Novembre 14, 2020
Par Archives Autonomie
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Solidaridad Obrera consacre un récent éditorial au problème de la discipline consciente dans l’organisation économique de la Révolution :

Chaque fois que l’occasion s’en présente, nous nous efforçons d’insister sur la nécessité de discipliner tous les organismes prolétariens qui, en ces heures historiques, ont la haute mission de construire la révolution en marche. La question concerne également les organisations des différentes Centrales syndicales. Mais c’est surtout aux organismes prolétariens encadrés dans la C.N.T qu’aujourd’hui nous voulons nous adresser.

Il est évident que, parmi diverses organisations antifascistes, on remarque une certaine indiscipline dans toute la Catalogne, dans l’accomplissement des décisions prises par la Généralité. Quelques- unes les remplissent à moitié, d’autres pas du tout – bien que, nous devons le reconnaître, ces dernières organisations soient très rares.

Il y a là quelque chose de grave parce que, en continuant sur ce chemin dangereux, nous aboutirions à un lamentable échec, qui mettrait en danger la révolution prolétarienne. Les camarades doivent tenir compte qu’ils sont dans la C.N.T., et que l’Espagne et le monde entier ont les yeux fixés sur nous, suivant attentivement le développement de l’œuvre entreprise. Un échec de notre révolution mettrait en danger la révolution ibérique et, comme conséquence, celle du prolétariat mondial. Les événements nous ont mis dans les mains une révolution qui met à l’épreuve notre capacité constructive. Nous devons démontrer que les hommes qui figurent dans les rangs de la C.N.T. savent détruire tous les organismes de la vieille société et édifier la nouvelle.

La souplesse montrée par notre Centrale, dont les organismes se sont adaptés si rapidement et efficacement à la situation nouvelle, est l’objet des plus chaleureux éloges, dans notre pays et en dehors de lui. Nous ne nous cachons pas que la transition a été très courte et qu’il est difficile de changer la structure des organismes et la pensée de leurs composants, en passant de la lutte destructive à l’œuvre constructive. Mais de cette épreuve à laquelle les ont soumis les événements, les hommes de la C.N.T. doivent sortir victorieux, et c’est le succès qui nous donnera l’autorité suffisante pour nous diriger et construire d’une façon définitive la révolution prolétarienne ibérique, si pleine d’espoirs pour tous les autres peuples. Nos camarades doivent tenir compte que la période révolutionnaire que nous vivons répond complètement à nos désirs. Auparavant, la bourgeoisie dirigeait les destinées du pays ; maintenant, ces destinées sont dans nos mains et, par conséquent, la direction et la responsabilité appartiennent aux travailleurs, et principalement à ceux encadrés dans la C.N.T.

Sur cette base, une discipline consciente s’impose, mais ferme et inébranlable. La discipline confédérale ne doit pas naître de la contrainte, mais spontanément de la conscience. C’est le devoir pour le devoir, et quand on ne le remplit pas, on se comporte en contrerévolutionnaire.

Si la C.N.T. a des représentants dans le Gouvernement de la Généralité et dans le Gouvernement révolutionnaire de défense, notre devoir est de respecter les décisions qui émanent d’eux. Si ces représentants n’agissaient pas comme leur l’ordonne notre Centrale, nous leur demanderions des comptes.

La discussion interminable qui, aux temps où il s’agissait de démolir le capitalisme, pouvait avoir une excuse, n’en a plus à présent, au moment où tous les instants sont précieux. Ceux qui discutent à perte de vue ne vivent pas la guerre dans toute son intensité dramatique. L’économie catalane ne se reconstruit pas par des discussions, des luttes intestines, ni des rivalités d’amour-propre, mais au contraire par des mesures promptes et intelligentes.

Nous insistons à nouveau auprès de nos camarades et des encadrés dans les autres organisations pour qu’ils songent à la responsabilité qu’ils encourent en agissant sans union. Les circonstances d’aujourd’hui ne sont pas celles d’il y a un an ou deux. Actuellement, toute la responsabilité de tout ce qui se passe en Catalogne nous incombe – et c’est sur nous que l’opinion publique espagnole et étrangère a les yeux fixés. Nous espérons que nos camarades méditeront sérieusement dans les questions que nous soulevons et qu’ils sauront agir, dans l’avenir, en hommes conscients et disciplinés, en prolétaires et spécialement en membres de la grande famille ouvrière, encadrée dans la Confédération Nationale du Travail.

(Solidaridad Obrera, 20-11-36.)




Source: Archivesautonomies.org