Juin 15, 2022
Par Rapports De Force
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C’est le résultat étonnant d’un sondage Ipsos réalisé pour le journal l’Humanité, publié mardi 14 juin. Intitulé « Le regard des Français sur différentes mesures proposées par la Nupes », celui-ci montre qu’un certain nombre des mesures (sur le SMIC ou les retraites) incluses dans les propositions de l’alliance des formations de gauche pour les législatives emportent un taux d’adhésion extrêmement élevé. Bien au-delà des rangs de leurs électeurs de dimanche dernier. Et sans préfigurer de ce que deviendraient ces promesses électorales en cas de victoire de la Nupes.

Certes, ce n’est pas totalement une surprise pour la retraite à 60 ans, malgré les arguments de tir de barrage de la majorité présidentielle. Mais le niveau d’approbation est haut. Cette mesure recueille l’assentiment de 77 % des sondés. Plus surprenant, même chez les électeurs des partis qui voulaient reculer l’âge légal de la retraite à 64 ou 65 ans, cette mesure reste populaire : 74 % des électeurs de Valérie Pécresse ou d’Éric Zemmour sont d’accord. Et même 49 % de ceux ayant voté Emmanuel Macron à la présidentielle, rendant fragile la « légitimité » dont le président se drapera dans quelques mois pour sa réforme. Les résultats sont équivalents pour la proposition de bloquer les prix des carburants et d’encadrer ceux des denrées alimentaires de première nécessité. Les personnes interrogées sont pour à 81 %, même chez les électeurs de Pécresse (64 %) ou de Macron (80 %).

Plus surprenant, les électeurs de Macron sont favorables au rétablissement de l’ISF comme à la renationalisation des aéroports et des autoroutes (68 %). Et même au SMIC à 1500 € (64 %) et à la suppression de la Flat tax qui limite l’imposition du capital à 30 % (60 %). Ces deux dernières mesures étant même majoritaires chez les électeurs de l’ensemble des candidats à la présidentielle, alors qu’au lieu d’augmenter le SMIC, nombre de candidats proposaient de supprimer les cotisations sociales pour augmenter le pouvoir d’achat. Enfin, sur les questions climatiques, le rehaussement des ambitions pour atteindre 65 % de baisse des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 emporte l’adhésion de 81 % de Français. Une tendance très majoritaire, même chez les électeurs de Marine Le Pen (79 %) ou d’Éric Zemmour (75 %) dont les positions les rangent plutôt dans le camp du climatoscepticisme.

C’est un peu à y perdre son latin. En tout cas, ce sont des résultats en contradiction avec le programme libéral, annoncé au lancement de sa campagne, par Emmanuel Macron en mars dernier. Des résultats qui ne lui faciliteront pas la tâche pour les cinq ans qui viennent. Et qui laissent quelques espoirs aux mouvements sociaux pour se mobiliser, quel que soit le résultat du deuxième tour des législatives dimanche prochain.




Source: Rapportsdeforce.fr