Juillet 1, 2017
Par Renversé (Suisse Romande)
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L’implication des représentants de partis dans les luttes menées par des organisations non parlementaires souffre souvent de durs revers, de manipulation grotesque et retournements ridicules. Explorons-les à travers un bref historique des trajectoires de deux personnages du feuilleton après leur participation à l’aventure de l’Arquebuse.

Christine Sayegh et Christian Brunier étaient deux des signataires de l’Alternative, ayant pris position en faveur des squatteurEs. Cette prise de position de députés de gauche en soutien de l’appel d’intersquat à occuper des bâtiments pour dénoncer la spéculation immobilère et s’approprier des espaces laissés vide en pleine crise du logement, avait vu ses signataires risquer se faire attaquer par le procureur Bertossa… la coalition large réunie autour d’intersquat l’en avait sans doute empêché. Il se trouve que, à la manière de François Longchamp, qui après avoir signé un article dans Le Temps au sujet de l’affaire de l’Arquebuse, s’est retrouvé en face des habitantEs de Malagnou lors de la première phase de négociation, suite à l’occupation de la maison aujourd’hui menacée d’expulsion.

Les histoires se répètent, les personnages changent de camps…

Christian Brunier, l’ancien président du Parti Socialiste genevois prenait position en 1999 en faveur de l’appel à occupation d’intersquat dans la lettre de l’alternative. Lui qui s’était vu menacé avec d’autres députés par le procureur Bertossa, est maintenant à la tête des SIG. Les SIG ce sont eux qui étaient à l’époque propriétaires des bâtiments occupés de la rue de l’Arquebuse. Dark SIG s’était alors aperçu qu’il possédait ce batiment et qu’il pouvait l’offrir aux réfugiéEs kosovarEs dans le but à peine caché de mettre dehors les squatteurEUSEs…



Christian as-tu la mémoire si courte, ou serait-ce l’appât du gain qui t’a poussé à devenir le C.E.O du groupe au grandes dents contre lequel tu te battais à l’époque ? Ou serait-ce la doctrine réformiste qui t’as fait te ranger dans le camp de l’ennemi, perpétuer son oeuvre tout en publiant sur ton compte twitter des pétitions Avaaz.org pour sauver les phoques et les ours blancs… La bonne conscience se conquière aisément.

En Avril 2017, la magazine Bilan.ch, décernait aux SIG le titre de meilleur employeur de l’année… Mais qu’est-ce que “La référence suisse en économie, finance, immobilier, entreprise” aurait-elle pensé de la réquisition des locaux commerciaux laissés vides aux mains des spéculateurs ? Devant l’évidence de la réponse, Christian, ce premier juillet, tu devrais pour le souvenir, et la postérité, offrir enfin le 1-3 rue de l’arquebuse aux habitantEs de Malagnou que l’état tente d’expulser.



Les pires magazines nous offrent beaucoup sur les personnages de l’alternative, c’est aussi le cas de Christine Sayegh exemplifiée dans “le magazine économique féminin”, de droite donc, “WORK”. Alors qu’elle appelait à employer des “moyens provocateurs”, tels que braver la loi -et c’est dire combien elle provoquait, étant elle-même avocate de profession- pour soutenir les squatteurEUSEs, c’est à la tête des Ports Francs [1] qu’elle a poursuivi sa carrière en se remplissant les poches. Elle a d’ailleurs été éclaboussée par une affaire de blanchiment d’argent, elle a dû en quitter la direction en 2015.

Espérons que l’alliance large recueillie par les habitantEs de Malagnou ne souffre pas à terme des mêmes confusions politiques…

Quoiqu’il en soit, rendons-nous à la manifestation pour le droit à la ville, samedi 1er juillet à 14h30, Place de la Navig’ et Défendons-nous !

Collectif Autonome D


[1] une société privée de dépôts de marchandises “en suspension temporaire (mais illimitée dans le temps..) de droits et de taxes”.




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