matiĂšre de protection des frontiĂšres, de politique d’asile et de migration. Entre autres choses, le « trafic d’ĂȘtres humains Â» devrait ĂȘtre combattu plus efficacement (cela se traduit gĂ©nĂ©ralement simplement par plus de murs et de soldats aux frontiĂšres). La coordination des renvois devrait en plus ĂȘtre amĂ©liorĂ©e. Les dĂ©tails de ce projet seront mis au point Ă  l’automne.

Selon la taille et la conception de cette plateforme de coordination, cela pourrait entraĂźner d’énormes gains d’efficacitĂ© et renforcer encore l’administration des personnes exilĂ©es. Dans certains cas, cela a dĂ©jĂ  eu lieu dans le cadre de la restructuration de Frontex. Depuis cette moment-lĂ , l’agence fonctionne, entre autres, comme une institution d’expulsions, qui, d’une part, effectue des renvois coordonnĂ©s, soit de maniĂšre indĂ©pendante, soit pour le compte des États et, d’autre part, les finance. L’Allemagne, en particulier, fait souvent appel Ă  cette offre. En consĂ©quence, la part des vols charter lors d’expulsions a augmentĂ© de maniĂšre significative. Bien que les vols charters soient gĂ©nĂ©ralement plus chers que les renvois s’effectuant par les vols de ligne, ils prĂ©sentent un avantage dĂ©cisif du point de vue des autoritĂ©s : contrairement aux vols de ligne, il n’y a pas de tiers qui pourraient interfĂ©rer avec l’expulsion ou d’en tĂ©moigner par la suite. Ces expulsions sont donc probablement beaucoup plus violentes, car si en 2019, environ 25 % des expulsions ont Ă©tĂ© effectuĂ©es par des vols charters, seuls 0,3 % des expulsions qui ont Ă©tĂ© annulĂ©es en raison de la rĂ©sistance des personnes concernĂ©es ont eu lieu lors de ces dĂ©portations collectives. De nombreux rapports font Ă©tat d’un recours systĂ©matique Ă  la force au cours des expulsions. Mais prĂ©cisĂ©ment parce que les expulsions n’ont gĂ©nĂ©ralement pas lieu en public, cette violence policiĂšre n’est ni vue ni condamnĂ©e.

En outre, Frontex est en train de constituer un groupe d’expert·e·s « accompagnateurs et accompagnatrices de renvois Â» (forced return escorts). Il s’agit de policiers et policiĂšres et de gardes-frontiĂšres des États membres de Frontex d’oĂč partent les expulsions et qui peuvent ĂȘtre dĂ©ployé·e·s de maniĂšre flexible dans d’autres pays. Actuellement, on compte 690 « expert·e·s Â» de ce type.

Le ministÚre public italien prépare une plainte concernant les refoulements vers la Libye

Un procĂšs est en prĂ©paration en Italie. Il est dirigĂ© contre le capitaine du navire Asso Ventotto et le responsable de la compagnie maritime Augusta Offshore. En juillet 2018, ils ont ramenĂ© en Libye plus d’une centaine de personnes qu’ils avaient prĂ©cĂ©demment secourues en mer. La Libye est en guerre civile et n’offre aucun port sĂ©curre. C’est une violation du droit international que de faire entrer des personnes dans le pays oĂč elles sont Ă  nouveau menacĂ©es d’internement, de torture et de mort. Les autoritĂ©s italiennes n’ont pas Ă©tĂ© informĂ©es. Puisque les exilé·e·s sont entré·e·s sur le territoire italien Ă  bord des navires, le dĂ©barquement aurait dĂ» ĂȘtre coordonnĂ© par les autoritĂ©s italiennes.

Le capitaine a affirmĂ© avoir contactĂ© le centre de contrĂŽle libyen. Cependant, selon les enquĂȘtes du ministĂšre public de Naples, il n’a notifiĂ© aucune autoritĂ© et a arbitrairement conduit les personnes en Libye et leur a refusĂ© le droit de demander l’asile en Italie. Au cours des enquĂȘtes, le ministĂšre public a Ă©galement eu connaissance d’une deuxiĂšme affaire dans laquelle des navires appartenant Ă  la mĂȘme compagnie maritime auraient reconduit au moins 276 personnes en Libye. Ce cas devrait ĂȘtre inclus dans la plainte.

Cette plainte est la premiĂšre du genre et est potentiellement significative car les rapatriements vers la Libye sont Ă  prĂ©sent quotidiens. La plupart des refoulements sont effectuĂ©s par les soi-disant garde-cĂŽtes libyens, qui sont payĂ©s et formĂ©s par l’Europe, afin que les pays europĂ©ens puissent se dĂ©guiser en innocents. On peut donc Ă©galement se demander quel est l’intĂ©rĂȘt des autoritĂ©s italiennes Ă  clarifier et condamner cette situation. En effet, celles-ci n’ont pas commentĂ© les questions parlementaires sur le sujet depuis 2018 et maintiennent les documents secrets.

Qu’est-ce qui se passe-t-il au niveau de l’État ?

L’alibi de la prĂ©vention de la torture par la Suisse officielle

La Commission nationale pour la prĂ©vention de la torture (CNPT) accompagne toutes les expulsions forcĂ©es de niveau 4 par voie aĂ©rienne ou maritime (partant de SĂšte en France vers le Maroc). Les retours forcĂ©s sont l’une des manifestations les plus brutales de la violence nĂ©ocoloniale utilisĂ©e en Suisse contre des individus ou des familles. Les dĂ©cisions administratives des autoritĂ©s suffisent pour expulser par la force et la coercition des personnes qui ont subi un parcours migratoire (de fuite) – pouvant durer des annĂ©es et mettre leur vie en danger – vers des États qui sont pour la plupart sous domination nĂ©ocoloniale. La tĂąche de la CNPT est d’établir un rapport annuel sur la « proportionnalitĂ© Â» de cette violence disproportionnĂ©e. D’avril 2019 Ă  mars 2020, huit personnes ont donc Ă©tĂ© payĂ©es pour assister aux renvois forcĂ©s.

La violence de niveau 4 a touchĂ© un total de 111 personnes au cours de la pĂ©riode considĂ©rĂ©e, dont 16 familles et 28 enfants. Dix-huit personnes ont Ă©tĂ© expulsĂ©es avec des contraintes corporelles intĂ©grales. Quatre familles ont Ă©tĂ© sĂ©parĂ©es et expulsĂ©es des moments diffĂ©rents. Une famille avec quatre enfants a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©e dans le centre de renvoi dans son dortoir par 20 policiers et policiĂšres armé·e·s. Elle a Ă©tĂ© conduite Ă  l’aĂ©roport au moyen de lumiĂšres bleues et de sirĂšnes tournoyantes.

Il y a en moyenne un vol spĂ©cial tous les 10 jours. 18 vols spĂ©ciaux ont eu comme destination des États europĂ©ens de Dublin, 16 des États non europĂ©ens. Seules trois personnes ont Ă©tĂ© autorisĂ©es Ă  passer un appel tĂ©lĂ©phonique avant le dĂ©part. Tous les autres ne pouvaient pas informer leurs parents ou leurs connaissances qu’ils ou elles Ă©taient dĂ©sormais expulsé·e·s. Pourtant, les normes internationales le prĂ©voiraient. Les normes interdiraient Ă©galement la fixation prĂ©ventive de menottes dans le dos ou sur les pieds. Bien que la CNPT l’ait critiquĂ© Ă  plusieurs reprises, cela se produit toujours. La CNPT a Ă©galement recommandĂ© que les gens ne soient pas surpris dans les cellules sans avertissement. NĂ©anmoins, cela s’est Ă  nouveau produit. Dans un autre cas, les policiers ou policiĂšres ont pressĂ© un homme sur le sol pendant 25 minutes aprĂšs qu’il se soit blessĂ© avec un rasoir.

Il est frappant de constater que la CNPT n’a, en matiĂšre de torture, pas grand chose Ă  dire. Elle ne fait que des recommandations, qui n’ont aucune obligation d’ĂȘtre suivies. Elle a ainsi perdu un combat contre le SecrĂ©tariat d’État aux migrations (SEM). La CNPT a proposĂ© de renoncer aux expulsions forcĂ©es Ă  partir de la 28e semaine de grossesse. C’était trop mou pour le SEM qui a insistĂ© sur les expulsions des femmes enceintes jusqu’à 32 semaines.

Mais le plus absurde est que la CNPT n’a ni le mandat ni les moyens de savoir si les personnes expulsĂ©es souffrent de torture, reçoivent de mauvais traitements mĂ©dicaux ou sont victimes de discrimination aprĂšs leur expulsion. Le risque de torture est probablement le plus Ă©levĂ© Ă  ce moment-lĂ  AprĂšs tout, de nombreuses personnes expulsĂ©es ont fui l’État vers lequel la Suisse les renvoie de force par crainte de persĂ©cution. Mais la Suisse officielle ne s’en soucie Ă©videmment pas du tout.

Qu’est-ce qui a Ă©tĂ© remarquĂ© ?

Le rĂŽle de la sociĂ©tĂ© de conseil McKinsey dans le rĂ©gime d’asile europĂ©en

Les journaux BIRN et DER SPIEGEL ont menĂ© un enquĂȘte approfondie sur le gĂ©ant nĂ©olibĂ©ral McKinsey, une sociĂ©tĂ© de conseil, et ont dĂ©montrĂ© comment celui-ci influence en arriĂšre-plan les politiques europĂ©ennes de repli sur soi. En 2016 et 2017, McKinsey a Ă©tĂ© engagĂ© pour « maximiser la productivitĂ© Â» dans les Hotspots des Ăźles grecques, c’est-Ă -dire pour Ă©tablir des recommandations afin de traiter le plus grand nombre possible de procĂ©dures d’asile dans un dĂ©lai aussi court que possible. Lors de l’enquĂȘte, il s’est avĂ©rĂ© que ni les autoritĂ©s Ă©tatiques, ni la sociĂ©tĂ© privĂ©e McKinsey ne voulaient autoriser la transparence. Il a fallu des mois pour dĂ©couvrir que McKinsey avait encaissĂ© 992 000 euros pour prĂȘcher aux autoritĂ©s les mantras nĂ©o-libĂ©raux qui sont habituellement utilisĂ©s par les entreprises qui veulent voir leurs taux de profit grimper en flĂšche sur le dos de leurs employĂ©s.

Bien que l’ensemble du rapport n’ait jamais Ă©tĂ© mis Ă  la disposition du public, certaines des mesures proposĂ©es ont Ă©tĂ© rendues publiques. La productivitĂ© du systĂšme d’asile, par exemple, devait ĂȘtre augmentĂ©e de cette maniĂšre :

  • Des pĂ©riodes de formation plus courtes pour le personnel, afin qu’il puisse examiner les demandes d’asile plus rapidement et de maniĂšre plus productive.
  • RĂ©duire le nombre de demandes d’asile en dĂ©courageant davantage les exilé·e·s Ă  demander l’asile ou de faire appel et en les persuadant de plutĂŽt opter pour le « retour volontaire Â». Cela doit commencer dĂšs le point d’arrivĂ©e des demandeurs et demandeuses d’asile en GrĂšce.
  • Les autoritĂ©s devraient examiner 300 demandes par semaine au lieu de la moyenne de 50. Afin de garantir la « motivation Â» des emplioyé·e·s, McKinsey a recommandĂ© des appels tĂ©lĂ©phoniques hebdomadaires entre employé·e·s supĂ©rieur·e·s ainsi qu’un tableau de bord des « performances Â», qui indiquerait en permanence aux salarié·e·s leur taux de rĂ©alisation des objectifs.
  • La dĂ©tention en attente d’expulsion, dont les capacitĂ©s devraient ĂȘtre suffisantes pour accueillir tou·te·s les migrant·e·s rejeté·e·s, est Ă©galement importante pour McKinsey. McKinsey ne s’inquiĂšte pas du fait que la dĂ©tention des exilé·e·s n’est prĂ©vue qu’en tant que « mesure extrĂȘme Â» dans de nombreux accords.

    Nombre de ces propositions sont dĂ©sormais reflĂ©tĂ©es dans la nouvelle loi sur l’asile en GrĂšce. Mais pas seulement lĂ . Le rĂ©gime d’asile en Suisse fonctionne Ă©galement selon la mĂȘme logique : accĂ©lĂ©ration par la privation de droits, dissuasion et rĂ©pression.

Les cas de photomatons allemands officiels se trouvant dans des bureaux administratifs et qui ne reconnaissent rĂ©guliĂšrement pas les personnes noires ont fait parler d’eux les derniĂšres semaines. Ces machines qui produisent des images biomĂ©triques sont donc souvent inutilisables pour une partie de la population allemande qui doit alors fournir des efforts supplĂ©mentaires pour obtenir des photos exploitables pour les dĂ©marches administratives les plus simples.

Ce fait est documentĂ© et dĂ©noncĂ© depuis des annĂ©es en Allemagne. Or, la Bundesdruckerei, l’institution publique en charge de ces appareils rejette toute accusation de discrimination. Elle affirme que ces distributeurs automatiques sont parmi les plus modernes au monde et ne font pas de diffĂ©rence selon la couleur de la peau mais dĂ©pendent de la qualitĂ© de la situation d’éclairage respective. En outre, le systĂšme optique serait tout aussi innocent de racisme que la Bundesdruckerei elle-mĂȘme.

Quiconque effectue une brĂšve recherche sur Internet trouvera nĂ©anmoins rapidement des histoires similaires provenant du monde entier. Ces histoires font l’objet de critiques de la part de journalistes et de militants depuis plus de quinze ans. Car, quel que soit le degrĂ© de modernitĂ© d’un systĂšme, il reflĂ©tera toujours le racisme dont ses concepteurs ont fait preuve : ainsi, en biomĂ©trie, la technologie a Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ©e avec des bases de donnĂ©es constituĂ©es principalement de personnes blanches. La technologie n’a donc pas Ă©tĂ© conçue pour les personnes ne correspondant pas Ă  cette norme de blanchitĂ© implicite et inhĂ©rente au systĂšme.

Plusieurs Ă©tudes prouvent cette caractĂ©ristique raciste de la technologie. En 2018, par exemple, le Massachussets Institute of Technology a rĂ©vĂ©lĂ© que les bases de donnĂ©es qui alimentaient les systĂšmes de reconnaissance faciale des leaders du marchĂ© Microsoft, IBM et MEGvii of China Ă©taient composĂ©es de 77 % de personnes considĂ©rĂ©es comme hommes et de 83 % de personnes considĂ©rĂ©es blanches. En consĂ©quence, les hommes blancs ont Ă©tĂ© correctement reconnus par le systĂšme dans 99,2 % des cas alors que cela n’était que le cas pour 65,3 % des femmes noires. Le fait qu’en 2016, pas une seule femme noire n’était salariĂ©e dans les dix plus grandes entreprises technologiques de la Silicon Valley, et dans trois parmi ces derniĂšres pas une seule personne noire du tout, n’a probablement pas aidĂ© Ă  penser le systĂšme en dehors de la norme hĂ©gĂ©monique de l’homme blanc.

Mais ce problĂšme ne se rĂ©sume pas aux fastidieux efforts quotidiens supplĂ©mentaires que les personnes noires doivent dĂ©ployer pour les procĂ©dures civiques les plus simples : les attitudes racistes des dĂ©veloppeurs de technologies et des autoritĂ©s, combinĂ©es au racisme structurel et mortel de la sociĂ©tĂ©, peuvent ruiner des vies entiĂšres. Aux États-Unis, en juin dernier, un homme noir innocent a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© parce qu’une camĂ©ra de surveillance Ă©quipĂ©e d’une intelligence artificielle l’a confondu avec un autre homme noir. En ce sens, l’antiracisme doit Ă©galement observer d’un Ɠil critique les dĂ©veloppements technologiques, car ceux-ci reprĂ©sentent gĂ©nĂ©ralement les intĂ©rĂȘts de ceux qui investissent dans ces technologies et en bĂ©nĂ©ficient en fin de compte.

Le Conseiller d’Etat socialiste zurichois Mario Fehr retient les contrats avec ORS

AprĂšs des mois de litige fondĂ© sur le principe de la publicitĂ©, le journal “Die Republik” a pu obtenir une vue sur les contrats de hauteur de millions de francs suisses du systĂšme d’asile zurichois. Le journal a rĂ©clamĂ© l’accĂšs aux contrats entre les services sociaux zurichois et les gestionnaires des camps d’asile ORS Service AG, des privĂ©s, et l’AOZ, qui appartient Ă  la municipalitĂ© de Zurich. Les deux institutions facturent un total d’environ 120 millions de francs pour ce mandat.

Les services sociaux et la DĂ©partement de la sĂ©curitĂ© zurichoise ont refusĂ© d’accorder l’accĂšs Ă  ces documents, bien que l’ORS et l’AOZ avaient dĂ©clarĂ© par Ă©crit qu’ils n’avaient aucun intĂ©rĂȘt Ă  garder ces informations confidentielles. Le tribunal administratif a alors dĂ©cidĂ© que les services sociaux sont obligĂ©s accorder l’accĂšs aux contrats avec l’ORS de maniĂšre complĂšte et « sans autre examen Â». Entre-temps, les services sociaux ont toutefois dĂ©posĂ© un recours contre cette dĂ©cision auprĂšs du Tribunal fĂ©dĂ©ral Ă  Lausanne, de sorte que les contrats restent secrets jusqu’à ce que le Tribunal fĂ©dĂ©ral se prononce. Cela peut prendre des mois.

Il est remarquable de constater Ă  quel point les services sociaux et le DĂ©partement de la sĂ©curitĂ© se s’opposent avec acharnement Ă  la transparence du rĂ©gime d’asile zurichois. Il est vrai que dans les projets dits de partenariat public-privĂ©, les entrepreneurs privĂ©s se dĂ©fendent de maniĂšre rĂ©pĂ©tĂ©e contre la divulgation des contrats. Il est plus rare que l’administration publique rĂ©siste. Dans ce sens, la constellation dans ce cas prĂ©cis est trĂšs inhabituelle : l’entrepreneur privĂ© se fĂ©licite de la transparence, tandis que l’administration publique insiste sur le secret.Comme le montre le recours des services sociaux, le directeur de la sĂ©curitĂ©, Mario Fehr, a dĂ» donner son approbation spĂ©ciale pour celui-ci. C’est donc le Conseiller d’Etat social-dĂ©mocrate en personne qui veut empĂȘcher la transparence dans cette affaire et tente de garder secrets les contrats de millions de francs suisses du systĂšme d’asile zurichois.

Ce qui est monstrueux dans ce conflit juridique, c’est qu’il montre que nous sommes Ă©videmment loin de savoir tout ce qui se passe dans le rĂ©gime d’asile zurichois. Et ce, malgrĂ© les nombreux rapports sur les conditions intenables des camps d’asile de l’ORS, qui ressemblent Ă  des prisons. Et il est de notoriĂ©tĂ© publique que l’ORS s’enrichit de la gestion des rĂ©fugiĂ©s et qu’elle a Ă©galement des deals avec Securitas, qui inflige rĂ©guliĂšrement des violences physiques aux personnes. Il est effrayant d’imaginer que les contrats entre les services sociaux et l’ORS contiennent encore de nombreux et Ă©normes dĂ©tails que Mario Fehr ne veut pas mettre Ă  la disposition du public Ă  n’importe quel prix.

Les erreurs statistiques des cantons sur les expulsions suscitent une campagne de haine de l’UDC

Les chiffres de l’Office fĂ©dĂ©ral de la statistique concernant le cas de condamnation Ă  l’expulsion de Suisse ne sont pas corrects. Certaines des donnĂ©es utilisĂ©es comme base de dĂ©compte ont Ă©tĂ© enregistrĂ©es de maniĂšre incorrecte au niveau cantonal. Dans le casier judiciaire Vostra, entiĂšrement automatisĂ©, les cantons rĂ©pertorient les infractions sous forme de code. Si le code de saisie est incorrect, par exemple si un cambriolage est enregistrĂ© avec le code du vol Ă  l’étalage, les statistiques sont incorrectes. Si un cambriolage peut mener Ă  une expulsion du pays, ce n’est pas le cas du vol Ă  l’étalage. Rien que dans le canton de Zurich, une centaine de cas ont Ă©tĂ© enregistrĂ©s de maniĂšre incorrecte. Il est donc possible que des cas, dans lesquels l’expulsion n’était pas nĂ©cessaire et pour lesquels celle-ci n’a donc pas Ă©tĂ© effectuĂ©e, aient Ă©tĂ© enregistrĂ©s dans les statistiques. Les chiffres corrigĂ©s ne sont pas encore disponibles.

La semaine derniĂšre, le taux de cas de rigueur dans les procĂ©dures d’expulsion a fait l’objet de critiques publiques. Depuis l’adoption en 2010 de l’initiative de l’UDC sur le renvoi, les personnes reconnues coupables d’un crime Ă©numĂ©rĂ© dans le Code pĂ©nal sont censĂ©s quitter la Suisse. Or, la clause de rigueur permet au pouvoir judiciaire de maintenir la proportionnalitĂ© des peines et, par exemple, de ne pas expulser les personnes « fortement ancrĂ©es en Suisse Â» en cas de dĂ©lit mineur. Dans toute la Suisse, 42 % des affaires seraient jugĂ©es comme des cas de rigueur. Un scandale pour le journal Blick et l’UDC, qui peut dĂ©sormais dĂ©ployer grossiĂšrement ses gros discours sur la « criminalitĂ© Ă©trangĂšre Â», la « faiblesse de la justice Â» et le « mĂ©pris de la volontĂ© du peuple Â». L’UDC discute dĂ©jĂ  d’une nouvelle initiative populaire visant Ă  abolir la clause de rigueur.

Aussi en Allemagne, l’éternel dĂ©bat sur le foulard ne faiblit pas

Comme dans de nombreux pays europĂ©ens, l’Allemagne connaĂźt un climat islamophobe. Les femmes musulmanes qui portent un voile en sont particuliĂšrement touchĂ©es par cela. Cette semaine, le quotidien taz a rapportĂ© le cas d’une femme de Hambourg portant un foulard qui s’est vu refuser un job d’étĂ© au supermarchĂ© Edeka Ă  cause de son voile. Cette semaine, le Conseil des ministres du Baden-Wuerttemberg a Ă©galement dĂ©cidĂ© d’interdire les voiles intĂ©graux couvrant le visage dans les Ă©coles. Bien que les cas de tels recouvrements soient extrĂȘmement rares, le porte-parole du gouvernement a affirmĂ© qu’ils doivent ĂȘtre interdits, car ils ne seraient pas compatibles avec une sociĂ©tĂ© libre.

Cette dĂ©cision fait suite aux polĂ©miques sur cette question qui n’ont cessĂ© d’ĂȘtre soulevĂ©es par la droite et la gauche europĂ©enne durant ces 15 derniĂšres annĂ©es. Aux Pays-Bas, au Danemark, en Autriche, en Bulgarie, en Belgique, en France, mais aussi en Suisse, les politicien·ne·s conservateurs et conservatrices instrumentalisent des arguments fĂ©ministes afin de faire adopter des lĂ©gislations islamophobes. La burqa, qui est rarement portĂ©e dans ces pays, fait constamment l’objet de dĂ©bats sans que les femmes qui la portent ne soient impliquĂ©es d’aucune maniĂšre dans ces discussions, bien que les dĂ©cisions ne concernent en fin de compte que ces personnes. Elles sont alors de plus en plus stigmatisĂ©es et ont un accĂšs de plus en plus difficile aux activitĂ©s publiques.

Les exemples de dĂ©bats publics, de votes et de situations quotidiennes islamophobes sont Ă©galement nombreux en Suisse. Outre l’interdiction des minarets et la controverse constante autour de la burqa, il est Ă©galement courant en Suisse que les femmes portant le foulard se voient refuser l’accĂšs Ă  certains emplois, par exemple dans les fonctions publiques Ă  GenĂšve. Il est Ă©galement frĂ©quent que les femmes portant le voile se voient refuser l’accĂšs Ă  des emplois dans les supermarchĂ©s, les maisons de retraite ou les hĂŽpitaux.

Et maintenant ?

Racisme institutionnel : l’Argovie verse trop peu d’argent aux rĂ©fugié·e·s

« Les rĂ©fugié·e·s reconnu·e·s et les rĂ©fugié·e·s admis·es Ă  titre provisoire ont les mĂȘmes droits Ă  l’aide sociale que les ressortissant·e·s suisses Â», peut-on lire dans la brochure que le SEM distribue Ă  toutes les personnes qui ont Ă©tĂ© reconnues comme « rĂ©fugié·e·s Â» ou « rĂ©fugié·e·s admis Ă  titre provisoire Â». Il n’a vraiment pas fallu une longue Ă©tude de droit pour se rendre compte que le canton d’Argovie violait ce principe d’égalitĂ© de traitement en donnant Ă  ces personnes le mĂȘme petit montant – Ă  savoir neuf francs par jour – que les personnes privĂ©es de leurs droits par une dĂ©cision nĂ©gative ou celles dont la procĂ©dure d’asile est en cours. Les autoritĂ©s argoviennes l’ont Ă©galement reconnu : « Cette pratique n’est pas conforme Ă  la base juridique Â», disent-elles dans leur communication. Toutefois, les parties lĂ©sĂ©es ne recevront un montant plus Ă©levĂ© qu’à partir de septembre. Cependant, le canton n’a pas voulu divulguer le montant exact. Cependant, comme « des services et des biens sont mis Ă  disposition Â» dans les camps d’asile, le montant sera certainement infĂ©rieur Ă  celui recommandĂ© par la ConfĂ©rence suisse de l’aide sociale (Skos). Aucun paiement rĂ©troactif aux parties lĂ©sĂ©es n’a encore Ă©tĂ© dĂ©cidĂ©.

« Stop Isolation Â» continue les combats

Plusieurs fois en quelques semaines, le groupe “Stop Isolation” a mobilisĂ© dans le canton de Berne des exilé·e·s frappé·e·s par des dĂ©cisions nĂ©gatives. Le week-end dernier a eu lieu une rencontre avec des militant·e·s exilé·e·s et non exilé·e· participant au Velotour d’Horizon. Devant le camp d’asile fĂ©dĂ©ral Ziegler Ă  Berne, les personnes isolĂ©es dans le camp ont Ă©tĂ© invitĂ©es Ă  un repas de solidaritĂ© qui a eu lieu Ă  proximitĂ©. Dans l’aprĂšs-midi, des discussions politiques ont eu lieu sur les luttes contre les problĂšmes d’isolement. La mise en rĂ©seau avec des militant·e·s exilé·e·s et non-exilé·e·s de Zurich a Ă©tĂ© une rĂ©ussite et les prochaines Ă©tapes, notamment une autre manifestation Ă  Berne, ont Ă©tĂ© dĂ©cidĂ©es.

La derniĂšre action du groupe a Ă©tĂ© plus bruyante. En rĂ©action aux autoritĂ©s bernoises, qui ont accusĂ© les exigences du groupe d’ĂȘtre « non solidaires Â» et « antidĂ©mocratiques Â», le groupe a organisĂ© une manifestation avec plus d’une centaine de militants des camps de renvoi de Bözingen, Gampelen, Aarwangen et Konolfingen. De maniĂšre surprenante, un participant Ă  la manifestation s’est immolĂ© par le feu sur la Bundesplatz. Heureusement, l’homme ne s’est pas trop blessĂ©. Il se sent maintenant mieux. Il est sorti de l’hĂŽpital et continue Ă  participer au mouvement. Comme il ne montre aucun remord pour ses actions, il subit des pressions de la part de la police.

Il y avait beaucoup d’excitation lors de la manifestation quand l’homme s’est mis en feu. Lorsqu’il est devenu Ă©vident que l’homme Ă©tait pris en charge, la manifestation a continuĂ© et les militant·e·s se sont rendu·e·s Ă  la direction cantonale de la sĂ©curitĂ©. Les activistes y ont alors exigĂ© une rencontre avec les responsables du bureau, ce qu’ils ont obtenu. Ils y ont fait connaĂźtre une fois de plus leurs problĂšmes, leurs critiques et leurs revendications. Cela montre Ă  quel point la rĂ©sistance du groupe est forte, dĂ©terminĂ©e et autodĂ©terminĂ©e.

NĂ©anmoins, des dĂ©fis extrĂȘmes sont Ă  relever. D’une part, les responsables de l’isolement se passent la balle, ce qui peut provoquer un sentiment d’impuissance et de dĂ©sorientation. Le groupe a d’abord protestĂ© Ă  l’intĂ©rieur des camps. L’ORS AG, qui est en partie responsable des mauvaises conditions de vie et du rĂšglement intĂ©rieur rĂ©pressif, a orientĂ© les militant·e·s vers le canton et le SEM. L’entreprise argumente que c’est le gouvernement qui prend les dĂ©cisions, l’ORS ne les exĂ©cute uniquement. La manifestation suivante a eu lieu devant le SEM. Cette autoritĂ© a pris des dĂ©cisions nĂ©gatives Ă  l’égard de tou·te·s ces militant·e·s et se prononcera Ă©galement en derniĂšre instance sur toute demande de cas de rigueur. MalgrĂ© cela, les agents du SEM ont affirmĂ© que seul le canton pouvait faire quelque chose concernant les demandes suivantes : « pour un permis de sĂ©jour”, “pas d’isolement dans les centres de retour”, “pas de contrĂŽles constants, d’amendes et de condamnations pour “sĂ©jour illĂ©gal” et “respect et Ă©galitĂ© de traitement”. Le canton, de son cĂŽtĂ©, affirme nĂ©anmoins que ces demandes sont “antidĂ©mocratiques” et “manquent de solidaritĂ©”. Indirectement, le conseil d’Etat sous-entend que c’est Ă  l’électorat et au parlement de modifier les lois. Bla bla bla bla…

Un deuxiĂšme dĂ©fi est posĂ© par les mĂ©dias. La plupart des mĂ©dias ne se sont intĂ©ressĂ©s Ă  la manifestation qu’aprĂšs que l’homme se soit mis en feu. Ils partagent donc la responsabilitĂ© du fait que ces actions radicales semblent nĂ©cessaires pour que les exilé·e·s rejeté·e·s soient entendus. DeuxiĂšmement, les mĂ©dias ne rendent pas compte de maniĂšre globale des revendications des manifestations, mais ne transmettent uniquement les critiques sur les conditions de vie dans les camps. Jusqu’à prĂ©sent, toutes les demandes de plus grande portĂ©e ont Ă©tĂ© ignorĂ©es, ainsi que le fait qu’un nombre Ă©tonnant d’organisations et de partis ont dĂ©jĂ  fait preuve de solidaritĂ© avec la protestation et se sont penchĂ©s sur les demandes faites par le groupe Stop Isolation.

5 ans aprĂšs la tuerie de Suruç : DĂ©monstration Ă  BĂąle

Dans le centre ville de BĂąle, environ 200 personnes ont protestĂ© samedi contre l’attaque de la ville de Suruç.

Au cours de l’étĂ© 2015, la FĂ©dĂ©ration des associations de jeunesse socialistes de toute la Turquie a mobilisĂ© la campagne “Nous l’avons dĂ©fendue ensemble, nous la construirons ensemble ! Leur objectif Ă©tait de reconstruire la ville de Kobane (Kurdistan occidental). Le 20 juillet 2015, plus de 300 jeunes d’origine turque et kurde venant de toute la Turquie se sont rĂ©unis Ă  Suruç pour se rendre Ă  Kobane. Avec cette campagne d’aide, les jeunes ont voulu montrer Ă  la population majoritairement kurde de Kobane qu’elle n’est pas seule face Ă  son destin.

Ils voulaient construire des aires de jeux pour les enfants, mais aussi s’informer sur les dĂ©veloppements politiques et relier les luttes du mouvement socialiste en Turquie avec le mouvement kurde. Lors de la confĂ©rence de presse Ă  Suruç, l’Etat Islamique a perpĂ©trĂ© un attentat suicide en collaboration avec le gouvernement AKP. 33 personnes, principalement des jeunes, ont perdu la vie et plus de 100 ont Ă©tĂ© blessĂ©es. Par la suite, l’Etat Islamique a menĂ© une sĂ©rie d’autres attentats Ă  la bombe et de massacres dans diffĂ©rentes villes.

Par sa coopĂ©ration avec l’Etat Islamique, l’État turc a toujours tentĂ© d’assassiner les rĂ©volutionnaires. Mais aprĂšs l’assassinat Ă  Suruç, cela est devenu plus Ă©vident.

Au lieu de les aider, les policiers ont dĂ©passĂ© les blessĂ©s et ont mĂȘme bloquĂ© le passage des ambulances. Ainsi commença la guerre sanglante en Turquie.

Agenda (Envoyez votre Ă©vĂ©nement Ă  [email protected])

Berne : Manifestation du 1er aoĂ»t

Partout dans le monde, divers mouvements descendent dans la rue pour mettre un terme Ă  des siĂšcles d’oppression continue. Le 1er aoĂ»t est la fĂȘte de la nation suisse et de son histoire. Un jour choisi arbitrairement par l’État pour crĂ©er le mythe fondateur par le biais du soi-disant serment du RĂŒtli. Une histoire qui reprĂ©sente la violence, l’exploitation et l’oppression. Joignons-nous donc Ă  la manifestation contre le mythe de la Suisse.

DĂ©mo “Contre l’administration totale dans les camps”

28.07.20 I 18:00 I Place du moulin de Lucerne

Le systĂšme d’asile suisse est caractĂ©risĂ© comme un systĂšme de contrĂŽle des Ă©trangers. Ce qui fut longtemps la rĂ©alitĂ© des demandeurs d’asile dĂ©bouté·e·s est devenu rĂ©alitĂ© pour les nouveaux arrivants avec l’ouverture des camps d’asile fĂ©dĂ©raux en mars 2019. Des heures de prĂ©sence rigoureuses sont dĂ©terminantes pour le versement de l’argent et la remise de la nourriture, la cuisine n’est autorisĂ©e qu’à certaines heures ou pas du tout, et des places de couchage fermement attribuĂ©es dans les chambres partagĂ©es rendent l’intimitĂ© impossible. L’auto-organisation ou l’hĂ©bergement privĂ© n’est pas souhaitĂ© et ceux qui le font doivent nĂ©anmoins se passer de tout soutien. Examinons-la et montrons ensemble l’exemple contre la politique d’exclusion et d’isolement. La manifestation aura lieu dans le cadre du Velotour d’Horizon 2020.

Enough. JournĂ©es d’action sur les luttes migratoires et la rĂ©sistance antiraciste

29 – 30.08.20 I Park Platz Zurich

Nous crĂ©ons un espace pour rendre visibles les initiatives antiracistes et la rĂ©sistance au systĂšme de migration. La migration et le racisme ne sont pas la mĂȘme chose : ce sont deux phĂ©nomĂšnes aux effets diffĂ©rents, mais ils se chevauchent souvent. Tous deux sont fondĂ©s sur des schĂ©mas de pensĂ©e post- et nĂ©ocoloniaux qui ont des effets rĂ©els : dans le rĂ©gime frontalier europĂ©en, ainsi que dans le racisme quotidien en Suisse ou la violence policiĂšre raciste dans le monde entier. La rĂ©sistance antiraciste et les luttes pour la migration ont de nombreux aspects. Nous voulons les montrer : laisser les diffĂ©rents sujets se cĂŽtoyer et laisser les diffĂ©rentes approches des initiatives individuelles et des rĂ©seaux parler d’elles-mĂȘmes.


Article publié le 02 AoĂ»t 2020 sur Renverse.co